Montbéliard : quand la technologie s’inspire de la nature au musée du Château

Jusqu’au 5 janvier 2020, le musée du Château des ducs de Wurtemberg accueille une exposition étonnante, celle de la conquête de l’air. Mais cette exposition, intitulée Ovni, objets volants naturellement inspirés, replace la nature au cœur de cette histoire.

Jusqu’au 5 janvier 2020, le musée du Château des ducs de Wurtemberg de Montbéliard accueille une exposition étonnante, celle de la conquête de l’air. Mais cette exposition, intitulée (malicieusement?) Ovni, objets volants naturellement inspirés, replace la nature au cœur de cette histoire. Le musée propose un parcours scénique immersif pour appréhender ce périple.

« Depuis la nuit des temps, l’homme rêve de pouvoir voler », relève en préambule la direction des musées de Montbéliard dans son dossier de presse de présentation de l’exposition Ovni, objets volants naturellement inspirés. Car « c’est dans la nature que les inventeurs trouvent une inspiration féconde pour concevoir leurs objets volants, des machines les plus folles aux drones futuristes », constate le dossier. Et l’histoire est truffée d’anecdotes appuyant cette idée. « Au XVe siècle, rapporte le dossier de presse, c’est après avoir longuement observé libellules et oiseaux que Léonard de Vinci esquisse d’étranges machines volantes, comme son ornithoptère, aux ailes mues par un homme. Au tout début du XIXe siècle, le vol des corbeaux inspire à George Cayley, un des pères de l’aérodynamique, un projet de planeur aux ailes inclinées. » Même la mythologie grecque rapporte ce désir de voler. Dédale, afin de fuir la Crête par les airs, fabrique des ailes faites de plumes disposées comme celles des oiseaux.

Observer, expérimenter, innover

L’exposition est articulée autour de trois espaces thématiques – observer, expérimenter et innover – où se côtoient animaux, végétaux et machines volantes. Tout au long de cette odyssée, l’idée est donc de repérer comment la conquête de l’air s’inspire « des prouesses » de la nature. « De la graine d’érable au gyroptère, de la libellule au drone, tout commence par l’observation. Graines, insectes, oiseaux, le vol existe sous de multiples formes dans la nature », constate la direction des musées. Ensuite, il est temps de regarder comment cela fonctionne et de le reproduire. « S’arracher du sol et évoluer dans les airs à bord de « plus lourds que l’air » est le fruit de longues études et de nombreux essais », souligne à ce titre le dossier de presse pour évoquer l’importance de l’expérimentation. 

« De l’oiseau mécanique de Pénaud à l’appareil n°2 d’Œhmichen, du planeur de Lilienthal à l’Éole d’Ader, l’exposition permet de découvrir et d’admirer quelques-unes de ces inventions fabuleuses qui ont marqué le XIXe siècle et le début du XXe siècle à travers une présentation de reproductions à échelle réduite », révèle le musée. La bio-inspiration, pour reprendre un terme de l’exposition, est toujours présente dans l’innovation aujourd’hui. « En cherchant à l’imiter, l’homme apprend d’elle. Plus qu’un lieu de simples ressources matérielles, la nature est une source de connaissances et d’expérience », analyse le musée.

Une exposition au château
des ducs de Wurtemberg

Le musée du Château des ducs de Wurtemberg
est situé au cœur de la ville de Montbéliard. Il se dresse sur un éperon rocheux dominant le confluent de la Lizaine et de l’Allan. Constitué de deux grosses tours rondes (1424 et 1590) et d’un corps principal reconstruit en 1751, le château est pendant quatre siècles, de 1397 à 1793, la résidence des ducs de Wurtemberg qui marquèrent le pays de Montbéliard d’une indépendance d’esprit et d’une liberté qui se conforta au XVIe siècle avec la réforme luthérienne. En 1960, le château devient un musée regroupant diverses et riches collections. Depuis 1970, le musée développe également une collection d’art contemporain. La collection des musées de Montbéliard compte à ce jour 600 000 pièces.

Une histoire comtoise

Cette exposition est aussi l’occasion de mettre en valeur le patrimoine technique et industriel de Bourgogne Franche-Comté, témoignant de l’effervescence créative régionale en termes d’innovations technologiques bio-inspirées. Elle s’inscrit notamment dans la célébration en 2019 du 250e anniversaire de la naissance à Montbéliard de Georges Cuvier (1769 – 1832), naturaliste et paléontologue de renom, grand promoteur de l’anatomie comparée. Le pays de Montbéliard a également accueilli le père de l’hélicoptère, Étienne Œhmichen. Il a été ingénieur à Peugeot, à Valentigney. Et il est l’auteur du premier vol d’un kilomètre réalisé en circuit fermé, à Arbouans, avec un décollage et un atterrissage à la verticale. Une plaque témoigne toujours de cette performance à l’aérodrome de Courcelles-lès-Montbéliard.

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