Entre fin juin 2024 et mi-juillet 2025, le Département du Doubs a mené une enquête sur le métier d’aide à domicile. Les 1 420 aides à domicile des 12 structures du département ont été analysées par le cabinet ASDO Études. Voici ce qu’il en est ressorti : 98 % des répondants déclarent aimer leur métier. Plusieurs raisons sont évoquées, comme le fait de se sentir utile, le relationnel ou encore l’autonomie dans le travail (lire notre article).
Pourtant, des problématiques ont été relevées rendant la pratique du métier difficile. « L’étude met en lumière la pénibilité multifactorielle du travail : manque de matériel pour effectuer les tâches ménagères, diverses contraintes matérielles, logements non adaptés ou insalubres, port de charges lourdes, temps de déplacements conséquents, etc. »
Des difficultés au travail
La première difficulté mise en avant par le rapport d’étude : ce métier est éprouvant physiquement (24 % des répondants). Par manque de moyens matériels, les aides à domicile se retrouvent à porter des charges lourdes tout au long de leur journée. Autre problématique : les ambiguïtés dans leur rôle. Certaines se retrouvent à faire des missions d’aides-soignantes ou de femmes de ménage. À cela s’ajoutent des difficultés à concilier la vie personnelle et la vie professionnelle (30 % des répondants).
Autres difficultés : la rémunération. À la question : s’il y avait des améliorations à apporter en priorité à ce métier se serait ? La première réponse est le salaire (78 %). D’autant plus, que les aides-soignantes dénoncent un manque de perspective d’évolution de carrière au sein de leur structure.
Onze préconisations
Toutes ces problématiques engendrent des freins au recrutement. Et quand il y a des recrutements, la personne ne reste pas. Pour éviter cela, le Département du Doubs a déterminé onze actions à mettre en place. Tout en travail est prévu concernant l’encadrement des aides à domicile. Avec notamment la formation des responsables pour permettre une meilleure gestion des conflits et du stress et un encadrement des nouvelles recrues.
Au niveau financier, le Département propose de mieux prendre en charge les déplacements. Cela passe par la prise en charge des frais kilométriques, une prime annuelle d’entretien du véhicule et le développement d’une flotte de véhicules de service. De plus, le rapport préconise la réduction du temps partiel. « Ces temps permettent souvent de mieux gérer les aléas (remplacements par exemple, NDLR), mais en contrepartie, il y a une faible rémunération pour les professionnels », soulève Denis Leproux.
Pour faciliter le travail des aides à domicile, des actions sont prévues. Notamment en évitant les logements mal adaptés ou insalubres. Il est également préconisé de développer des formations sur les troubles cognitifs. Permettant aux aides à domicile d’accompagner au mieux leur public.
« Cette étude est d’autant plus essentielle qu’elle intervient dans un contexte de forte tension en ressources humaines, avec de nombreux départs en retraite, de faibles recrutements », souligne Denis Leroux, vice-président en charge de l’autonomie des personnes âgées. Des difficultés, alors même que les besoins en aides à domicile augmentent.
