Fabien Dorier
« C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens », disent certains dans le football (comme ailleurs) alors que d’autres, aux goûts plus rustiques, préfèrent dire que « C’est après la foire qu’on compte les bouses ». Dans les deux cas, l’idée est la même : un bon recrutement se mesure à l’aune des résultats sportifs après au minimum quelques mois, et non en fonction de son clinquant à l’instant de son achèvement. Ce qui n’exclut pas de dresser un bilan à chaud du mercato sochalien et d’en tirer quelques enseignements.
Un recrutement qui ne fait pas dans le clinquant
Pas de joueur connu si ce n’est (un peu) Victor Lobry, aucun élément n’ayant évolué en Ligue 1 : sur la forme, le FC Sochaux-Montbéliard n’a pas fait dans le bling-bling cet été. Ce n’est pas l’état d’esprit qui prime depuis quelques années, et pas ce qu’attendent les supporters dans leur majorité. Reste que dans une Ligue 2 qui a vu Dunkerque accueillir un champion du monde en la personne de Steven Nzonzi, le club sochalien peut s’enorgueillir de compter dans ses rangs deux joueurs ayant participé à la dernière coupe du monde avec Haïti.
Un effectif quantitativement renforcé
Si on exclut les mouvements officiels sans influence réelle (Abderrezzek Saïdi revenant pour être transféré, retour de prêt de Pape Yatma Diop ou départ temporaire d’Enzo Dodé-Zéhé), le manager général Julien Cordonnier a orchestré cinq départs et autant d’arrivées ayant un réel effet sur l’effectif. Celui-ci a gagné quantitativement en comptant l’intégration de jeunes talents, élément constitutif de sa politique. Le très jeune Bakary Diawara a déjà effectué des débuts décomplexés en Ligue 2 et on attend de voir comment Ethan Cortes tirera son épingle du jeu. D’autres bonnes surprises ne sont pas à exclure.
Il faut aussi rappeler que le FCSM, hors Coupe de France, n’aura que deux matches officiels de plus à disputer en 2026/2027. Certes face à des adversaires parfois lourdement armés. D’où l’intérêt de s’être surtout équipé qualitativement, afin de mener à bien la bataille du maintien.
Plus de qualité… dans presque tous les domaines
On l’a dit, l’effectif a enregistré cinq « vraies » recrues : Victor Lobry (Amiens SC), Mathis Clairicia (VfL Bochum), Saad Agouzoul (AJ Auxerre), Landry Nomel (Stade Lausanne-Ouchy) et Don Deedson Louicius (FC Dallas). Autant de joueurs qui ambitionnent de figurer dans le onze de départ de Vincent Hognon. Les Sochaliens ont aussi pu conserver deux joueurs auparavant prêtés : Samy Baghdadi (option d’achat activée) et Dalangunypole Gomis (de nouveau prêté par le Cercle Bruges). Au final, seule la catégorie des gardiens de but n’a pas connu d’évolution, si ce n’est avec la titularisation de Jeannin, mais c’est une autre question.
Le dénominateur commun à presque tous ces joueurs est une prise de risque limitée. Les dirigeants francs-comtois ont signé avec des éléments ayant déjà évolué au club (Gomis, Agouzoul) ou francophones… à l’exception de l’Haïtien Don Deedson Louicius, une sorte de pari afin de remplacer Aymen Boutoutaou dont le départ a été subi par le FCSM.
Aussi une variable d'ajustement économique
Le mercato a vocation à combler des manques et élever le niveau de l’effectif (et c’est encore plus vrai en montant en Ligue 2 !). C’est aussi une variable d’ajustement économique dont on peut ressortir déplumé sportivement… comme plusieurs clubs de l’élite l’ont vécu violemment cet été. La vente prévue d’Elson Mendes (au Kasımpaşa SK en Turquie) a été complétée par celle, plus imprévue, d’Aymen Boutoutaou en Roumanie alors que la vente de Solomon Loubao à l’AC Monza, en Italie, était effective depuis l’hiver dernier.
En ayant perdu deux à trois joueurs de son équipe type, le club devait réagir avec ses moyens. À défaut de recruter de manière onéreuse comme cela a été le cas jusqu’en 2023, il s’en approche. Le club ne se contente en effet plus de joueurs totalement libres. Baghdadi, Agouzoul ou Deedson ont fait l’objet de transferts, certes gratuits, mais avec des options potentiellement rémunératrices pour leurs clubs précédents. Preuve d’une santé et d’une situation qui s’améliorent. Ce que le mercato sochalien reflète à sa manière.
A noter :les clubs ont encore la possibilité d’embaucher des joueurs libres de tout contrat ou même un joker évoluant en France d’ici janvier.
Non, on n'achète pas des joueurs !
Le jargon propre au football parle d’achat ou de vente de joueurs. Cela ne décrit pas un esclavagisme moderne… même s’il y aurait beaucoup à dire sur certaines pratiques, notamment chez les plus jeunes.
Il s’agit bien d’un abus de langage pour désigner le rachat par un club du contrat à durée déterminée liant un joueur (ou un entraîneur) à son employeur. Un élément en fin de contrat est ainsi libre de signer là où il le souhaite sans qu’il y ait besoin de devoir payer pour le délier de son engagement.
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