Vous annoncez votre candidature pour les municipales de mars 2026. Quelles sont vos motivations pour ce qui serait, en cas d’élection, votre troisième mandat de maire ?
Damien Meslot – Je trouve que le mandat de maire est le plus beau des mandats. Moi, j’adore ce que je fais. Je trouve que quand on est maire, on peut transformer sa ville. Moi, je suis né à Belfort, j’y ai vécu, j’y vis toujours et je suis un gamin de l’avenue Jean-Jaurès et je trouve que s’investir dans son mandat de maire, pouvoir transformer la ville où on est né – j’ai des souvenirs dans chaque quartier- je trouve que c’est le plus beau des mandats.
Partez-vous avec la même équipe ou avec une équipe renouvelée ?
Je vais renouveler l’équipe à cinquante pour cent parce que je pense qu’il faut à la fois allier l’expérience des plus anciens avec le dynamisme des plus jeunes.
Quelles seront les priorités de votre mandat ?
Une des priorités du mandat sera la stabilité fiscale. Je m’engage à ne pas augmenter les impôts pendant les six années du mandat. Je crois que c’est quelque chose d’important. Ensuite, je dévoilerai mon programme dans les prochaines semaines, mais un des points importants sera la rénovation du faubourg de France et des Nouvelles Galeries. On a un très beau projet qu’on présentera très prochainement. Et puis, on a aussi la construction de la Plaine des sports pour avoir un lieu où on pourra concentrer les stades de football, les sports urbains, de l’athlétisme. Donc c’est un investissement très important. Il y aura l’extension de la donation Jardot avec la création du nouveau musée qui nous permettra d’accueillir de grandes expositions à Belfort, ce que nous n’avions pas la possibilité de faire. Et puis la construction du nouveau refuge animal de la nouvelle SPA sur le site de Danjoutin. Voilà quelques-uns des projets. Il y en aura d’autres, mais je dévoilerai l’ensemble du programme dans les prochaines semaines.
Les grandes entreprises qui sont les moteurs de l’économie belfortaine se portent bien actuellement. Cela change radicalement le contexte économique belfortain. Comment pensez-vous faire bénéficier les Belfortains de cette embellie ?
On est à la disposition des entreprises. Pour Alstom, on a mis à disposition gracieusement le terrain où Tandem construit le nouveau bâtiment. Des résultats pour les Belfortains, c’est qu’Alstom a annoncé l’embauche de deux cents personnes en 2026. Là, nous sommes en train de travailler pour construire un bâtiment de 20 000 mètres carrés pour Arabelle Solutions, les turbines nucléaires sur le site du Technom. Dans les cinq ans, c’est 300 à 500 emplois supplémentaires. Donc c’est de l’emploi en plus, c’est des ressources fiscales supplémentaires pour la Ville et l’agglomération. Donc cela nous permettra de réaliser des investissements au bénéfice de l’ensemble de la population.
Vous évoquez souvent le manque de foncier pour accueillir de nouvelles implantations importantes. Quelles solutions pourraient-elles être mises en œuvre ?
On a déjà mis en chantier la réforme du SCoT [schéma de cohérence territoriale – Ndlr], du schéma de cohérence territoriale. Le but, c’est d’obtenir trois nouvelles zones industrielles dans le cadre du Grand Belfort, qui pourraient être mises à disposition des entreprises, parce que nous avons besoin de foncier. On a accueilli beaucoup de nouvelles entreprises et nous n’avons quasiment plus de foncier disponible. Il nous reste juste le site des Plutons, un petit peu sur l’Aéroparc, un petit peu sur Morvillars, mais pour des grandes implantations, nous avons besoin de nouvelles zones d’activité économique. Et dans le projet du SCoT, nous avons l’intention de demander trois nouvelles zones d’activité économique pour implanter des industries.
Le commerce de centre-ville est toujours en difficulté. Outre le rachat de locaux par Semaville, quelles nouvelles solutions pensez-vous apporter ?
Le commerce de centre-ville est en difficulté dans toute la France. Il est concurrencé par internet. Ce qu’il faut, c’est déjà rénover, parce que le commerce de centre-ville, c’est beaucoup le faubourg de France. La rénovation du faubourg de France et des Nouvelles Galeries va créer un nouveau lieu d’attractivité qui amènera plus de Belfortains. Puis, nous continuerons à racheter des commerces. Parce que quand on rachète un commerce, on le remet en état et après, on fait des loyers qui sont corrects. Mais pour le commerce de centre-ville, il faut aussi que les Belfortains achètent à Belfort. Je vois des gens qui à la fois se plaignent de la fermeture de commerces et qui achètent tout sur Internet. Il faut être cohérent. Si on veut que les commerces restent, il faut que les Belfortains, c’est ce que j’ai dit à mes vœux, aillent acheter dans les commerces de Belfort.
Si vous êtes réélu maire, souhaiterez-vous conserver la présidence du Grand Belfort, qui a la compétence de l’économie ?
Ça, c’est une autre histoire. Il y a des gens qui se sont déjà partagé les postes. Moi, je vais une élection après l’autre. Pour le moment, je me présente au suffrage des Belfortains. Si les Belfortains me réélisent, je regarderai ce que je fais. Mais pour le moment, il ne faut pas brûler les étapes. Il y a une élection municipale, je suis candidat à l’élection municipale. Si je suis réélu, je rencontrerai les autres maires réélus ou élus et nous discuterons ensemble à ce moment-là de ce qu’il faut pour l’agglomération. Mais pour le moment, je suis un candidat à la mairie de Belfort et nous verrons après les élections. J’ai vu qu’il y avait des partis qui discutaient dans les arrière-boutiques pour faire des arrangements, de la carpe et du lapin, des partis qui n’avaient rien en commun qui voulaient s’allier pour… Moi, il n’y aura pas de ça. Je suis candidat aux élections municipales. Si je suis élu, je dirai ce que je fais et je discuterai avec mes autres collègues maires.
La fusion de Belfort avec des communes limitrophes est-elle une hypothèse pour redonner une taille critique à Belfort et obtenir ainsi de meilleures dotations, au bénéfice de Belfort comme des communes qui accepteraient de fusionner ?
Non, ça n’a pas grand sens. Belfort a la taille critique, l’agglo a la taille critique. Et les grands projets se font au niveau de l’agglo. Donc la fusion n’apporterait rien.
L’idée d’une entité qui recouvre Belfort-Montbéliard-Héricourt pour donner plus de poids face à Besançon ou Dijon, voire au-delà, semble être en panne depuis plusieurs années. Quelle est votre position et vos objectifs dans ce domaine ?
Je souhaite avancer sur le sujet. Il se trouve que nos amis de Montbéliard ont bloqué tous les projets. C’est simple, on est au sein du Pôle métropolitain, il y a cinq EPCI [Etablissements publics de coopération intercommunale – Ndlr]. On est toujours quatre à être d’accord et un pas d’accord : c’est Montbéliard. Ils ont bloqué les choses sur l’usine d’incinération, ils bloquent les choses sur le déplacement urbain. On voulait faire une AOM [autorité organisatrice de la mobilité – Ndlr] unique, ils le refusent ! Tout le monde est d’accord, la Région, les quatre autres EPCI. Attendons les élections : il faudra voir quelle sera la nouvelle gouvernance. On annonce des candidats à la présidence de PMA. Il appartient aux habitants du Pays de Montbéliard de choisir leurs élus, ce n’est pas à moi de choisir pour eux. Et on verra si la gouvernance qui sera issue des élections sera plus favorable à travailler en coopération. Pour le moment, certains veulent faire croire que c’est dû à la présidence Meslot du Grand Belfort. Mais j’ai repris les déclarations de Jean-Pierre Chevènement, Jacky Drouet, Étienne Butzbach. Les mêmes causes produisaient les mêmes effets. Montbéliard a toujours eu un complexe d’infériorité par rapport à Belfort.
Quelle est votre position su sujet de « l’union des droites », à l’échelon local comme à l’échelon national ?
Moi, je ne fais pas de politique. Nous sommes dans une élection municipale. Donc une élection municipale, c’est un projet pour Belfort. Les votes politiques, c’est les législatives et les présidentielles. Nous ne sommes pas dans un vote politique, et je le dis clairement : ma liste restera la même entre le premier et le deuxième tour. Donc, je dis aux Belfortains : si vous voulez que je reste maire, il faut voter pour moi dès le premier tour parce que je ne fusionnerai avec personne, je ne négocierai avec personne entre les deux tours.