Un surcoût de « 20 à 30% » des matières premières fragilise le secteur du bâtiment

Le fédérateur d’entreprises locales à Montbéliard Crri 2000 (notre article) a organisé son traditionnel barbecue de rentrée, ce vendredi. L’occasion de faire le point sur l’activité du bâtiment, marqué par une hausse des matières premières, conjuguée à une pénurie de cette matière et de la main d’œuvre. Les acteurs n’ont pas de visibilité. Interview de Bruno Selli, président, et Laurent Germain, directeur.

Le fédérateur d’entreprises locales à Montbéliard Crri 2000 (notre article) a organisé son traditionnel barbecue de rentrée, ce vendredi. L’occasion de faire le point sur l’activité du bâtiment, marqué par une hausse des matières premières, conjuguée à une pénurie de cette matière et de la main d’œuvre. Les acteurs n’ont pas de visibilité. Interview de Bruno Selli, président, et Laurent Germain, directeur.

Aujourd’hui, le monde du bâtiment est marqué par une pénurie de matières premières. Comment l’analysez-vous ? Quels produits sont concernés ?

Bruno Selli – C’est le bois, l’acier, essentiellement, le plâtre également. La demande est tellement forte que les fournisseurs n’arrivent pas à produire. Il y a une suractivité. Ensuite, c’est contingenté. Les fournisseurs ne prennent même plus de commandes. Les commandes que vous passez, on vous les prend un mois après avec des délais d’attente ensuite de 3, 4 ou 5 mois.

Laurent Germain – Je fais actuellement un petit chantier et nous avons 16 semaines de délai sur les isolants ! Et sur les chantiers, il y a un bilan. Si vous faites des logements, il y a un loyer. Nous sommes en inflation, mais il n’y a pas de hausses [sur les loyers]. Les surcoûts aujourd’hui sont de l’ordre de 20 à 30 %. Mais personne n’a 20 à 30 % de plus dans son bilan.

Cela pose évidemment un problème de coûts. Mais qu’est-ce que cela implique aussi pour les chantiers ?

Laurent Germain – Cela pose un problème d’organisation des chantiers et cela entraîne surtout une insatisfaction du client car on est incapable de lui donner une date. On va faire un planning, puis on ira le voir en disant « désolé, ce sera un mois de plus, deux mois de plus »… Le problème, c’est que nous ne savons pas mettre un prix. Ou vous avez des prix avec des validités d’une semaine, mais nous ne travaillons pas à la semaine.

Avez-vous des craintes pour la pérennité de certaines entreprises ?

Bruno Selli – Ça peut ! Le fait qu’il y ait une augmentation des matières premières que nous ne pouvons pas répercuter sur les prix [de chantier], parce que le marché est figé, obligatoirement, ce sont nos marges qui partent. Cela peut-être, pour certaines entreprises, problématique. Cela dépend de la trésorerie de l’entreprise et de la capacité qu’elle a à renouveler ses clients. Si ce sont de petits chantiers, on réattaque vite d’autres chantiers ; si ce sont de gros chantiers sur de longues périodes, là c’est un peu plus compliqué.

Comment sentez-vous cette crise ?

Laurent Germain – Cela n’engage que moi – et j’ai un peu de bouteille – mais cela me rappelle 2008. Et ça peut s’arrêter violemment. À l’époque, cela s’est arrêté entre août et septembre. En août, on embauchait, en septembre on ne savait pas quoi faire des gars qu’on venait d’embaucher. Ça s’est arrêté d’un seul coup.

Bruno Selli – Les maîtres d’ouvrage vont se dire que les projets prévus cette année sont décalés car il y a trop de hausses. En 2008, la hausse a duré de mars à la fin de l’année. Cette année, cela perdure. Nos fournisseurs n’ont pas de perspectives.

Enregistrez-vous toujours autant de difficultés pour embaucher ?

Bruno Selli – Nous avons de gros problèmes de recrutements. Nous ne trouvons personne sur le marché. Et nous cherchons dans tous les domaines, que ce soit du salarié jusqu’au bureau d’études. Du cadre au compagnon, de tous les corps de métier.

Laurent Germain – On observe aussi des hausses de tarif phénoménales. Les gens ont des exigences – légitimes ou non ce n’est pas mon propos – qui font augmenter le coup de la main d’œuvre et qui accroisse le problème des coûts. Au problème des matériaux s’ajoute le coût de la main d’œuvre.

Comment peut-on aider Crri 2000 ou le bâtiment ?

Laurent Germain – Il y a eu des annonces faites par le Gouvernement, mais ce n’est pas concret. Pour le marché public, on nous dit qu’il faut s’entendre. On a tout dit et on n’a rien dit ! Tout ce qui est privé, c’est au bon vouloir du client. Mais s’il n’a pas les fonds…

Quels sont les projets de Crri 2000 ?

Laurent Germain – Nous avons notre filière « maison de santé ». Après celle de Belfort, nous allons faire celle de Montbéliard. Il y a aussi le conservatoire de Montbéliard et nous avons de multiples projets en conception-réalisation et de travaux-service. Ces derniers sont des montants moindre, mais cela nous assure un volume et des contacts commerciaux.

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