Essert : « On peut ne pas être d’accord, mais on ne prend pas la ville en otage »

Boris Schottey, adjoint au maire, et Frédéric Vadot, maire d'Essert, à la veille d'un conseil municipal décisif.
Boris Schottey, adjoint au maire, et Frédéric Vadot, maire d'Essert, à la veille d'un conseil municipal décisif.

Sur demande expresse du préfet du Territoire de Belfort, le conseil municipal d’Essert est réunis ce vendredi 23 avril à 12 h. Frédéric Vadot, le maire, refuse de démissionner, alors que trois quart de sa majorité l’y pousse. L’absence d’un vote du budget ce vendredi fait risquer à la commune une mise sous tutelle.

Sur demande expresse du préfet du Territoire de Belfort, le conseil municipal d’Essert est réuni ce vendredi 23 avril à 12 h. Frédéric Vadot, le maire, refuse de démissionner, alors que trois quart de sa majorité l’y pousse. L’absence d’un vote du budget ce vendredi fait risquer à la commune une mise sous tutelle.

Depuis le plusieurs semaines, le conseil municipal d’Essert est traversé par une crise majeure. 15 des 19 membres de la majorité font scission et demandent instamment la démission du maire, Frédéric Vadot. Une conciliation a échoué. Les opposants n’ont pas voté le budget de la commune, la plaçant dans une situation particulièrement délicate. Dans un courrier en date du 16 avril, le préfet du Territoire de Belfort, a instamment demandé de convoquer au plus vite un conseil municipal, pour faire adopter un budget. Et de préciser le risque : « Si le budget 2021 n’est pas adopté à cette occasion (…) je serai dans l’obligation de saisir la chambre régionale des comptes en vue d’un règlement d’office du budget de votre commune. » En clair, une mise sous tutelle. Si les dysfonctionnements « devenaient récurrents et irrévocables l’article L.2121-6 du CGCT (code général des collectivités territoriales, NDLR) prévoit la possibilité de la dissolution de votre conseil municipal après avoir procédé en cas d’urgence à sa suspension par voie d’arrêté préfectoral », écrit le préfet.

Frédéric Vadot, dans sa réponse à la situation, veut évoquer les conditions d’arrivée de la nouvelle majorité : le déséquilibre financier de la commune ; la nécessité de créer deux classes ; le lotissement des Grelots arrêté. Il dénonce ensuite des tactiques politiques « de gens aguerris », qui veulent prendre le pouvoir. Il évoque « un groupe dans le groupe », issu de l’ancienne minorité au conseil municipal. Il critique aussi la réunion du 1er avril et le fait d’avoir été mis « face à un chantage ». Sa lettre de démission était pré-rédigée.

« Disproportionné »

Le maire reconnaît « que l’on peut toujours faire plus et mieux ». Le contexte sanitaire, selon lui, n’a pas aidé à construire un esprit de groupe, un travail d’équipe. Mais le bilan est « bon » estime-t-il. « On a fait des prouesses », lance-t-il, rappelant également l’organisation d’une consultation sur l’augmentation des impôts.

Les opposants lui reprochent l’absence d’un directeur des services (en cours de recrutement), parti en septembre, et dénoncent « une gestion irresponsable ». Ils critiquent aussi l’absence « de transparence » et de « concertation avec les élus ». « Le maire prend des décisions arbitraires et nous avons été trop de fois mis devant le fait accompli », écrivent-ils dans un tract. Ils refusent une démission collective pour éviter de nouvelles élections.

« C’est complètement disproportionné », estime Boris Schottey, adjoint au maire et toujours fidèle à Frédéric Vadot. « Je ne comprends pas la méthode, très violente, comparée aux griefs », poursuit-il. « Je trouve cela inacceptable que les Essertois paient des divisions internes, poursuit-il. On peut ne pas être d’accord, mais on ne prend pas la ville en otage. »

« J’en appelle à la responsabilité de chacun des membres du conseil municipal pour favoriser un climat propice à la bonne administration de la commune d’Essert », écrit de son côté le préfet du Territoire de Belfort.

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