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Joyeux Bazar : Nicolas Pacquot demande le renvoi d’Hervée De Lafond, maîtresse de cérémonie

Gabriel Attal et Nicolas Pacquot prenant un selfie, à côté de Charles Demouge. | ©Le Trois - E.C.
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Le « Joyeux Bazar », organisé pour l’ouverture de "Capitale française de la culture", n’a pas fini de faire parler de lui. On pointe la désorganisation. Certains élus sont médusés par les propos de la maîtresse de cérémonie, tandis que le député du Doubs va jusqu’à demander son « débarquement ». D’autres s’isolent, en tempérant les propos, comme le président de l’Agglomération, exclu des excuses publiques envoyées au Premier ministre.

La cérémonie d’ouverture de “Capitale française de la culture” continue d’échauffer les esprits, ce lundi 18 mars. Sur le parking de l’Axone, le spectacle porté par Hervée De Lafond, l’une des trois commissaires artistiques de “Capitale française de la culture” a été des plus désorganisés, le samedi 16 mars. Elle avait annoncé « un joyeux foutoir », ce qui a bien été le cas: maladresses, annonces de parades qui n’arrivaient pas, moments de solitude, cafouillages où le public s’est retrouvé directement dans les allées des artistes, manque de visibilité…

Par ailleurs, Hervée De Lafond a vivement interpellé, durant tout le spectacle, le Premier ministre, Gabriel Attal. 

Ce lundi, Alexandre Gauthier, en charge de la politique culturelle de l’Agglomération, tente de tempérer sur le spectacle en lui-même: « En ce moment, je suis partagé. Faire un événement en trois mois, avec six changements par jour, avec une problématique imposée, c’était compliqué. Concernant la cérémonie, je n’ai pas envie de tirer sur l’ambulance. » 

Sur les propos d’Hervée De Lafond, il est bien plus critique. En effet, elle n’a pas hésité à tutoyer le Premier ministre, l’appelant « le gosse », et l’invectivant sur sa venue en avion, sur l’absence choquante de Rachida Dati ou bien encore sur le retrait de 200 millions d’euros de crédit pour le ministère de la Culture. Le président de l’Agglomération, Charles Demouge, a tenté d’intervenir à plusieurs reprises, dont une fois au micro, lui demandant d’arrêter et de démarrer le spectacle. Pour Alexandre Gauthier, « elle a humilié Pays de Montbéliard Agglomération; c’est inadmissible. Elle a passé une heure trente à humilier le Premier ministre en se comportant en militante de petit niveau. » 

« Quand on vit aux dépens [des subventions], on ferme sa gueule »

Très inquiet de l’image renvoyée au reste de la France suite à cette soirée dont la presse s’est faite largement l’écho, il a également très peur de la suite à donner avec l’Etat. « C’est un acteur clef, qui distribue notamment des subventions à l’Agglomération. On va devoir rendre des comptes », s’énerve-t-il. « Nous allons être plus qu’attendus au tournant, désormais. »  Il attend des excuses de la part de la maîtresse de cérémonie, qui a entièrement organisé l’événement. Notamment pour ce qu’il qualifie d’humiliation des élus et des acteurs culturels du pays de Montbéliard. 

Pour lui, la rupture est entamée avec la commissaire artistique. « On a peut-être trop fait confiance. » L’entrée en matière est « gâchée ». « On passe pour des cons », ajoute-t-il, espérant « qu’on ne [leur] fera pas payer ».  Dans l’air, plusieurs personnes chuchotent qu’Hervée Delafond aurait sabordé volontairement la cérémonie, raconte-t-il. À ce propos, l’adjoint s’emporte. « Si c’est le cas, il ne faut pas jouer la servitude volontaire et l’argument libertaire. Quand on vit aux dépens [des subventions], on ferme sa gueule. »

De son côté, Nicolas Pacquot, député Renaissance du Doubs, qui avait notamment invité le Premier ministre, se dit « très satisfait de ce déplacement où le Premier ministre était content d’être dans une fête populaire, avec les gens, les élus » malgré tout.

« Il faut qu’elle soit débarquée sans délai »

Mais voilà ce que le député retient de la prestation de la maîtresse de la cérémonie : « Impolitesse, inconvenance, grossièreté ». Pour autant, il remarque que « le Premier ministre a été d’une grande maturité. Il ne s’est retrouvé en difficulté à aucun moment. » Selon l’élu, Gabriel Attal n’a pas été choqué de la manière dont la maîtresse de cérémonie s’est comportée. Il avait pu être briefé sur le personnage. « Il suffit de taper sur internet pour voir qu’elle est régulièrement dans la provocation. »

Comme Alexandre Gauthier, il n’est pas content de la manière dont la commissaire s’est comportée. Notamment en pointant le budget de la culture.  « Elle vomit les élus alors que les structures tiennent avec de l’argent public. On ne peut pas cracher dans la soupe sans arrêt. » Le député veut rappeler que, sans la présence du Premier ministre, l’événement n’aurait peut-être pas eu la même lumière.

« Il n’y a aucune excuse à l’indignité ». Pour lui, un signal fort doit être envoyé envers les habitants du pays de Montbéliard. « Il faut qu’elle sorte dans les heures qui viennent, assume-t-il. Il faut qu’elle soit débarquée sans délai. » 

Il se questionne, aussi, sur le choix politique qui a été fait en la plaçant en tant que commissaire artistique. « Là où je suis surpris, c’est qu’on la connaît depuis trente ans », ajoute-t-il.

« On la connaît »

Interrogé sur cette question, le président de l’Agglomération, Charles Demouge, assume ce choix. « Oui, on le savait; on la connaît depuis une trentaine d’années ». « On en avait parlé avec elle avant, pour qu’elle soit cool. Mais finalement, je crois que le Premier ministre a été pris dedans. Il est resté plus longtemps, a répondu avec beaucoup d’humour, de charisme, avec maturité. Il a marqué des points. »

Pour lui, ces propos, tenus dans le contexte d’une fête populaire, les rendaient moins dérangeants. Pas question de « débarquer » Hervée De Lafond. « Mon adjoint à la culture ? Qui ? », demande-t-il lorsqu’on évoque Alexandre Gauthier. « Je l’ai convoqué demain matin. Il a eu deux discours bien différents », raconte-t-il, mécontent. Il y a de l’eau dans le gaz. Et d’un autre côté, Nicolas Pacquot, Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard, et Alexandre Gauthier ont envoyé un courrier à Gabriel Attal ce lundi 18 mars pour s’excuser des propos tenus, sans y associer le président de l’Agglomération. Son manque de sévérité envers Hervée De Lafond ne plaît pas. Lui, répond par l’indifférence : « Je ne fais plus de politique. »

« C'est mon boulot d'artiste d'être insolente »

Contactée ce lundi par téléphone, Hervée De Lafond assume : « Plein de trucs ont foiré. Je regrette que le podium n’ait pas été plus central et plus haut, pour que tout le monde voie bien. Mais en même temps, nous avions très peu de moyens et il y a énormément de choses qu’on ne pouvait pas répéter.»  Elle défend ses choix artistiques, qui n’ont pas plu. On a notamment pu entendre des commentaires parlant de « foire agricole ». « C’était un mélange très populaire et élitaire qui me plaisait. J’ai présenté une grande partie agricole. Oui, mais sur les 73 communes, beaucoup sont agricoles. J’ai fait défiler ce qui fait l’essence du pays de Montbéliard. » Et cela, dans un temps record. Sur le reste, pas de regret. Elle n’est pas là pour caresser dans le sens du poil les élus, expose-t-elle. 

« J’ai chicané Gabriel Attal; j’avais des choses à lui dire. Le reste, ça m’est égal. Les artistes, nous avons un rôle de lanceurs d’alerte. C’est mon boulot d’artiste d’être insolente avec les politiques. Le Premier ministre était surpris, il ne s’attendait pas à ça. Mais il a beaucoup d’humour et je ne considère pas avoir été insultante ou vulgaire », continue-t-elle. Elle rappelle avoir été « bien plus violente » avec Manuel Vals dans le passé, alors qu’il était Premier ministre. 

Plusieurs épisodes chaotiques

En coulisse, agents et politiques s’inquiètent réellement des répercussions de cette cérémonie ratée. Les réactions divergent, entre rejeter la faute sur la commissaire artistique ou devoir assumer le choix de l’avoir engagé et de lui avoir demandé de monter en quelques mois une cérémonie dont elle-même avait annoncée, dès l’automne, qu’elle serait faite « à l’arrache ».

En effet, Hervée De Lafond a dû prendre les rênes de cette année “Capitale française de la culture” avec Yannick Marzin et Matthieu Spiegel au dernier moment. Alors que depuis le début, ce label a du mal à se mettre en place. De l’attribution du label, qui était disputé, entre la ville de Montbéliard et l’agglomération, en 2021 (lire ici). À la démission du commissaire artistique Philippe Fourchon, devant laisser place, dans l’urgence, à ce nouveau commissariat artistique qui a dû, en moins de trois mois, départager des appels à projet clôturés très tard. À la difficulté de diffuser un calendrier des événements et de lancer la cérémonie d’ouverture en tout début d’année. Et à faire avec un budget restreint. « Car la sobriété, c’était avant tout financier, au début », exposait Alexandre Gauthier par téléphone la semaine avant la cérémonie.

Alexandre Gauthier tente quand même de rassurer sur la suite des événements ce lundi. « Il reste huit mois et demi pour rééquilibrer de la meilleure des manières. Nous avons une programmation à venir qui est sympa. Hétéroclite. Dans la ligne de ce qu’a annoncé le ministre sur l’éducation artistique et culturelle. Les événements portés à venir feront quand même rayonner le pays de Montbéliard. » 

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