Sentiment d’isolement. Épuisement. Difficulté à s’occuper de son enfant. Pensées négatives. Perte de plaisir. Voire dépression. Les jours qui suivent la naissance d’un enfant ne sont pas toujours des lendemains qui chantent. Selon Santé Publique France, 17 % des femmes souffrent de dépression dans les deux mois suivant la naissance d’un enfant. Et l’on estime qu’entre 50 et 70 % des femmes vivent une période de déprime post partum, souvent appelée Baby blues. Le risque de dépression est, par ailleurs, accru lorsque les mamans sont dans une situation d’isolement, familial ou social.
C’est justement pour pallier ce phénomène qu’est né le Club poussette, en 2022, à Paris, à l’initiative d’Eve Simonet et Julie Maurice. Aujourd’hui, on compte près de 150 antennes en France, mais aussi quelques-unes à l’étranger.
110 mamans au Club poussette de Belfort
Une antenne, il y en a justement une à Belfort ; les plus proches sont à Colmar (Haut-Rhin), Remiremont (Vosges) et Vesoul (retrouvez la carte ici). « C’est une association de loi 1901 qui vise à réduire l’isolement maternel post-partum », replace Sarah Moritz, l’une des cinq tatas (animatrices) de l’antenne de Belfort. Le Club poussette est un endroit où l’on peut poser ses questions et comprendre que l’on n’est pas seul. Devenir mère n’est pas évident. S’entourer est essentiel. La condition pour participer, avoir de jeunes enfants.
« L’isolement est un phénomène avéré, poursuit la tata, notamment lorsque le papa reprend le travail et que l’on n’a pas de famille à proximité. » Sarah est justement venue dans le Territoire de Belfort pour le travail. Et l’éloignement familial n’aide pas toujours pour avoir du relais. 110 mamans sont inscrites au club de Belfort. Beaucoup ont découvert le dispositif grâce à Instagram ou aux affiches installées chez les pédiatres ou dans les centres de santé.
« Je ne suis pas originaire d’ici et mes collègues n’avaient pas forcément d’enfant », confie Julia Maetz, une autre tata belfortaine. Le club est le lieu « pour communiquer sur nos soucis », complète-t-elle. On parle retour de couche, allaitement, repas des nourrissons, toilettes, libido, tensions dans le couple, sexualité… « Il y a forcément une maman qui a traversé les mêmes soucis que nous », relève Julia Maetz. Surtout, l’espace se veut bienveillant et sans jugements. Un groupe Whatsapp est ouvert, avec différents fils de discussions, thématiques.
« Se retrouver en tant que femme »
Le club apporte un soutien émotionnel et psychologique. « C’est soutenant », appuie Julia Maetz. C’est aussi un endroit « où on se retrouve en tant que femme », complète Sarah Moritz. C’est un lieu où l’on rencontre également des personnes que l’on n’aurait jamais croisé. Mais que la parentalité a fait se rapprocher.
Chaque mois, une rencontre est organisée. Dans un parc ou autre lieu public, d’avril à septembre (MamaBigMeeting), et à la salle des fêtes de Châtenois-les-Forges, d’octobre à mars, dans une version WinterClub, le dimanche matin. Et c’est sans compté sur les rencontres spontanées organisées depuis les conversations sur Whatsapp et les affinités tissées au fil des rendez-vous du Club Poussette.
Car l’idée du club est bien là : dire que l’on n’est pas « seules ». Sarah Moritz de conclure : « Il faut un village pour élever un enfant. Le club poussette est là. »
