Il y a un gros mois, le FC Sochaux-Montbéliard battait à domicile le FC Nantes dans un stade Bonal en fusion. Une victoire qui lançait leur saison, débutée sur une sévère défaite à domicile contre l’AS Saint-Étienne, avant une série d’invincibilité de sept rencontres qui a pris fin ce samedi 17 octobre à Metz.
Le succès contre les Canaris nantais a fait naître de beaux espoirs, et une douce euphorie s’emparait alors de l’environnement du club. Bien sûr, Vincent Hognon comme ses dirigeants se sont bien gardés d’y plonger ou de changer leur objectif : un maintien sans frayeur. Ce qui ne veut pas dire qu’ils cracheraient sur un peu (ou beaucoup) mieux. Le Mans FC, la saison dernière, n’avait-il troqué son costume de promus pour… une cape de deuxième de Ligue 2, synonyme d’accession à l’élite ?
Des matches nuls méritoires ou frustrants
Reste que le match contre Nantes a été suivi de deux matches nuls, ramenés de Laval puis face à l’US Boulogne à Bonal. Le FCSM, qui a très vite ouvert le score et aurait pu prendre le large, était même cinquième à mi-match au classement virtuel de Ligue 2. Il a finalement fallu se contenter d’un match nul au goût étrange. Même sensation après la défaite à Metz. Pas illogique en soit, mais au terme d’un match qui aurait pu accoucher d’autre chose.
Les Sochaliens peuvent tenir la dragée haute à tous leurs adversaires (même en perdant 0-3 contre Saint-Etienne, ils n’avaient pas été ridicules), mais il manque encore trop souvent un petit quelque chose pour récolter plus de points. Leurs cinq matches nuls en neuf rencontres, cumulés à deux victoires, n’en permettent pas moins aux camarades de Mathieu Peybernes de se caler en milieu de classement et de prendre leur distance avec la zone des relégables.
Et des matches qui peuvent basculer en défaite sur des détails
Mais le risque est grand que certains scores de parité se transforment en défaite et qu’une mauvaise série pointe le bout de son nez. Cela arrive à toutes les équipes, ou presque, notamment aux promus ne surfant plus sur la vague d’euphorie des mois précédents.
Et cela est souvent arrivé aux diverses équipes sochaliennes, notamment au cœur de l’hiver. Une saison en général un peu moins douce dans le Nord Franche-Comté qu’ailleurs. Les conditions d’entraînement sont en effet plus pénibles, les déplacements plus anxiogènes et la passion, dans et autour du stade, plus fraîche.
L’essentiel est alors de tirer les bonnes leçons et de comprendre pourquoi les détails font basculer l’équipe du mauvais côté. Il faut aussi réussir à travailler au quotidien sereinement, sans que le doute sur les qualités individuelles et collectives ne s’immisce dans les têtes des joueurs comme dans celles des supporters et des suiveurs. Chacun a donc un rôle à jouer, afin de minimiser la durée de la mauvaise série, repartir de l’avant et ne pas jouer à se faire peur.
Souvenons-nous l'hiver 2001-2002
La dernière fois que les Sochaliens ont été promus date d’il y a vingt-cinq ans, dans la foulée d’un titre de champion de France de deuxième division. Ils avaient effectué un excellent début de saison parmi l’élite. La bagarre pour le maintien semblait éloignée avant que, en janvier, la machine ne s’enraye. Presque sauvée après un succès à Bordeaux, l’équipe de Jean Fernandez avait perdu le fil en s’inclinant trois fois en quatre matches, tout en ne prenant qu’un point à domicile contre Troyes. De quoi la repousser dans la seconde partie de tableau et provoquer un début de panique.
Les Sochaliens s’étaient finalement repris, non sans avoir versé dans l’irrationnel, enfilant des shorts jaunes à domicile pour conjurer le mauvais sort, ou changeant leur routine. Ils avaient finalement terminé à une belle huitième place et la crise hivernale avait donc été sans conséquences, si ce n’est pour l’identité du gardien titulaire. La séquence avait en effet vu Vincent Fernandez être remplacé par un Teddy Richert, qui avait entamé un mandat de dix belles années comme portier référence du FCSM. L’irréprochable Mehdi Jeannin semble protégé d’un tel bégaiement, mais cela prouve que d’une petite crise de résultat hivernale peut naitre une belle histoire, dès lors qu’elle est maîtrisée…
