Les salariés de Boiron « en colère » contre le plan social

Le centre de distribution de Boiron, à Belfort, ferme le 23 janvier 2021. Une décision annoncée début mars. Depuis, les négociations accompagnant les 646 suppressions de postes patinent. Les indemnités de départ proposées sont minimales dénoncent les syndicats. À Belfort, une vingtaine de personnes ont débrayé ce mercredi matin pour crier leur colère. Reportage.

Le centre de distribution de Boiron, à Belfort, ferme le 23 janvier 2021. Une décision annoncée début mars. Depuis, les négociations accompagnant les 646 suppressions de postes patinent. Les indemnités de départ proposées sont minimales dénoncent les syndicats. À Belfort, une vingtaine de personnes ont débrayé ce mercredi matin pour crier leur colère. Reportage.

Une vingtaine de personnes a débrayé, ce mercredi matin, au centre de distribution des laboratoires Boiron de Belfort. Un centre qui emploie 18 personnes. Le site assure la distribution des produits homéopathique dans le haut Doubs, le Territoire de Belfort et en Alsace. Le cortège de manifestants s’est ensuite positionné boulevard Pierre Mendès-France à proximité de la sortie de l’A36, en face de la station Total. En parallèle, près de 300 personnes ont manifesté devant le siège du leader mondial de l’homéopathie, à Messimy, près de Lyon, à l’appel de l’intersyndicale FO, CGE-CGC et CFDT. Depuis le trottoir, les manifestants interpellaient les automobilistes sur leur situation. Début mars, le leader mondial du secteur a annoncé la suppression de 646 postes, sur un total de 2 500 salariés, soit un quart des effectifs. la fermeture de 12 centres de distribution et d’1 centre de production, à Montrichard (Loir-et-Cher). Le plan prévoit aussi la création de 134 postes. L’unité de Belfort doit fermer le 23 janvier 2021.

 « Au niveau des indemnités, Boiron propose le minimum syndical », dénonce Véronique Thurnherr, déléguée syndicale Force ouvrière. « Ce n’est pas une belle reconnaissance pour des salariés qui ont tout donné, notamment pendant la campagne contre le déremboursement », poursuit-elle. Au mois de mars, Boiron justifiait le plan par le déremboursement progressif de l’homéopathie. Depuis le 1er janvier, l’homéopathie, qui fut un temps remboursée à 65% avant de tomber à 30%, ne l’est en effet plus qu’à 15%. Ce taux tombera à zéro en 2021. « Le déremboursement n’est que la partie émergée de l’iceberg », regrette cependant Véronique Thurnherr, qui rappelle quelques chiffres de l’entreprise. Le chiffre d’affaires de Boiron est estimé à 537 millions d’euros en 2020, soit une baisse de 3,7 % par rapport à 2019. L’industriel enregistre également une trésorerie nette de 228 millions d’euros et le résultat net devrait s’élever à 18,9 millions d’euros à la fin de l’année. Dans une interview accordée à Zone bourse, la directrice générale de Boiron, Valérie Lorentz-Poinsot, annonce que le plan de sauvegarde de l’emploi devrait coûter 59 millions d’euros à l’entreprise.

"Méprisées"

Les salariés dénoncent surtout le « flou », qui entourent les discussions du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), regrette Liliane, syndiquée à la CFDT. « On veut des indemnités dignes du préjudice subi », embraie Véronique Thurnherr. « On est le 16 septembre. Ça ferme le 23 janvier », rappelle l’élue syndicale. Et le personnel ne peut pas « se projeter ». Véronique Thurnherr ne croit pas non plus aux dispositifs de reclassement engagés par un cabinet extérieur. « On sait la situation actuelle de l’emploi dans la région. On ne croit pas au miracle », souffle-t-elle. « On a tous monté cette boite, fait des sacrifices et on s’est adapté, tance Liliane. Merci Boiron. » Liliane est arrivée au centre de Belfort en 1980, alors que le site existe depuis 1975. Il a d’abord été en vieille ville, puis à la place de l’établissement français du sang et rue Albert-Camus, toujours dans les Hauts-de-Belfort.

La « colère » et le « dégoût » sont sur de nombreuses lèvres. En novembre 2017, les salariés ont déjà fait des sacrifices. Centre de préparation et de distribution, Belfort est devenu que centre de distribution. « Je suis passée de technicienne supérieure de préparatoire à technicienne logistique », regrette Liliane. Elle a eu une baisse de coefficient. À l’époque, on proposait de poursuivre le métier de préparatrice à Strasbourg… Qui fait également partie des sites qui vont fermer. Véronique Thurnherr dénonce un certain « cynisme ». « On est méprisées », souffle Liliane.

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