Le premier signal date de la fin d’année 2025. Yves Dumoulin, vice-président exécutif de Forvia Hydrogene solution a quitté son poste. Cet ingénieur polytechnicien était la figure de la politique hydrogène de l’équipementier automobile. Il a été nommé vice-président de Faurecia Clarion Electronics. Une belle promotion, sachant qu’il intègre, au passage, le comité exécutif de Forvia. Cette décision a été aussi soudaine que spontanée et n’a pas laissé indifférent dans l’univers de l’hydrogène. Il a été remplacé par Sébastien Limousin, vice-président exécutif de Forvia Clean Mobility, division à laquelle appartient l’entité hydrogène. Le nouveau dirigeant chapeautait les deux secteurs.
Et ce lundi, les partenaires sociaux apprenaient qu’un nouveau mouvement était engagé. Sébastien Limousin quitte son poste, remplacé par la directrice financière de Clean Mobility, Ghita Slaoui. Qui chapeautera également l’entité hydrogène.
La CFE-CGC attend des réponses sur la stratégie
« Cette décision soulève de réelles interrogations pour les activités Clean Mobility et plus particulièrement concernant la stratégie de l’entreprise Faurecia Hydrogen Solutions France », interpelle la CFE-CGC de Forvia, par la voix de Christophe Husson, basé sur le site de Bavans. Il regrette surtout que les instances de représentation salariale n’aient pas été associées ni prévenues de ces décisions. « Cette absence de consultation et d’information préalable ne peut qu’accentuer le sentiment d’un dialogue social galvaudé », critique-t-il dans un communiqué.
De poursuivre : « Lesdites activités traversent actuellement une période d’incertitude stratégique et opérationnelle forte, marquée par des repositionnements, des projets en cours de redéfinition et une visibilité encore limitée du marché automobile dans sa globalité. » Le départ de Yves Dumoulin inquiète particulièrement. « On perd un expert », regrette Christophe Husson. « Nous avons besoin de réponses claires sur la stratégie hydrogène et clean mobility », ajoute le leader syndical.
En interne, on évoque un « hasard de calendrier ». Et l’ambition reste la même quant à l’hydrogène, qui est confrontée simplement à un décalage du marché. La décision difficile subie par Forvia a été celle du retrait de Stellantis de cette technologie, en 2025 (lire notre article). Et pourtant, Forvia n’a pas lâché la filière hydrogène souffle-t-on au Trois pour rassurer quant à ces nominations.
Selon la CGT, reprise de la production à Forvia Allenjoie
Pour maintenir l’outil de production dans cette période difficile, Forvia cherche même « des marchés de complément », confiait Yves Dumoulin au Trois, au mois de novembre (découvrez notre magazine dédié à la filière hydrogène ici). L’entreprise a des contrats pour des projets de retrofit. Elle travaille la diversification géographique et s’intéresse à la logistique de l’hydogène. Elle va fournir à H2 Energy, un écosystème suisse, des réservoirs composites de type III pour équiper des conteneurs multi-éléments gazeux (MEGC). Ces conteneurs permettent de transporter l’hydrogène et d’accélérer le déploiement d’une infrastructure hydrogène. Les conteneurs peuvent embarquer de 500 kilos à 1 tonne d’hydrogène, sachant qu’un bus consomme 10 kilos d’hydrogène pour parcourir 100 kilomètres. Forvia enregistre aussi des commandes pour des réservoirs destinés à des bus.
La CGT, de son côté, n’est pas inquiète. « Le départ d’Yves Dumoulin est une promotion. Cela fait partie de la vie d’une grande entreprise », estime Tarek Zarhdad, de la CGT de Forvia, à l’usine d’Allenjoie. « Nous avons des signaux positifs sur Allenjoie », indique-t-il. Un renforcement de la production est envisagé, avec notamment un passage en deux-huit prochainement. Des commandes doivent être confirmées par la direction prochainement, croit-il savoir.
Sollicitée, la direction de Forvia n’est pas revenue vers nous.
