Avant le premier tour des municipalisé, Ici Belfort-Montbéliard a organisé des débats à Montbéliard, Bavilliers et Delle. Entre les deux tours, un débat a déjà été organisé à Bethoncourt (ce mardi 17 mars), un autre est prévu à Héricourt ce mercredi 18 mars, et le dernier aurait dû avoir lieu demain soir, jeudi 19 mars, à la salle des fêtes, entre Damien Meslot, maire sortant, Florian Chauche, arrivé deuxième dimanche soir, Christophe Soustelle, arrivé troisième, et Bastien Faudot, quatrième.
Ce dernier débat de la campagne des municipales dans le nord Franche-Comté n’aura pas lieu : Damien Meslot a décidé de ne pas y assister. « Je voulais un débat sans public, en studio, explique le maire sortant. France Bleu [devenu Ici – NDLR] m’a dit non, donc c’est sans moi ». En cause, les huées, et selon le maire et certains témoins, les insultes à l’égard de Bastien Faudot lors de la proclamation des résultats dimanche soir à la salle des fêtes. « Je suis toujours prêt à débattre sur un programme, mais pas avec des insultes », affirme Damien Meslot, qui refuse d’avoir à faire à « une meute d’insoumis » qui selon lui aurait pu lancer « des lazzis » pendant les débats. « Nous sommes sous la menace de ces gens-là », affirme-t-il, avant d’indiquer qu’il demandera la présente de la police municipale ou de la police municipale pour la proclamation des débats dimanche soir. « C’est moi qui choisis les débats où je veux aller, et là je souhaitais un débat en studio, et dans le calme », conclut Damien Meslot.
Ici annonce l’annulation dans un article mis en ligne à 16 h. Contacté, Nicolas Wilhelm, rédacteur en chef d’Ici Belfort-Montbéliard, est d’autant plus étonné que ce débat a été discuté et programmé depuis plusieurs semaines et qu’une convention a été signée avec la Ville de Belfort pour la location de la salle des fêtes. Pas question pour lui d’organiser un des débats six débats en studio alors que les autres l’ont été en public : « Ce serait casser la formule », justifie-t-il en revendiquant le libre choix éditorial de sa rédaction, tout en indiquant qu’il avait déjà accédé à la demande de candidats de ne pas prendre de questions de la salle, mais uniquement de questions d’auditeurs sur les réseaux sociaux et posées par les journalistes pendant le débat.
« Damien Meslot n’est pas si serein que cela »
Florian Chauche (liste « Belfort avec vous »), ancien député, « regrette que Damien Meslot refuse de débattre et de défendre son bilan ». S’il concède que des sifflets et des huées ont ponctué l’annonce des résultats de Bastien Faudot, il réfute les insultes et rétorque que « cela ne dérange pas Damien Meslot de lancer des phrases assassines en conseil municipal contre ses opposants. En fait, il a peur de se confronter à ses opposants et au public », dont il estime que les réactions « font partie du débat démocratique. L’important c’est que cela ne parte pas en insultes, ajoute-t-il. J’aurais pu me faire chahuter aussi. » Selon lui, ce désistement montre que « Damien Meslot n’est pas si serein que cela » pour défendre son bilan.
Bastien Faudot (« Tous Belfortains – Liste d’union de la gauche républicaine, écologiste, démocrate et écologiste ») a publié mardi soir un texte sur les réseaux sociaux en réaction aux insultes à la salle des fêtes que lui ont rapporté des militants : « Ces réactions et ces comportements inacceptables de militants LFI donnent l’opportunité à Damien Meslot » de se retirer de ce débat. « On ampute le débat démocratique. J’étais prêt pour ma part à monter sur le ring. Cela illustre ce qui se passe de façon générale en France. Lorsqu’on souffle sur les braises, cela crée un climat délétère. » Pour sa part, Bastien Faudot aurait été prêt à participer un débat à trois « même si cela présentait moins d’intérêt ».
Christophe Soustelle, candidat RN (« Une identité pour Belfort ») se dit « déçu du comportement de M. Meslot. C’est un prétexte pour ne pas débattre et défendre idée contre idée. C’était moi qui avais le plus à craindre, peut-être avec M. Faudot, du comportement du public », affirme-t-il. Il voyait dans ce débat une opportunité de « reprendre les voix qu’il [Damien Meslot – NDLR] nous a siphonnées au premier tour ». « Ca va se terminer sur les réseaux sociaux », conclut-il.
