45 % de la surface du Territoire de Belfort est couverte par des forêts. Des forêts qui ont souffert de la canicule et de la sécheresse intenses en cette année 2026. Même si les conséquences de la canicule 2026 ne seront mesurables qu’au printemps 2027, la chaleur fragilise les arbres et les expose d’avantage aux maladies, tel que le scolyte. Et certaines essences présentes dans la région risquent de ne plus être adaptées au climat dans dix, vingt ou trente ans. Le hêtre, l’épicéa et le sapin sont les plus vulnérables à la sécheresse. Outre l’aspect environnemental, la forêt joue un rôle économique et est une source de revenus pour de nombreuses communes.
29 communes participantes
Depuis 2017, le conseil départemental du Territoire de Belfort, l’ONF (Office national des forêts, dans le cadre d’un projet national baptisé RENEssences ) et l’association des communes forestières ont lancé une expérimentation baptisée « Parcelles d’avenir ». Elle consiste à planter de nouvelles essences d’arbres, afin de déterminer lesquelles pourraient être les plus adaptées à la forêt de demain. Deux appels à manifestation d’intérêt successifs ont été lancés par le conseil départemental, l’un en 2017, l’autre en 2022.
29 communes au total prennent ainsi part à ce test en conditions réelles et 17 169 arbres ont été plantés dans ces « Parcelles d’avenir ». 1600 arbres restent à planter d’ici fin 2027 et l’on atteindra ainsi un total de 19 000 arbres permettant de tester des essences nouvelles dans la région. « Les plantations expérimentales doivent nous donner, dans les 10 à 20 ans, des indications sur l’adaptation des différentes essences au contexte local et leur capacité à se développer », résume Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort.
A l’occasion du premier appel à manifestations d’intérêt 21 ilots ont été créés dans 21 communes du Territoire de Belfort, avec des essences comme le chêne sessile, le chêne pédonculé, l’aulne de Corse, le tulipier de Virginie, le cèdre de l’Atlas, le pin lariccio, le sapin de Célaphonie.
Pour la seconde, sept ilôts ont été planté à ce jour, avec des essences telles que le sequoia, le pin de Brutie, le noisetier de Byzance, le pin maritime et le chêne zéen ont également été testés.
Des premières tendances, mais pas encore de conclusions définitives
Le recul n’est pas encore suffisant pour définir quelles sont les essences les plus adaptées dans le futur, mais quelques données sont déjà disponibles sur les meilleurs taux de reprise observés. Par exemple, après 5 années, le chêne sessile, originaire du Poitou-Charentes, atteint 97 % de reprise à Autrechêne et 95 % à Etueffont. Le chêne pédonculé, venu du sud-ouest, présente un taux de reprise de 97 % au bout de trois ans, à Grandvillars. 93 % des plants de pin lariccio, de Corse, subsistent après trois ans à Rougemont-le-Château.
A l’inverse, cette même espèce passe d’un taux de reprise de 62 % après un an à seulement 26 % après cinq ans, à Cunelière. A Giromagny, le pin Bornmuller ne présente qu’un faible taux de reprise après un an : seulement 10 %.
Si les conditions météorologiques entrent très souvent en compte dans les échecs constatés, la nature du sol, l’environnement naturel peuvent également intervenir.
Le conseil départemental du Territoire de Belfort a apporté aux communes participantes une aide globale de 75 000 euros (52 000 euros dans le cadre du premier appel à manifestation d’intérêt ; 22 500 euros dans le cadre du second). Il verse une aide forfaitaire de 2500 euros par îlot.
Les premières conclusions consolidées de ces tests ne sont pas attendues avant une dizaine d’années.
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