« Ce jour marque une nouvelle étape dans nos relations », s’enthousiasme Pascal Mathis, directeur de l’hôpital Nord Franche-Comté (HNFC). Via une chaire partenariale « Innovation technologie et pratiques hospitalières », l’établissement de santé se lie avec l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) pour une durée de deux ans. L’objectif de cette chaire signée ce vendredi 6 mars ? Allier les savoir-faire technologiques de l’université et les savoir-faire en termes de soins de l’hôpital.
« Avec l’UTBM, on est vraiment au cœur des services, avec les soignants, en prenant en compte le bien-être des patients. C’est vraiment le centre des démarches depuis le début de ce projet », développe Olivier Lamotte, chef de projet Innovation à l’UTBM. À l’occasion de la signature du partenariat, trois projets ont été mis en lumière. Tous les trois ont été portés par des élèves ou anciens élèves de l’UTBM.
Une application, un casque d'immersion… des prototypes en réflexion
Pour garantir la sécurité du transport des patients en réanimation, les ingénieurs de l’UTBM et les personnels soignants de l’hôpital ont réfléchi à une solution adéquate. « Nos patients en réanimation sont équipés de multiples matériels qui sont indispensables, même lors des transports », explique Nahila Himer, infirmière de recherche clinique. Entre les passages dans les ascenseurs, les risques d’enroulement des câbles, ou de débranchement, les transports occasionnent du stress pour les patients et les soignants. « Pour la problématique des câbles, il y a un premier prototype avec une solution pour organiser les câbles et pouvoir y avoir accès facilement », explique Angèle, ancienne étudiante de l’UTBM et qui a repris le projet. Les différents outils de santé sont aussi regroupés sur un mât stable et fixe qui suit le lit tout au long du transport. « Aujourd’hui, l’idée c’est d’avoir un prototype finalisé pour qu’on puisse le tester sur le terrain », précise l’ancienne étudiante.
« Le deuxième projet, c’est un dispositif pour garder une connexion directe avec notre équipe du centre anti-douleur et les patients, pour un suivi personnalisé et réactif », continue Olivier Lamotte. Une application a été pensée pour que les professionnels puissent déposer des éléments de consultation. « Ça peut être des informations sur les soins qui vont être administrés », explique Sylvie Crelerot, coordinatrice du centre anti-douleur.
Les étudiants ingénieurs se sont aussi penchés sur la problématique : faciliter les entretiens avec les patients en psychiatrie, notamment ceux atteints de schizophrénie. Alexandra Laduguie, ingénieure en monde virtuel diplômée à l’UTBM, a travaillé sur un casque de simulation. « Je suis partie sur un simulateur intrapsychique auditif pour simuler des voix dans la tête et vraiment reproduire le vécu schizophrène. » Grâce à cet outils, les soignants peuvent s’immerger, dans une certaine mesure, dans les ressentis d’un patient et ainsi mieux comprendre les problématiques associés.
Une chaire partenariale dont la genèse débute durant la crise sanitaire
« Ce qui est particulièrement intéressant dans cette collaboration, c’est que ça met le doigt sur le fait que progressivement la recherche médicale hospitalière n’est plus l’apanage propre des médecins », s’enthousiasme le docteur Thierry Conrozier. La collaboration entre l’université et l’Hôpital Nord Franche-Comté ne date pas d’hier. Déjà, lors de la crise sanitaire, les deux établissements sanitaires s’étaient rapprochés.
Les étudiants avaient imaginé une visière de protection et un embout s’adaptant aux masques de plongée (lire notre article). Les étudiants ingénieurs se penchent déjà sur les solutions dans l’univers de la médecine via le Crunch Time. L’hôpital Nord Franche-Comté propose des sujets de réflexion sur lesquels les étudiants planchent durant cinq jours. Depuis le rapprochement durant la crise du covid-19, l’UTBM a traité 20 sujets, 200 étudiants ingénieurs ont été impliqués dans les travaux et 5 projets d’études d’ingénieur ont été portés.