Parfois ce sont des passants, parfois les forces de l’ordres, parfois des travailleurs sociaux ; le plus souvent ce sont les personnes en difficulté qui appellent elles-mêmes le 115, le numéro d’appel d’urgence qui leur est dédié. Dans le Territoire de Belfort, la gestion de ce numéro et du dispositif d’hébergement qu’il implique sont confiés depuis quinze ans à la fondation Armée du Salut.
Le préfet du Territoire de Belfort, Alain Charrier, marquera cet anniversaire ce vendredi 5 décembre en se rendant au centre d’appel, rue du Rhône à Belfort, où il rencontrera les écoutants, les travailleurs sociaux, les usagers.
L’équipe est plus particulièrement sollicitée en période dite de « grand froid », comme cela a été le cas du 21 au 24 novembre. Ce dispositif est activé lorsque les températures ne repassent pas au-dessus de 0 dans la journée. Dans ce cas-là, l’ensemble de l’équipe du SIAO se mobilise pour assurer 24h/24 un accueil des personnes en difficulté. Les maraudes sont intensifiées, en lien avec la Protection civile et la Croix Rouge, et la salle d’accueil de jour de l’Armée du Salut est transformée en dortoir, avec des lits d’appoint, afin d’éviter que les sans-abris ne dorment dehors, dans le froid.
En dehors des périodes de grand froid, le SIAO dispose de vingt-trois places de mise à l’abri. Cinq à dix places supplémentaires seraient nécessaires dans le département, estime Lionel Fromont, directeur de l’Armée du Salut dans le Territoire de Belfort. Ce sont moins les locaux qui manquent, que le personnel d’accompagnement pour mettre en œuvre l’accompagnement d’urgence, et donc le financement de ces postes.
Les femmes avec enfant en priorité
L’équipe du SIAO se compose actuellement de 4 personnes, dont la chef de service, Laure Barbier. Mais cette équipe s’appuie sur l’Armée du Salut, avec par exemple des volontaires pour assurer les permanences en cas de grand froid. En en tenant compte, le SIAO mobilise 5,71 personnes en équivalent temps plein.
Lorsqu’une personne appelle le 115, les écoutants recueillent son identité et recueillent un certain nombre d’informations : est-ce une personne seule ou avec un enfant ; est-elle accompagnée d’un chien, etc. La réponse sur la validation de l’accueil n’intervient jamais lors du premier appel : les informations recueillies permettent d’établir un ordre d’accueil prioritaire en fonction de la vulnérabilité des personnes : par exemple, les femmes avec enfant sont prioritaires. A l’occasion d’un second appel, un rendez-vous est fixé et la personne se rend sur le lieu d’hébergement soit par ses propres moyens (à pied, en bus), soit avec un accompagnement de la police, soit via une maraude. Un hébergement reste systématiquement disponible le week-end pour une femme victime de violences conjugales : c’est un des points figurant dans le cahier des charges du SIAO. Une commission se réunit également deux fois par mois avec l’ensemble des structures d’accompagnement (Adoma, Solidarité femmes, ADDSEA, etc.) pour analyser les demandes d’hébergements. Une dizaine de dossiers sont examinés par commission. Une des missions du SIAO est d’ailleurs de connaître en temps réel le nombre de places d’hébergement disponibles (places d’accueil d’urgence, insertion, logement adapté). Cette veille permet d’avoir une vision réelle des besoins du territoire. Tous les ans, en avril, le SIAO réalise un observatoire social qui analyse les publics par tranches d’âge, profils, vulnérabilités, etc.
L’accueil de jour, quant à lui, fonctionne du lundi au vendredi de 8 h à 19 h.
La vigilance est de mise en hiver, mais le dispositif fonctionne toute l’année. Ainsi, lors d’épisodes de canicule, l’Armée du Salut n’est pas aujourd’hui en mesure de proposer un hébergement plus frais que les températures extérieures. Cependant, les maraudes sont intensifiées avec une vigilance sur l’hydratation et sur la non consommation d’alcool, dont les effets sur la santé sont démultipliés lors de fortes chaleurs.