« Il a vraiment une gueule ce train ! » Ce lundi matin, la SNCF et Alstom ont dévoilé la livrée du TGV M, le TGV du futur, de la gamme inOui. Et Christophe Fanichet, p-dg de SNCF Voyageurs, n’a pas caché sa grande fierté. La cérémonie a été menée à Belfort, où seront réalisées les 230 motrices commandées par la SNCF à l’industriel ; la SNCF a commandé 115 rames, qui seront réalisées durant la prochaine décennie. « C’est plus qu’un produit, c’est une icône et un savoir-faire français », a-t-il ajouté. C’est la 5e génération de TGV qui a été dévoilée ce lundi matin, alors que le dessinateur de la première génération, Jacques Cooper, a disparu mi-avril (lire notre article).
L’aventure du TGV du futur, aujourd’hui TGV du présent ont remarqué les promoteurs du projet, a débuté il y a huit ans. La SNCF engage 3,5 milliards d’euros, sur fonds propres, pour financer l’ensemble des 115 rames.
.@GroupeSNCF et @AlstomFrance dévoile la livrée du TGV du futur (TGV M) de la gamme @TGVINOUI à #Belfort pic.twitter.com/FtJ3Zfkejh
— Le Trois (@letrois_info) April 29, 2024
C’est « notre actif stratégique », indique le p-dg de SNCF Réseau. Le train consommera 20 % d’énergie en moins par rapport aux TGV Duplex et embarquera plus de passagers, jusqu’à 720 personnes, contre 560 actuellement. Une rame de TGV comportera neuf voitures passagers, contre huit aujourd’hui ; la motrice est plus courte de 4 mètres permettant cette place en plus. Alstom revendique 32 % d’émissions de CO² en moins. Le « M » de TGV M renvoie à « modulaire », pour souligner son adaptation aux différents marchés que le produit adresse. La livrée de ce TGV inOui se voulait, quant à elle, simple, fluide et épurée. Elle s’insère dans le paysage quand celui-ci fend la campagne ; les essais ont déjà permis de dépasser les 320 km/h. Et la teinte claire permet aussi d’économiser de la climatisation lorsqu’il y aura des fortes chaleurs. Le premier exemplaire a déjà parcouru plus de 50 000 km.
Neuf usines d’Alstom sont impliquées dans ce projet, dont les sites du Creusot (Saône-et-Loire) et d’Ornans (Doubs), en Bourgogne-Franche-Comté, respectivement pour les bogies et les moteurs. Belfort construit les motrices. Dans l’usine, la production se met en place pour répondre à la commande. Terminée, la motrice pèse environ 68 tonnes. Elle compte 4 700 soudures, représentant environ 2 km. On compte aussi 12 km de câbles, 48 000 pièces, pour 4000 références. De nombreux capteurs ont été installés dans la motrice, pour faire du télé-diagnostique, afin de déceler les pannes avant qu’elles n’arrivent. La livrée du TGV est entièrement peinte pour plus de durabilité. Auparavant, les logos étaient des adhésifs.
Les essais se poursuivent. Ils doivent prendre fin en septembre. L’autorisation de mise sur le marché est espérée à l’automne. Et la mise en route commerciale est attendue début 2025, sur les axes du sud-est, là où débute la mise en concurrence du réseau, avec Trenitalia, mais aussi l’arrivée prochaine des espagnols de Renfe. La SNCF veut donc avoir « une longueur d’avance », assure Christophe Fanichet. Ce nouveau modèle doit aussi répondre à la croissance du trafic. Et l’augmentation du nombre de places doit permettre d’y répondre.
Des investissements à Belfort
Pour répondre notamment à la montée en charge du TGV M – 230 motrices sont à fabriquer – des investissements sont prévus à l’usine de Belfort. 5 millions d’euros sont fléchés en 2024 et encore 5 millions en 2025. On va notamment électrifier une nouvelle voie dans le centre « service », accessible du côté de la rue d’Aspach et placée de l’autre côté de la voie ferrée. On pourra ainsi renforcer la capacité d’essais sur les trains. On compte plus de 800 salariés sur le site, donc 600 Alstom, complétés d’intérimaires et de prestataires. 180 personnes ont été recrutées sur les 18 derniers mois indique David Journet, le directeur de l’usine. On attend également une diversification du site dans les prochains mois. Une quatrième activité doit voir le jour, après les motrices TGV, les locomotives et l’activité service.