« C’est un travail de longue haleine », souligne le procureur de Belfort, Paul-Edouard Lallois, qui a permis de mettre au jour « un trafic bien organisé et durable, avec une structure logistique et financière ». Un travail de recueil d’informations, de surveillances, de recoupements et de vérifications, mais aussi d’investigations sur le train de vie et le patrimoine des suspects.
L’enquête a en effet débuté durant l’été 2024, pour aboutir à l’interpellation de douze personnes, ce vendredi 9 octobre, la plupart domiciliées dans l’agglomération de Belfort, mais aussi à Héricourt et dans le pays de Montbéliard. Un dispositif de 100 policiers a été mis en place pour procéder à ces interpellations, de façon presque simultanée, vendredi matin : 70 policiers belfortains, mais aussi des renforts du RAID de Nancy et de Strasbourg, de la BRI (brigade d’intervention et d’investigation) de Strasbourg et de Nancy, des policiers de Montbéliard et du Haut-Rhin, ainsi que de l’unité d’investigation nationale (qui intervient notamment pour des investigations techniques).
9 mises en examen
Le procureur de Belfort fait état d’une organisation très hiérarchisée et très cloisonnée, afin de protéger les uns et les autres : certains géraient les stocks et l’approvisionnement, certains étaient les ravitailleurs, d’autres des vendeurs-livreurs, sans que les uns et les autres ne se connaissent. Ils organisaient des « tournées » de livraison dans la journée, avec des points de livraison en zone boisée ou près de cimetières, avec des voitures de location ou dont les propriétaires étaient des prête-noms, selon le procureur.
A l’occasion des interpellations, un peu plus de 1 kg de stupéfiants ont été saisis, majoritairement de la cocaïne. Une quantité relativement faible, mais qui s’explique par le fait que les trafiquants sont désormais précautionneux et ne stockent plus leur marchandise dans un seul et même endroit, explique le procureur.
En revanche, il a fait procéder à des saisies d’avoirs criminels pour un montant évalué à plus de 340 000 euros, dont 60 000 euros en liquide, 110 000 euros sur des comptes bancaires, quatorze véhicules dont la valeur de revente est estimée à environ 170 000 euros.
Des armes de poing ont également été saisies.
Sur les douze personnes interpellées, trois ont été remises en liberté, sans poursuites à ce stade. Six personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire et trois personnes ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire.
L’information judiciaire se poursuit et les suspects devraient être présentés au tribunal correctionnel de Belfort courant 2027.