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Montbéliard : le désespoir des salariés du privé dans les secteurs du médico-social

Une manifestation s'est tenue devant le centre Jean-Messagier à Montbéliard. | ©Le Trois - E.C.
Une manifestation s'est tenue devant le centre Jean-Messagier à Montbéliard. | ©Le Trois - E.C.
Reportage

Manque de reconnaissance salariale, démissions en cascade, non renouvellement des effectifs… Les salariés de l’association hospitalière de Bourgogne Franche-Comté, structure privée d’intérêt collectif, n’en peuvent plus et sont défaitistes pour la suite.

« Le soin n’attire plus », se désolent plusieurs manifestants présents. Devant l’établissement Jean-Messagier à Montbéliard, ils sont plusieurs (infirmiers, aides-soignants, mais aussi aides médico-psychologiques) à témoigner d’un mal-être grandissant chaque jour dans les différentes structures de l’association hospitalière de Bourgogne Franche-Comté (AHBFC) ce mardi 19 mars. L’association travaille dans les secteurs de la psychiatrie, avec les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les adolescents, ou encore dispense des prestation en milieu ordinaire. 

L’appel, ce mardi après-midi, est national. Et le mot d’ordre est le même qu’ailleurs : les salaires. Claude Mougin, secrétaire et délégué syndical de la CGT à l’AHBFC dresse un triste constat. « De plus en plus de collègues ne s’en sortent plus. Se dirigent vers des assistantes sociales pour tenter de trouver des solutions. »  Alors, les professionnels font des heures supplémentaires, ce qui « n’aide pas à se sentir bien dans le cadre du travail ». « D’autres cumulent deux travails pour s’en sortir », complète-t-il encore. 

Laurence, aide-soignante en Ehpad, témoigne : « Presque tous nos salaires sont au smic. Certains sont même en dessous, et nous avons une ligne « maintien » qui nous permet de l’atteindre. Cela donne un signal très négatif. » Aujourd’hui, le syndicat CGT estime que le nombre de personnes dans la structure sous le Smic représente la moitié de l’effectif : environ 1 000 personnes. 

En conséquence, les démissions affluent. Cela crée une fuite pour le public, alors qu’on peut remarquer des différences salariales de 300 voire 400 euros, commentent les professionnels. « Ou même une fuite vers l’intérim », poursuivent-ils. Un personnel qui n’est pas renouvelé.

Démissions et manque d’attractivité

Laurence a « 28 ans de maison », comme elle aime l’appeler. Démissions en cascade, renouvellement des effectifs très fréquents mais peu stables, les conditions sont devenus bien plus rudes pour ceux qui restent. « Au début, on était moins mais les demandes étaient différentes. Et nous avions moins d’administratif. Aujourd’hui, nous passons un temps terrible avec toute cette partie.»

Claude se tient aussi à rappeler que pour tous ceux qui travaillent en Ehpad, les conditions se sont durcies.  Les patients arrivent plus tard dans les établissements, à un âge plus avancé, avec des dépendances plus fortes et des soins plus fréquents. Ce qui crée encore un travail plus difficile. Sans parler de la psychiatrie, qui accueille de plus en plus de patients et dans des situations de détresse psychologique intense. En 2021, on recense pour la structure 30% de nouveaux patients dans les services de psychiatrie de l’association, par exemple. « Tout cela, avec moins de monde, ce qui donne l’impression de travailler à la chaîne », commente Laurence. 

Une dynamique pour créer des recrutements a émergé : l’idée de prime à l’embauche. 4 000 euros pour les aides-soignantes. 5 000 pour les infirmiers, infirmières. À condition de rester deux ans dans la structure. Mais cela en suffit pas à embaucher, ni à garder le personnel. « On a eu plusieurs exemples de personnes qui ont préféré rembourser que reste », commente Claude.

Aujourd’hui, le turnover est dans tous les services, confient Christelle, infimière, et Dimitri, aide médico-psychologique en psychiatrie. « Nous sommes tous au smic après 30, 34 ans de boîte. La seule chose qui nous sauve, c’est notre ancienneté. » Tous réclament plus. Ne serait-ce que pour reconnaître la pénibilité des métiers. « Être payé à la hauteur de ce qu’on fait, tout simplement. » Pour eux, la santé « est mal menée ». Et encore plus que cela, la psychiatrie, qu’ils considèrent comme « le parent pauvre de la santé ».  

Aucun n’est dupe sur les moyens. Le privé est pris entre plusieurs eaux qui rendent difficiles de suivre les augmentations salariales du public. Et la dynamique des départs n’est pas prête de s’arrêter alors que d’ici 3 ans, ce sont 300 personnes encore qui seront amenés à partir dans le cadre de leur retraite, confiait Luc Benet, ancien directeur de la structure. 

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