Le centre chorégraphique de Bourgogne-Franche-Comté de Belfort, Via danse, accueille une nouvelle artiste associée. La chorégraphe Balkis Moutashar sera rattachée au centre pendant trois ans. Et, pour bien commencer, le 16 mai, sa compagnie éponyme va présenter son projet « Nous n’arriverons pas les mains vides » dans les locaux de Via danse. Une pièce jouée pour la première fois en janvier.
Le principe est simple : réunir douze jeunes danseurs sur une même scène. « Ils représentent à la fois la jeunesse et la danse d’aujourd’hui », souligne Balkis Moutashar. Tous nés entre 2000 et 2005, ils en sont au début de leur carrière de danseurs. « Ce sont les enfants du XXIe siècle. » La chorégraphe pose la question : qu’est-ce que nous apportent les jeunes danseurs. Une façon de s’interroger sur la jeunesse de manière plus large.
Pour y répondre au mieux, Balkis Moutashar a formé un groupe de jeunes aux parcours différents. « Il y a différents parcours, origines, pratiques. Il y a des gens qui ont des parcours très institutionnels dans des écoles officielles, il y a des gens qui sont autodidactes. Il y a des gens qui viennent de Paris, qui viennent de province, il y a plus de trois étrangers. » Entre le hip-hop, la danse électro, la danse classique, le breakdance, la danse contemporaine, de nombreuses pratiques sont représentées.
Les mêmes questions et doutes
Le projet ne se focalise pas seulement sur la danse en elle-même, mais aussi sur l’histoire personnelle des danseurs. Au début du projet, Balkis Moutashar les a questionnés : « La première fois que tu as fait de la danse, qu’est-ce que tu as fait ? La première fois que tu es monté sur une scène, qu’est-ce que tu as aimé, qu’est-ce que tu n’as pas aimé ? Qu’est-ce que tu rêverais de faire ? » Elle a ressorti 80 gestes chorégraphiques qui ont servi de base pour la pièce.
Chaque danseur a été interviewé pour mieux comprendre son rapport à la danse. Ils ont pu raconter ce qui les a amenés à faire de la danse, la façon dont la pratique est perçue par leur entourage. « Celui qui a appris la danse sur une plage aux Comores et celui qui a commencé à l’Opéra de Paris, ils n’ont pas la même histoire. Mais, ils ont les mêmes questions malgré tout. » Les extraits de ces interviews sont d’ailleurs intégrés à la bande sonore de la pièce.
Balkis Moutashar en convient, elles se posaient les mêmes questionnements à l’âge de ces douze danseurs. En revanche, les bagages culturels ne sont plus les mêmes. « On est dans une autre histoire, mais dans une même histoire intime. À quel moment j’ai eu des doutes, à quel moment j’ai quitté mes parents… Ça c’est universel. Par contre, les références ont complètement changé. » À ses débuts, le hip-hop n’avait pas pris une telle place, la danse électro n’existait pas et « Beyoncé n’avait pas commencé ».
Le centre chorégraphique comme lieu de travail
« J’ai un parcours très éclectique », prévient Balkis Moutashar. Après un passage par la danse classique, elle se dirige vers le contemporain. « J’ai été danseuse de music-hall de cabaret pendant assez longtemps », raconte-t-elle. Avec cette collaboration avec Via Danse, la chorégraphe et danseuse va être amenée à venir régulièrement à Belfort. Au centre chorégraphique, elle pourra travailler et représenter ces futurs projets. Balkis Moutashar évoque d’ailleurs un solo à préparer pour le mois de novembre.
En amont du spectacle « Nous n’arrivons pas les mains vides », les danseuses animeront des ateliers. « J’ai demandé à six de ces douze danseurs et danseuses de partager, de transmettre en fait un peu de leur univers », développe Balkis Moutashar. Au programme, six ateliers gratuits auxquels tout le monde est invité à participer.

