Pierre Moya a pris ses fonctions de recteur de l’académie de Besançon en août ; il succède à Nathalie Albert-Moretti. Lors d’une conférence de presse ce vendredi 28 août, il a fixé ses priorités qu’il qualifie d’ « esquisses » compte-tenu de sa récente prise de fonction : il compte bien enrichir sa connaissance des spécificités régionales à travers des visites d’établissements pour « rencontrer ceux qui font vivre l’académie ».
Protéger les élèves
Trois élèves par classe en moyenne auraient subi des violences sexuelles : en citant cette statistique, Pierre Moya affirme sa volonté de « protéger les élèves de toutes les violences, notamment sexuelles ». Cela passe par le questionnaire sur les violences sexuelles, en cours d’élaboration, qui devra être distribué dans les établissements d’ici aux vacances d’automne. Cela passera aussi par le fichier « interdit d’école », dont le projet de loi est en cours : « Il faut que personne de dangereux n’entre dans l’espace scolaire », résume le nouveau recteur. Cela passe aussi par la formation des personnels, afin qu’ils apprennent à mieux détecter les signes de violences, apprennent à accueillir et prendre en compte la parole des victimes, sachent trouver les bons relais.
Le harcèlement est un des autres risques contre lequel il faut protéger les enfants. « Il n’est pas acceptable qu’un enfant aille à l’école avec la peur au ventre », martèle le recteur. Les téléphones portables en sont un vecteur, d’où leur interdiction, explique-t-il : « Il faut libérer de l’emprise des écrans », qu’il classe dans la catégorie des addictions et qu’il dénonce comme nuisant à la santé mentale des élèves. Les établissements disposeront de quelques semaines pour mettre en œuvre concrètement cette mesure : le temps de consulter les conseils de la vie lycéenne, de modifier les réglements intérieurs. Des dérogations restent en effet possibles dans le cadre d’usages pédagogiques, pour badger à la cantine, pour les internats ou encore pour les adultes en formation dans des lycées.
Prévoir et anticiper
Avec la canicule, on est à la fois dans la protection et dans l’anticipation. « On ne doit pas être en mai 2027 dans la même situation qu’en mai dernier », a indiqué le recteur. Donc il veut anticiper les prochaines canicules. Pour cela, il veut engager avec les collectivités un travail pour identifier les travaux les plus urgents, pour mettre en place des « salles fraîches » pour les examens, ou encore pour sensibiliser les élèves aux évolutions du climat à travers l’éducation au développement durable.
Anticiper aussi les attaques cyber : l’Education nationale a été victime de deux attaques durant l’été, mais « l’académie a été peu touchée et nous avons peu de conséquences pour la rentrée », a rassuré le recteur. Reste qu’il veut faire adopter « une meilleure hygiène numérique » pour mieux contrer les nouvelles attaques qui ne manqueront pas de survenir.
De même, il entend anticiper le développement de l’intelligence artificielle (IA), pour mettre en place un « usage maîtrisé et raisonné », via un plan de formation.
Sujet hyper sensible pour lequel le recteur veut anticiper, afin de le dédramatiser : l’évolution de la démographie et ses conséquences sur les effectifs scolaires, donc sur les ouvertures et fermeture de classes.
L’académie compte 28 000 élèves de moins qu’il y a dix ans et on estime qu’elle en comptera encore 30 000 de moins dans dix ans. En mettant ces chiffres sur la table, Pierre Moya veut inciter à une vision pluriannuelle. Il espère une politique d’aménagement du territoire par et pour l’école, en territorialisant les décisions, en les adaptant aux bassins de vie, notamment aux bassins de vie, par exemple pour la mobilité et l’accessibilité aux écoles. Il s’agit à ses yeux de cohérence avec les autres services publics.
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