Olivia Gay et Thierry Maillard, l’union du classique et du jazz

Le pianiste et compositeur Thierry Maillard et la violoncelliste Olivia Gay, originaire de Morvillars, organisent au mois de juin le festival des Tourelles. Associant musique classique et jazz.

Le pianiste et compositeur Thierry Maillard et la violoncelliste Olivia Gay, originaire de Morvillars, organisent au mois de juin le festival des Tourelles. Associant musique classique et jazz. Ils ont la volonté de construire des ponts entre ces deux univers. À leur image. Dans le cadre historique du château des Tourelles.

Thierry Maillard et Olivia Gay s’installent de plus en plus dans leur costume de directeurs artistiques du festival des Tourelles. Mi-mars, ils étaient de retour dans le Territoire de Belfort pour poursuivre l’organisation de l’événement. Rencontre des partenaires, promotion, séances photo. L’agenda est bien rempli. Pour sa deuxième édition, cet événement musical singulier s’étoffe. Et veut s’assumer. On y parle de musique classique et on y parle de jazz. L’un avec l’autre. Pas l’un après l’autre. « Nous sommes convaincus que le public de la musique classique est le même que celui du jazz », assurent-ils. Unis dans la vie, ils le sont aussi par une conception commune de la musique, qu’ils tentent justement de transmettre avec le festival des Tourelles. Dépasser les frontières pourrait être le refrain de cet événement. « Cela correspond à notre couple, à notre vie et à notre ouverture, résume Olivia Gay. Nous ne voyons pas de frontière entre les deux. Nous naviguons entre les deux univers. »

Décloisonner

Chacun de leur côté, les deux musiciens cultivent cette singularité. Thierry Maillard, 52 ans, a intégré l’école normal de musique à 14 ans. Son truc, c’est la composition. Et s’il s’épanouit dans le jazz, c’est pour une caractéristique bien particulière. « Le discours qui m’a plus, c’est celui de la liberté. » Mais pas forcément celle d’improviser. C’est la liberté de pouvoir métisser les musiques. Les influences. Il aime les musiques d’Europe de l’Est et des Balkans. Celle d’Irlande aussi, un pays qu’il n’a jamais visité. « J’aime mélanger les musiques », confie-t-il. Cette liberté, il la cultive à l’extrême, en ne jouant que ses projets. Le cadre du parc du château des Tourelles permettra justement de découvrir une partie de l’étendue de son travail. Il va en effet se produire avec son big band de 15 musiciens et proposera « une musique à la fois exigeante et ludique pour un feu d’artifice permanent où la beauté des mélodies est portée par un groove volcanique implacable », promet la programmation.

Le dernier album d’Olivia, Horizon[s], sorti en 2018, reflète également cette ouverture à l’ailleurs. Elle y interprétait des concertos d’un compositeur français, Philippe Hersant, d’un compositeur letton, Pēteris Vasks, et de celui d’un jazzman, Thierry Maillard…  « J’ai la volonté d’effacer les frontières entre musique classique et musique contemporaine. J’aime bien décloisonner », poursuit la violoncelliste, qui a découvert cet instrument à 6 ans. Si elle est classique dans les œuvres qu’elle joue, la jeune femme de 32 ans ne se contente pas d’interpréter. Elle façonne son projet. Lie et relie les compositeurs et les œuvres qu’elle sélectionne. Elle envisage par exemple de créer un concert scénographié où pourrait intervenir de la création vidéo. Cet automne, elle sortira un nouvel album, teinté de traditions et d’origines. Des valeurs auxquelles elle est très attachée. Elle a été recherchée des pièces de compositeurs classiques inspirées par le folklore, celui de leurs racines. « En parallèle, je suis allée chercher des chants populaires qui auraient pu les inspirer et je vais les mettre en miroir. » Même si elle bouscule les codes, celle qui apprécie la musique « qui arrache les tripes », conserve les chefs d’œuvre dans son répertoire. « Ils ont traversé le temps. On ne pourra jamais dire qu’on ne les écoutera plus. Mais on peut les lier autrement. » On peut en effet proposer un autre dialogue, comme celui envisagé à l’occasion de ce festival, en organisant une scène classique, suivie d’une scène jazz.

Échanger avec le public

Le parcours de Thierry Maillard et sa renommée lui ont permis de tisser un réseau dense. « Grâce à cette expérience, nous pouvons faire venir des artistes qui ne viendraient jamais dans la région », relève-t-il. Le festival des Tourelles accueille par exemple le pianiste Giovanni Mirabassi, mais aussi Adelaïde Ferrière, révélation des Victoires de la musique en 2017 et le trompettiste Stéphane Belmondo, en guest, le dimanche. « C’est une chance incroyable », promettent les deux directeurs artistiques, qui insistent sur les tarifs accessibles de l’évènement. Ces artistes prestigieux viendront ensuite se fondre dans la masse autour d’un moment épicurien, fait de grands crus et de produits régionaux. « Pour échanger avec le public, sans barrière ni distance. » L’esprit du couple et celui de leur musique. La note du festival des Tourelles.

  • Festival des Tourelles, 21, 22 et 23 juin, au château des Tourelles de Morvillars. Programmation et billetterie sur le site Web du festival. 35 euros par jour, comprenant un concert de musique classique puis collation, dégustation ou repas et enfin un concert de jazz dans le parc. Pass 3 jours, donnant accès aux six concerts, pour 90 euros. Possibilité de n’assister qu’à un concert et de profiter de la dégustation pour 20 euros.