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Ces derniers sont alors « imprégnés du regard que la société porte sur l’animal et vont se faire les porte-voix de questionnements, de causes, que ce soit la promotion de l’élevage intensif et industriel ou la question de la sensibilité et de la protection animale », constate le conservateur du musée Courbet, Benjamin Foudral.
Le parcours, riche de 120 oeuvres du début du XIXe siècle au tournant du XXe siècle – des peintres Rosa Bonheur ou Henri Bonnefoy, ou des sculpteurs Emmanuel Fremiet et François Pompon – débute avec la naissance de l’art animalier moderne sous l’influence des maîtres hollandais comme Paul Potter (1625-1654). Le premier tableau animalier de Gustave Courbet (1819-1877), Génisse et taureau au pâturage, s’inscrit dans cet héritage.
Des sujets très contemporains traités par Courbet
Avec ses puissants attelages de bœufs écumant sous l’effort, Le labourage nivernais (1848) de Rosa Bonheur montre comment l’art s’est mis au service de l’État et des grands promoteurs agricoles pour promouvoir la réforme agricole et l’animal amélioré. Ce grand format – par celle qui fut l’une des plus célèbres peintre animalières – a été exceptionnellement prêté par le musée d’Orsay.
L’exposition illustre également comment la création de la SPA en 1845 et le vote de la loi Gramont en 1850 font entrer la question de la souffrance animale dans le débat public, avec des oeuvres poignantes comme celles de Joseph Stevens qui peint la misère des chiens errants.
A travers des sujets qui « nous sont étrangement encore contemporains », cet art ancien « raconte notre présent » et « nous fait réfléchir sur ces questionnements », relève M. Foudral. Des œuvres appréhendent enfin la question de l’anthropomorphisme et de la psychologie de l’animal qui fit débat au XIXe siècle, en abordant des sujets comme la maternité ou les ébats amoureux des animaux. Une salle riche en taxidermie clôture l’exposition, visible jusqu’au 8 novembre.
