Avec AFP
« Il y a une perte de confiance mutuelle entre Sébastien Georges et ses équipes. Ce dernier quitte ses fonctions au niveau du pôle ERV », a déclaré M. Mahieu, cité dans un communiqué des syndicats CGT, CFDT et SNJ.
M. Mahieu s’exprimait devant un CSE extraordinaire tenu après l’adoption le 27 mars d’une motion de défiance à l’égard de M. Georges, accusé d’user d’un « management borné et brutal ». Sur 82 % de salariés ayant voté, 92 % – soit 258 salariés – ont répondu non à la question : « Faites-vous confiance au rédacteur en chef pour diriger les journaux et assurer l’avenir ? », 21 ont répondu oui et 42 ne se sont pas prononcés.
Selon les informations du Monde, M. Georges doit se voir proposer des fonctions au niveau du groupe Ebra pour des « missions transverses ». Sollicité par l’Agence France-Presse, le groupe Ebra (Est-Bourgogne-Rhône-Alpes), propriété du Crédit mutuel, n’a pas souhaité réagir.
Politique sociale
« La nomination du (ou de la) successeur(e) à la tête de la rédaction ne suffira pas. Il faut que la direction modifie les paramètres de sa politique sociale et de ses méthodes de management si elle veut, comme elle le prétend, “le bien-être des équipes” », selon le communiqué des syndicats. M. Mahieu avait annoncé, dans une lettre aux salariés après le vote de défiance, le recrutement d’un quatrième adjoint à la rédaction en chef et fait savoir que M. Georges renonçait à sa mission de coordination des rédacteurs en chef du groupe Ebra.
Avant la démission, l’intersyndicale, qui réclamait le départ de M. Georges, précisait que « les journalistes tombent comme des mouches ». « Aujourd’hui, ce sont deux rédacteurs en chef adjoints qui s’écroulent, après de longs mois à tenter de raisonner celui qui, depuis 2018, est censé représenter les rédactions. »
Dans une lettre aux rédactions des trois journaux, Sébastien Georges actait alors ce vote en expliquant : « Je tiens à m’excuser sur la forme de ma communication qui a parfois dépassé le cadre du raisonnable. Je comprends l’émotion suscitée par cette situation et j’en suis profondément désolé et affecté. »
« La défense des intérêts de nos entreprises et de nos rédactions m’impose, comme à chacun de nous, une forte pression. J’ai commis des maladresses mais jamais dans le but de blesser ou de nuire. Je m’engage à faire évoluer cette communication et à continuer de valoriser les réussites individuelles et collectives », poursuivait-il, se disant à l’écoute des salariés « et disponible pour échanger ces prochains jours ». Un échange qui a donc mené, ce jeudi, vers sa démission.
Ebra regroupe neuf quotidiens régionaux où travaillent plus de 1 400 journalistes. Le groupe a déjà été secoué fin janvier par la démission de son président Philippe Carli, mis en cause pour avoir « aimé » sur le réseau social LinkedIn des publications de personnalités d’extrême droite.