(avec AFP)
Alors que Citroën va présenter la version électrique de son emblématique 2CV au Mondial de l’Auto, dans le sillage du succès de la Renault 5 E-Tech électrique, les constructeurs se réapproprient le marché des petites voitures électriques, longtemps boudé.
Ces dernières décennies, en Europe, les fabricants ont délaissé la production de voitures populaires pour des modèles plus puissants, mieux équipés et plus chers, sur lesquels ils réalisent des marges plus importantes, explique à l’AFP Thomas Uthayakumar, directeur Programmes et Plaidoyer de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH).
En parallèle, le budget des automobilistes est de plus en plus contraint.
Une voiture neuve est vendue 34 600 euros en moyenne (30 % de plus qu’en 2019), loin des 20 000 euros d’enveloppe maximum des automobilistes, selon une enquête Ifop-La Centrale de mars 2025.
Les prix des carburants explosent, alors que l’essence et le diesel représentent encore 40 % chacun des 40 millions de voitures roulant en France (les hybrides 14 % et l’électrique 5 %), détaille le directeur général d’Aramisauto Romain Boscher pour l’AFP.
Les dépenses de carburant pèsent davantage sur les ménages des zones rurales, où près de 90 % des actifs utilisent leur voiture pour aller travailler, soulignait l’Insee en septembre.
« Près de 7 millions de personnes en zones périurbaines et rurales sont confrontées à la précarité mobilité », explique Thomas Uthayakumar.
30 km par jour
Ces automobilistes représentent, selon lui, un vaste marché pour de petites voitures électriques vendues moins de 15 000 euros : potentiellement 2,5 millions de véhicules par an d’ici 2030-2035.
Et même à ce prix, elles pourraient être produites au sein de l’Union européenne, selon une étude de la FNH et de l’Institut Mobilités en transition publiée en septembre.
Pour respecter la promesse de prix et d’origine, ces petites quatre places devraient peser moins de 800 kg (une voiture neuve aujourd’hui en Europe pèse environ 1,5 tonne), pour 3,60 mètres de long (contre plus de 4 m actuellement), embarquer une batterie de 15 à 22 kWh pour 140 à 200 km d’autonomie, et aller à 110 km/h maximum.
Un cahier des charges qui ressemble beaucoup à celui du Pôle Véhicule du future pour son projet « Essentiel détaillé fin septembre.
Des performances limitées, mais qui correspondent aux usages quotidiens de la plupart des automobilistes, assure Thomas Uthayakumar.
« Une voiture française, en moyenne, parcourt 11 600 km par an », soit une trentaine par jour, détaille le spécialiste. « Sur les déplacements de moins de 100 km, le taux d’occupation moyen est de moins de 1,5 personne par voiture », poursuit-il.
Selon l’étude, 16 millions de véhicules pourraient être remplacés par une petite électrique aux caractéristiques modestes sans modifier les habitudes de leurs propriétaires.
Les constructeurs prennent progressivement le virage, pour répondre aux exigences de l’Union européenne, qui leur impose un pourcentage croissant de voitures électriques, et résister à la vague de voitures chinoises électriques bon marché.
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Citroën a annoncé au printemps relancer sa mythique 2CV, arrêtée en 1980, en version électrique, que le grand public découvrira au Mondial de l’Auto (du 12 au 18 octobre).
« C’est un moment très important parce que, en 1948, la 2CV avait donné la liberté de mobilité à des millions de personnes et, 80 ans plus tard, la nouvelle 2CV va démocratiser la mobilité électrique », a promis le patron de la marque, Xavier Chardon.
Stellantis, qui possède Citroën, a aussi annoncé qu’il produirait des petites voitures électriques bon marché dès 2028 en Italie. « L’objectif est de recréer un segment presque disparu en Europe : la voiture populaire », explique le groupe.
Dacia, marque économique de Renault, pionnière de la voiture électrique abordable avec la Spring, a de son côté lancé la nouvelle version de cette citadine, 100 % électrique et produite en Europe.
Certains petits modèles figurent déjà parmi les meilleures ventes de voitures électriques neuves, boostés par le leasing social, comme la Citroën ë-C3 (à partir de 19 000 euros environ hors aides) ou la Renault Twingo E-Tech (à partir de 16.000 euros).
« Les objectifs de l’UE en matière d’émissions de CO2 entraînent des ventes record de véhicules électriques et l’arrivée de nombreux modèles abordables », confirme l’ONG Transport et environnement (T&E) dans un rapport publié lundi.
L’offre de modèles à moins de 25 000 euros devrait doubler en 2026 et leurs ventes être multipliées par sept par rapport à 2024, selon T&E.
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