Avec l’AFP
« Avant de trouver une identité pour Belfort (le slogan du Rassemblement national pour les municipales à Belfort, NDLR), il faudrait déjà trouver une identité pour leur tête de liste ! » Le ton est un brin moqueur de la part de cette personnalité politique de Belfort. Mais c’est que le Rassemblement national, dont la liste était prête à être déposée pour Belfort, affronte une situation singulière.
Le Rassemblement national est en train de débrancher sa tête de liste aux élections municipales, Quentin Macullo. Le Rassemblement national a confirmé à l’AFP avoir désinvesti le candidat. Une information d’abord diffusée par France 3 Franche-Comté et Ici Belfort-Montbéliard.
Les conséquences d’un tweet raciste rappelé par nos confrères de Mediapart. En décembre 2024, le média d’information avait épinglé l’assistant parlementaire du député Guillaume Bigot pour un tweet qu’il avait publié en 2022, s’étonnant de « la consonance étrangère » des prénoms donnés aux nouveau-nés. Des propos jugés racistes. Il avait sorti le chiffre de 72 % calculé sur l’état-civil de Belfort. Le tweet a été, depuis, supprimé (vous pouvez le retrouver ici). Mediapart pointait dans leur article « son obsession pour la théorie raciste du grand remplacement ».
Le Rassemblement national a déjà sanctionné à Carpentras
Samedi soir, alors qu’il devait lancer sa campagne à l’occasion d’un meeting à Belfort d’un cadre du Rassemblement Jean-Philippe Tanguy, Quentin Macullo n’est même pas monté sur scène rapporte-t-on au Trois. Le parti n’a pas non plus diffusé de photos de la soirée, sur ses réseaux.
La veille, un bureau national a décidé de le couper : il ne sera pas tête de liste, ni sur la liste. Le parti a récemment désinvesti la tête de liste RN de Carpentras (Vaucluse), Christian Richaud Simoni, pour des propos racistes et sexistes. Le parti a dû aussi sévir à Condat-sur-Vienne, contre un candidat attribuant le massacre d’Oradour-sur-Glane (en 1944) à des « Ukrainiens nazifiés », rappelle l’AFP. La décision vis-à-vis de Quentin Macullo s’inscrit dans cette dynamique.
Qui pour remplacer Quentin Macullo au Rassemblement national ?
Sollicité, Julien Odoul, chef de file du RN au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté et porte-parole du parti, a simplement déclaré, par téléphone, en bottant en touche : « Je suis d’autres sujets. Je ne m’occupe pas des municipales du Territoire de Belfort. » Le parti planche actuellement sur un remplaçant pour mener la liste, dans le cadre des élections municipales.
Ce lundi soir, ni Guillaume Bigot, député RN du Territoire de Belfort, ni Christophe Soustelle, conseiller régional RN, ni Quentin Macullo, par ailleurs n°2 du parti dans le Territoire de Belfort, n’ont répondu à nos sollicitations. Les deux premiers nommés sont des figures potentielles pour reprendre le flambeau. Le Rassemblement national peut déposer sa liste jusqu’au 26 février.
"Les brebis galeuses"
Échaudé par les « brebis galeuses » qui lui avaient couté cher aux législatives de 2024, le RN se veut depuis irréprochable dans le choix de ses candidats. Pointant une minorité de « personnalités qui tentent de se greffer », M. Bardella a encore martelé samedi que « (sa) main n’a jamais tremblé et ne tremblera pas » pour exclure ceux qui ont « une attitude, des propos ou des positions politiques contraires à la ligne du parti.
