(AFP)
Le deuxième constructeur ferroviaire mondial, Alstom, a lourdement chuté en Bourse ce lundi 2 novembre 2026, après son deuxième avertissement sur résultat de l’année, lié à des difficultés de production de trains Coradia Max en Allemagne, sur fond de carnet de commandes bien rempli.
Peu après 11 h, le titre dégringolait de 28,02 %, à 11,33 euros. Depuis janvier, il a chuté de plus de 55 %. Sa capitalisation boursière est tombée lundi en fin de matinée à 5,3 milliards d’euros contre 11,87 milliards au 1er janvier.
Sur l’exercice 2026-27 en cours, Alstom a expliqué qu’il s’attendait désormais à produire seulement 4 000 voitures contre 4 400 à 4 500 attendues auparavant.
Sur ce total, « deux tiers » du retard de production sont liés à deux des six contrats de trains régionaux Coradia Max signés avec des Länder allemands, a précisé le directeur financier Bernard Delpit lors d’un entretien avec des analystes lundi matin.
Homologation retardée
En raison de problèmes liés aux essais de ce train –en cours de résolution technique–, l’homologation du premier Coradia Max devrait intervenir seulement fin mars, avec une première livraison effective au cours du prochain exercice 2027-2028, au lieu de l’exercice en cours comme prévu, a-t-il ajouté. Ce qui retarde par effet domino les paiements d’étapes sur les exercices suivants, souligne le groupe financier Oddo BHF.
Les déboires industriels et financiers sont alourdis par les pénalités de retard payées aux régions clientes du train, qui conduisent l’entreprise à afficher une marge brute négative sur l’ensemble des contrats Coradia. Et la trésorerie (free cash flow) du groupe est devenue négative de 1,25 milliard d’euros à la fin du premier semestre.
En avril, le groupe avait déjà abaissé ses objectifs de performance et subi une première dégringolade boursière, en raison de ses difficultés d’exécution, juste après l’arrivée de Martin Sion, qui a succédé à Henri Poupart-Lafarge.
« Depuis ma nomination au poste de directeur général en avril 2026, j’ai demandé une identification rigoureuse et une remontée systématique des risques et des opportunités au niveau des projets, en mobilisant des équipes dédiées d’experts d’Alstom sur les projets les plus critiques, dont Coradia Max », a commenté Martin Sion.
Céder "des activités rentables"
« L’annonce faite aujourd’hui reflète les conséquences de cet exercice, avec pour objectif de normaliser la performance du groupe dès le prochain exercice fiscal », a-t-il assuré. « Je suis persuadé qu’il s’agit du dernier réajustement de calendrier que nous faisons pour Coradia Max », a-t-il affirmé devant les analystes.
Alstom, qui annoncera le 17 novembre les résultats du premier semestre de son exercice 2026-27 décalé, a déjà dévoilé lundi l’ampleur de la dégradation de ses résultats. Sa marge d’exploitation s’affiche ainsi négative, à environ -4 % pour le semestre au lieu de +6,4% au cours des six premiers mois de l’exercice précédent.
Alstom a produit 1 860 voitures au cours du premier semestre, en baisse de 8 %. « Les difficultés d’exécution sur la plateforme Coradia Max » ont « conduit à une interruption de la fabrication au cours du premier trimestre », explique l’entreprise.
Le chiffre d’affaires a toutefois progressé à 9,3 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 3 %.
Pour tirer les leçons et consolider son bilan, le groupe doit présenter une modification de son organisation au « deuxième trimestre 2027 », lors de sa journée investisseurs.
Alstom veut réduire sa dette d’environ 2 milliards d’euros d’ici à septembre 2027, selon Oddo BHF. Le groupe pourrait poursuivre ses cessions, augmenter son capital ou émettre de la dette.
Les cessions devraient porter « sur des activités rentables, mais ne faisant pas partie de nos activités centrales », a précisé M. Sion aux analystes.
Le groupe cherche ainsi à conserver auprès des agences de notation la catégorie « investissement » de leur classification, celle des emprunteurs jugés les plus sûrs.
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