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Pollens de graminées : comment se protéger ?

Les graminées regroupent plus de 10 000 espèces différentes. Et selon le centre allergique suisse, 70 % des allergiques aux pollens seraient sensibles aux pollens de graminées (©Atmo BFC).
Les graminées regroupent plus de 10 000 espèces différentes. Et selon le centre allergique suisse, 70 % des allergiques aux pollens seraient sensibles aux pollens de graminées (©Atmo BFC).

Les graminées sont en pleine pollinisation. Pour les allergiques, cette période est synonyme de rhinite, conjonctivite, toux, asthme… des symptômes qui peuvent très vite s’avérer invalidants.

Article rédigé par Atmo BFC, association en charge de la qualité de l’air – PARTENARIAT

Le temps teinté de soleil et d’averses de ces derniers jours a favorisé la pollinisation des graminées et la dissémination de leurs grains de pollen dans l’atmosphère. Alors que l’indice pollen a déjà franchi à plusieurs reprises le niveau « élevé » en Bourgogne-Franche-Comté, à l’instar de nombreuses autres régions de France, les allergiques en font déjà les frais : rhinite, conjonctivite, toux, asthme… des symptômes qui peuvent très vite s’avérer invalidants ! Alors comment se protéger ?

Qui est touché par l’allergie aux pollens ?

La prévalence de l’allergie aux pollens varie en fonction de l’âge : elle est plus élevée chez l’adulte jeune que chez les enfants et les personnes âgées.
Les estimations les plus pertinentes de la prévalence de l’allergie aux pollens issues d’enquêtes épidémiologiques menées en France, de 1994 à 2006, sont au plus :

  • de 7 à 20% chez les enfants ;
  • de l’ordre de 30% chez l’adulte.

La prévalence de la pollinose varie également d’une région à l’autre. Cette variation inter-régionale est observée dans toutes les études, et elle est liée à la différence de végétation entre les régions, mais également aux intensités des saisons polliniques.

La prédisposition génétique au développement d’une allergie est un facteur de risque important dans le développement des pollinoses. Cependant, la pathologie allergique peut survenir indépendamment de cette prédisposition et peut concerner n’importe quel individu, pour peu qu’il ait subi une exposition suffisamment intense et prolongée.

L’allergie aux pollens de graminées

Ces derniers jours, la présence des pollens de graminées a été confirmée en région comme sur le reste du pays, momentanément atténuée par les épisodes pluvieux. Ces pollens seront présents tout au long de l’été, en fortes quantités lors des belles journées ensoleillées.

Les pollens de graminées comptent parmi les allergènes polliniques les plus fréquemment impliqués dans les allergies respiratoires saisonnières. Selon le Centre d’Allergie Suisse, 70% des allergiques aux pollens réagiraient aux pollens de graminées.

L’allergie est un dérèglement du système immunitaire qui correspond à une perte de la tolérance vis-à-vis de substances a priori inoffensives : les allergènes. En présence de ces allergènes, le système immunitaire d’une personne allergique réagit en libérant de l’histamine, une molécule impliquée dans la réaction allergique, à l’origine d’une inflammation des muqueuses. Les pollens provoquent par inhalation, en pénétrant dans les voies respiratoires des individus allergiques, des affections le plus souvent bénignes, parfois sévères, toujours gênantes voire invalidantes :

  • Rhinite avec irritation et picotement du nez
  • Crises d’éternuements
  • Ecoulement souvent abondant et obstruction nasale
  • Conjonctivite
  • Toux, respiration sifflante, voire asthme
  • Fatigue, maux de tête
  • Manifestations cutanées

L’expression « rhume des foins » désigne la rhinite allergique aux graminées.

Des plantes omniprésentes

La famille des graminées (poaceae) regroupe près de 10 000 espèces différentes. Ce sont des plantes généralement caractérisées par une tige légère et très résistante renflée de nœuds réguliers, d’où poussent de longues et fines feuilles lancéolées, formant une gaine autour de la tige. Leurs petites fleurs, rassemblées en épis, se transforment en fruits secs appelés « caryopses » (par exemple les grains du blé). Parmi les plus répandues, on distingue :

  • Les graminées fourragères, poussant dans les prairies, jardins, pelouses, au bord des routes : fléole des prés (Phleum pratense) ; dactyle aggloméré (Dactylis glomerata) ; flouve odorante (Anthoxanthum odoratum) ; ivraie vivace (Lolium perenne) ; pâturin des prés (Poa pratensis) ; fétuque des prés (Festuca pratensis) ; chiendent (Elymus repens) ; agrostide (Agrostis capillaris); houlque laineuse (Holcus lanatus) …
  • Les graminées céréalières, cultivées dans les champs pour l’alimentation : avoine (Avena sativa) ; maïs (Zea mays) ; sigle (Secale cereale) ; blé (Triticum aestivum) ; orge (Hordeum vulgare) …
  • Certaines graminées ornementales peuvent également produire des pollens allergisants, bien que leur contribution soit généralement plus limitée : herbe de la pampa (Cortaderia selloana) ; fétuque (Festuca amethystina, F. glauca, F. mairei…) ; baldingère (Phalaris arundinacea) ; fromental élevé (Arrhenatherum elatius) …


Dans la famille des graminées, le seigle possède un fort potentiel allergisant !

Les saisons polliniques tendent à débuter plus précocement et à durer plus longtemps sous l’effet du changement climatique. La pollinisation des graminées commence en avril et se termine en septembre, la principale floraison se situant entre mai et juillet, avec un pic généralement dans le courant du mois de juin.
Le changement climatique peut accentuer les allergies. Le changement climatique influence également les saisons polliniques. Des températures plus élevées et des hivers plus doux peuvent favoriser :

  • un démarrage plus précoce des émissions de pollen
  • des saisons polliniques plus longues
  • une augmentation de la quantité de pollen produite
  • parfois une hausse du potentiel allergisant des pollens

Ces évolutions peuvent contribuer à accentuer l’exposition des personnes allergiques et l’intensité des symptômes.

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Les bons gestes

En anticipation d’un pic pollinique, la prise d’un traitement prescrit par un médecin ou un allergologue peut limiter les symptômes des personnes allergiques.
Lorsque le pic survient, de nombreuses mesures d’éviction peuvent être prises au quotidien pour limiter les effets de l’allergie aux pollens :

  • J’aère mon logement tôt le matin ou en soirée, je ferme les fenêtres le reste de la journée
  • J’évite les promenades dans les champs ou les herbes hautes par temps sec et ensoleillé, surtout en milieu ou fin de journée
  • Je porte des lunettes de soleil afin de protéger mes yeux du contact des pollens
  • Je privilégie les mouchoirs à usage unique
  • En voiture, je roule vitres fermées, notamment en campagne ; Je change de vêtements en rentrant chez moi
  • J’évite de mettre à sécher le linge dehors ;
    Je ne tonds pas le gazon moi-même, je ne reste pas à proximité durant la tonte
  • Je rince mes cheveux avant de me coucher afin d’éviter le transfert des pollens accumulés en journée sur l’oreiller
  • Je lave mon nez matin et soir avec un sérum physiologique ou un spray d’eau de mer pour éliminer au fur et à mesure les pollens qui s’accumulent dans les muqueuses nasales.

En cas de symptômes allergiques, il convient de consulter un médecin ou un allergologue.
Enfin, dans certains cas, les allergologues conseillent la désensibilisation ou l’immunothérapie, qui permettent en quelques années de se débarrasser de son allergie.

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