Le conseil municipal de la Ville de Belfort a approuvé une hausse de la tarification des prestations enfance, sport et jeunesse. Une nouvelle tarification qui doit entrer en vigueur dès septembre 2026. « L’objectif est de se mettre en conformité avec les quotients familiaux définis par la Caf, maintenir une tarification progressive et corrélé aux revenus mais plus lisible et cohérente aux familles », explique en préambule Marie-Hélène Ivol, adjointe à la famille, éducation et égalité sociale. Un débat qui fait écho à une enquête du Trois (lire notre article). Une note interne de septembre 2025 évoquait un projet d’augmentation des prix de la cantine, du périscolaire et du centre de loisirs pour la rentrée 2026. La hausse n’est pas du tout dans la même proportion.
Des hausses qui font débat
Face aux taux proposés, les réactions dans les rangs du conseil municipal ne se sont pas fait attendre. La première à prendre la parole est Priscilla Scalet, élue sur la liste du Rassemblement National, menée par Christophe Soustelle. Elle le convient, ces hausses interviennent dans un contexte d’inflation. Néanmoins, elle dénonce des écarts significatifs entre les quotients familiaux. « À titre d’exemple, sur les accueils de loisirs, une journée pour les familles belfortaines passe de 3 à 6,50 euros. » Priscilla Scarlet revient aussi sur les prestations périscolaires qui sont désormais plafonnées à trois euros, alors qu’auparavant, un tarif inférieur était appliqué.
« Dans une ville où 29 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, il fallait oser proposer à certaines familles des hausses pouvant dépasser 500 % », continue Lucas Vanitou, élu sur la liste divers gauche de Florian Chauche. « Quand il faut choisir entre l’enfant et l’événementiel, vous faites gagner le maillot jaune », regrette l’élu en faisant référence au coût dépensé pour l’arrivée du Tour de France. « 164 000 euros de recettes supplémentaires (avec les nouvelles tarifications, NDLR), quand les seuls droits d’entrée au Tour de France s’élèvent à 168 000 euros. » Florian Chauche poursuit et dénonce d’ailleurs les conséquences sur le pouvoir d’achat des Belfortains. « Force est de constater que ces augmentations ne figuraient pas dans votre programme », complète-t-il. Il ajoute que malgré la décision du maire de ne pas augmenter les impôts ces six prochaines années, cette nouvelle tarification est un « impôt déguisé ».
« Monsieur Vivot (adjoint aux finances) nous a expliqué que ce n’était pas cette augmentation des tarifs qui allait financer le budget. Pourquoi augmenter ses tarifs ? » questionne Marie-Eve Belorgey, élue sur la liste divers gauche de Bastien Faudot.
Des prix inchangés depuis 10 ans
La majorité répond face à ces questions. Damien Meslot, maire de Belfort le rappelle, depuis dix ans, ces tarifications n’ont connu aucune hausse. « Alors que sur cette même période, l’inflation alimentaire a été de plus de 30 %. »
La maire rassure : le prix des repas pour les familles les plus modestes reste inchangé. Le prix le plus bas de la cantine demeure à 0,86 euro ; la note dévoilée par Le Trois présentait des coûts planchers bien plus élevés, à 4 euros. Une augmentation entre 6 et 7 % est appliqué à l’ensemble des tarifs. « Alors que le repas nous revient à 9,16 euros », assure le maire. Il le précise également : augmenter ces tarifs est gage de qualité pour les repas proposés aux jeunes : 60 % des repas sont bio et en circuit court.
Marie-Hélène Ivol le souligne, les modes de calcul de quotients familiaux de la Caf ont récemment été modifiés. « Des familles, qui étaient en quotient familial 2, vont redescendre en quotient familial 1. »
