C’est un texte qui a rompu des siècles de conflits pour passer à des relations plus fraternelles entre chrétiens et juifs notamment, mais aussi plus généralement entre l’Eglise et les religions non chrétiennes. En octobre 1965, le Pape Paul VI, dans le cadre du concile Vatican II, publiait Nostra Aetate : « Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée », expliquait le Pape dans le préambule de cette déclaration. Elle appelle à une « fraternité universelle excluant toute discrimination ». Concernant la religion juive, elle « rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham ».
Cette déclaration réaffirme l’importance de l’Ancien testament pour les chrétiens et « déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs »
« On est alors sortis des préjugés, dont celui du peuple déicide », souligne lors d’une conférence de presse Laurent Hofnung, président pour la Bourgogne-Franche-Comté du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), au côté de Mgr Denis Jachiet, évêque de Belfort-Montbéliard.
Une table ronde avec la Grand Rabbin de France
Les communautés juive et chrétienne du nord Franche-Comté organisent deux événements pour célébrer ce soixantième anniversaire. Le point d’orgue de ces événements sera sans doute la venue à Belfort d’Haïm Korsia, Grand Rabbin de France. Il participera à une soirée débat avec Mgr Denis Jachiet et Laurent Hofnung, le 6 mai à 20 h à la CCI du Territoire de Belfort. Ils reviendront sur la signification de la déclaration Nostra Aetate, sur ce qu’elle a changé, sur les relations aujourd’hui entre juifs et chrétiens et sur les défis qui demeurent.
L’événement : une exposition organisée à la cathédrale Saint-Christophe, à Belfort. Elle sera inaugurée le 29 avril à 17 h 30 et sera visible jusqu’au 22 mai, tous les jours de 8 h à 18 h.. A cette occasion, le père Alexandre Comte, docteur en théologie biblique, fera une présentation historico-théologique de Nostra Aetate.
L’exposition est intitulée « Juifs et chrétiens, une affaire de famille ». Elle revient sur l’affaire Dreyfus et « le fléau de l’antisémitisme », l’affaire des enfants Finaly, deux enfants juifs dont les parents sont morts assassinés à Auschwitz et dont l’adoption par leurs oncle et tante a été contrecarrée au motif qu’ils étaient baptisés, et bien entendu sur la déclaration Nostra Aetate elle-même.
Cette démarche est destinée à « déconstruire ce qui reste d’antisémitisme », souligne Mgr Denis Jachiet, qui regrette que peu de chrétiens connaissent les textes de la tradition juive, comme le Talmud. De même que Laurent Hofnung souligne que peu de juifs connaissent les Evangiles.
Une cérémonie à la mémoire des victimes et héros de la déportation
La communauté Israélite de Belfort nord Franche-Comté, le Crif et l’association Judaïques cultures organisent ce vendredi 24 avril, à 17 h 30, à la synagogue de Belfort, la cérémonie annuelle en mémoire des victimes et héros de la déportation 1944-1945.
Le thème pour cet événement annuel est la plupart du temps en lien avec celui choisi par l’Education nationale pour le concours de la Résistance et de la Déportation. Cette année, ce thème est « La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger 1944-1948 ».
La cérémonie belfortaine aura ainsi pour thème « Au lendemain de la Shoah » et s’intéressera à la période douloureuse de sortie de la guerre et de reconstruction morale, mentale pour les familles.