Florian Chauche, ancien député LFI et conseiller municipal d’opposition à Belfort, s’en est un peu agacé, ce jeudi 18 juin. Lorsque sa liste propose une motion à l’assemblée, le maire, Damien Meslot, propose également la sienne, sur le même thème. La question du Moyen Orient a donc fait l’objet de deux motions ce jeudi 18 juin.
Damien Meslot a d’abord présenté la sienne. Elle a été adoptée presque à l’unanimité, mais sans la voix de M. Soustelle (RN) qui n’avait pas vu qu’elle condamnait aussi les attentats du 7-octobre.
Cette motion « demande au gouvernement Français :
- D’exprimer sa profonde préoccupation face au sort des populations civiles Palestiniennes et Libanaises, et appelle à un cessez-le-feu immédiat et durable permettant l’accès massif à l’aide humanitaire.
- De réaffirmer que le respect du Droit International et des Conventions de Genève est la seule boussole acceptable : aucune population civile ne doit subir de punition collective.
- De condamner le recours à la violence terroriste sous toutes ses formes, qui ne fait que retarder l’espoir d’une solution politique et met en danger les civils de part et d’autre du conflit.
- De soutenir le droit des peuples à vivre en sécurité dans des États souverains et reconnus, seule garantie d’une paix juste dans la région.
- De manifester sa solidarité particulière envers les habitants de sa ville jumelle d’Hébron, ainsi qu’envers tous les Belfortains meurtris par ce conflit.
En votant cette motion, la Ville de Belfort entend porter une voix d’équilibre et d’humanité, fidèle à son histoire et à sa mission républicaine. »
Après le vote (favorable, donc), Damien Meslot, ancien député LR, s’est félicité que cette motion se place dans la lignée d’une solution à deux états. « Nous sommes très loin des positions de Rima Hassan », a-t-il ironisé.
La motion de Florian Chauche adoptée également
Florian Chauche a ensuite proposé sa propre motion : « Alors que, depuis bientôt trois ans, Gaza connaît la guerre ; une guerre que le peuple Palestinien n’a pas voulue et qui a fait déjà plus de 71 000 morts et près de 171 000 blessés ;
Alors que plus de deux millions de Gazaouis ont dû quitter leur domicile en urgence, laissant derrière eux leur village, leur quartier, leur travail, leur mosquée et leur cimetière pour se réfugier dans des centres de fortune ;
Alors que des milliers de bâtiments, maisons et habitations ont été détruits ;
Alors que Gaza connaissait déjà une crise économique, financière, sociale et politique ;
Alors que nous sommes face à une catastrophe humanitaire ;
Considérant que la France, amie de la Palestine, doit tenir son rôle en faveur de la paix et de la stabilité dans la région ;
Le conseil municipal de la Ville de Belfort demande au Gouvernement français :
- de poursuivre ses efforts diplomatiques en faveur de la paix au Proche-Orient et notamment en Palestine ;
- d’appeler au respect du cessez-le-feu ;
- de renforcer l’aide humanitaire en faveur des familles Palestiniennes victimes de la guerre ;
- d’œuvrer en faveur d’une restitution des terres occupées à Gaza et en Cisjordanie aux populations, avec toutes les garanties nécessaires à une réinstallation sûre et pérenne.
Le conseil municipal affirme également sa solidarité envers toutes les victimes civiles, dans un conflit qui ne cesse de s’aggraver et qui menace la stabilité de toute une région.
Cette motion est un message clair : la Ville de Belfort se tient aux côtés des populations civiles, pour la paix, le respect du droit et la dignité humaine. »
« On va la voter même si vous ne condamnez pas fortement terrorisme ; c’est sans doute oubli involontaire », a ironisé Damien Meslot.
Cette seconde motion sur ce thème a été adoptée, mais sans les deux voix du RN.
Une autre motion demandant la retransmission des conseil municipaux en vidéo a été écartée, au motif de coûts trop importants.
