La question a été posée par Samia Jaber, conseillère départementale d’opposition, lors du débat sur le budget supplémentaire, ce jeudi 25 juin 2026 : le conseil départemental du Territoire de Belfort a-t-il effectué un état des lieux de ses bâtiments, et notamment des collèges, pour faire face au changement climatique ? « Prévoyez-vous programme d’ambition pour réduire effet de chaleur », a-t-elle interrogé.
Le président, Florian Bouquet, a d’abord expliqué que les horaires de travail des agents du département ont été aménagés de façon à commencer le travail plus tôt et à finir également plus tôt, pour éviter la période la plus chaude de la journée. Puis il a fini par indiquer qu’un diagnostic sur la réhabilitation des collèges a été fait ; « Si on commence à pousser le curseur jusqu’à la norme RT2020 [ la norme de 2020 pour les bâtiments, visant à une plus grande sobriété énergétique et à un plus grand confort en cas de forte chaleur- NDLR] , le coût serait de 25 millions d’euros. Nous quittons de plus en plus des bâtiments désuets, pour des bâtiments moins énergivores et plus adaptés. Pour les collèges, c’est un très gros effort à mener. Cela passera par un plan pluriannuel, un peu comme pour le contrat collèges. On a ça l’esprit, mais cela ne se fait pas d’un claquement de doigts », a-t-il justifié.
Une réponse que Samia Jaber a trouvée un peu courte, puisqu’elle est revenue à la charge : « Vous avez lancé une réflexion, OK, mais quelles sont les actions d’urgence » ?
Anaïs Monnier Von Aesch, vice-présidente en charge de l’éducation, des collèges, de l’enseignement supérieur, de la culture et des archives, a complété l’intervention du présidant en expliquant qu’un « plan de végétalisation des cours » a été lancé, qui représente « un coût plus faible et réalisable dans de meilleurs délais ».
De plus en plus de dépenses pour le RSA
Auparavant, Florian Bouquet a présenté le compte financier unique (CFU, qui succède au compte administratif et donne un état des lieux des comptes de l’année écoulée, donc de 2025) et le budget supplémentaire.
Le Département a investi 20,3 millions d’euros en 2025, soit 77% de ce qui était prévu. Ces investissements portent essentiellement sur le gymnase de Giromagny (presque 2 millions d’euros), l’entretien des collèges (1,9 million), l’entretien des routes départementales (2,4 millions), la participation pour lancer le démarrage des travaux du passage de la RN 19 en 2×2 voies entre Sevenans et Héricourt (1,2 million), la subvention d’équipement pour la rénovation de l’Ehpad de Valdoie « Les Rubans » (1,2 million) ou encore l’aide aux communes et intercommunalités (1,34 million).
La dette est de 87,2 millions de francs, soit 61 euros par habitant. Le président s’est félicité d’un « haut niveau d’investissement » et d’un « niveau de dette maîtrisé ».
Les dépenses pour le RSA ont augmenté de 1,5 million d’euros (+5,43%, à la fois en raison de l’augmentation du nombre de bénéficiaires et de son montant), l’aide pour les personnes âgées de 870 000 euros (+4,49%) et la protection de l’enfance de 500 000 euros (+3,17%). Les dépenses sociales du Département représentent 61 % du total (presque 98 millions d’euros), et la masse salariale 24 % (presque 39 millions d’euros).
Côté recettes, il s’est inquiété de celles liées à la TVA, de seulement à 0,3% pour la collectivité et a dénoncé un « effet ciseau » avec les dépenses sociales.
Pour le budget supplémentaire, il a proposé d’ajouter 1,65 millions du RSA « dont 302 000 euros liée à la revalorisation non compensée par l’Etat » ou encore 235 000 euros pour le Smiba (syndicat mixte d’aménagement du Ballon d’Alsace).
Les prévisions d’investissements s’élèvent quant à elles à 25,6 millions d’euros (collèges, éco-campus, etc.)
Des projets qui dérapent
utre l’intervention de Samia Jaber sur la canicule, Bastien Faudot, s’est étonné que certains projets dérapent financièrement. Premier projet cité : celui de la rue Bichat à Belfort, avec la réunion des centre techniques routiers de Belfort et de Saint-Germain-le-Châtelet, ainsi que de l’imprimerie du Département, dans des locaux rachetés au Groupe Nedey.
« Comment passe-t-on de 6 à 11 millions », s’est-il interrogé. C’est une autre conseillère d’opposition, Isabelle Mougin, qui a apporté une réponse : les travaux ont été sous-estimés, car il a fallu revoir des aménagements prévus dans le projet initial que le bâtiment ne pouvait en fait supporter (les fondations pour supporter une mezzanine, la remise à nu de la façade, les enrobés pour supporter des camions, etc.). « C’est grave d’avoir telle différence entre projet initial, a-t-elle dénoncé. Et on n’est pas à l’abri encore de mauvaises surprises. Cela a été fait de de manière aventureuse. »
Florian Bouquet s’est défendu en évoquant la hausse des matières premières, parfois de 20 à 30%, et en prédisant le même phénomène sur le gymnase de Châtenois-les-Forges ou de la Maison de l’enfance à caractère social. « On ne fait que s’adapter ; les collectivités font preuve d’une agilité incroyable et continue à faire des budgets à l’équilibre », a-t-il argumenté, tout en lançant à l’opposition « Il faut être audacieux ! »
Autre sujet d’interrogation : le projet de construction d’une nouvelle maison de l’environnement au Malsaucy.
« On a voté 8 millions pour la Maison environnement. Initialement, on avait envisagé une réhabilitation de 3 millions maxi, on est monté à 8 pour une nouvelle. Maintenant, on parle de 4 millions. Quels sont les bons chiffres ? Cela laisse des perspectives de marges de manœuvre pour aménagements des proportionnés aux contraintes qui s’imposent à tous face au climat. »
Florian Bouquet a expliqué qu’une piscine naturelle initialement envisagée renchérissait le projet, mais qu’elle a été abandonnée. « Je reste convaincu de la nécessité d’adapter le site du Malsaucy et de le valoriser : c’est le symbole de notre département. Il réunit l’eau, la forêt, les espaces naturels, les pistes cyclables, la culture ».
Le budget supplémentaire a été adopté à l’unanimité, moins les suffrages des six élus de l’opposition.

