Le taux d’occupation des lits de réanimation inquiète l’hôpital Nord-Franche-Comté

La 3e vague se renforce en Bourgogne-Franche-Comté. Dans le Territoire de Belfort également. La pression remonte à l’hôpital Nord-Franche-Comté, particulièrement préoccupé par le nombre de personnes en réanimation.

La 3e vague se renforce en Bourgogne-Franche-Comté. Dans le Territoire de Belfort également. La pression remonte à l’hôpital Nord-Franche-Comté, particulièrement préoccupé par le nombre de personnes en réanimation.

Déjà plus d’un an de crise. Les vagues de la covid-19 se succèdent mais ne se ressemblent pas non plus à l’hôpital Nord-Franche-Comté. Elles sollicitent toujours autant des agents marqués par une « démoralisation évidente », dixit Pascal Mathis, directeur de l’établissement, mais chacune apporte ses spécificités. Aujourd’hui, le centre hospitalier installé à Trévenans accueille 47 patients pour des formes graves de la covid-19, dont 14 en réanimation. Et c’est ce chiffre qui est inquiétant selon le directeur. Un patient sur trois hospitalisé pour covid-19 est en réanimation. « Ce n’était pas du tout le cas lors de la 2e vague », observe le directeur, en poste depuis le printemps 2020. Le variant anglais, responsable de la majorité des cas covid-19 dans le secteur, est « plus contagieux et plus agressif », avance comme première raison Pascal Mathis.

À rebours, l’importance de la vaccination dans les Ehpad entraîne aussi un fait nouveau : l’hôpital accueille moins de patients qui ne pourraient pas être placés en réanimation. Ces deux facteurs contribuent à expliquer la part importante des patients en réanimation dans le total des patients accueillis pour une forme grave. La docteure Anne-Sophie Dupond, présidente de la commission médicale d’établissement (CME), observe que la population accueillie est plus jeune, et sans forcément avec des facteurs de risque.

« On se prépare »

En termes de places disponibles, l’établissement n’a pas encore besoin de pousser les murs. Mais si la situation s’aggrave et que la part de patients en réanimation se maintient, la situation va considérablement se dégrader. Aujourd’hui, 20 lits en réanimation sont ouverts pour des patients covid-19, sur une trentaine de lits disponibles. Mais s’il faut augmenter, il faudra encore déprogrammer des actes opératoires. Aujourd’hui, deux tiers de l’activité chirurgicale sont maintenus. De fait, l’hôpital Nord-Franche-Comté pourrait se retrouver en difficulté même en accueillant moins de patients covid-19, simplement car la réanimation s’est remplie beaucoup plus vite. Les services de réanimation mobilisent énormément « de matériel et de personnes », explique Pascal Mathis.

Cette activité covid-19 s’inscrit toujours en parallèle d’une activité soutenue de l’établissement hospitalier. Les urgences enregistrent le passage de plus de 200 personnes quotidiennement ; lors de la première vague, ce chiffre était divisé par deux.

L’établissement a observé une accalmie en début d’année, mais accueillant toujours au minimum cinq ou six patients covid-19 en réanimation. Aujourd’hui, les indicateurs repartent à la hausse. « On se prépare », assure Pascal Mathis. Ce vendredi 2 avril au soir, le taux d’incidence est de 299 pour 100 000 habitants dans le Territoire de Belfort, contre 203 la semaine dernière. En Bourgogne-Franche-Comté, le taux est de 310 et de 427 dans le Doubs. Le taux de positivité des tests est passé de 6,2 à 8,3 % en une semaine. « Il n’y a pas de fatalité », rappelle la docteure Anne-Sophie Dupond, qui glisse que les meilleures armes restent les gestes barrières. Tous appellent à la vigilance à l’occasion de ce week-end pascal. Pas plus de 6 à la maison, toujours un masque si on est à moins de 2 mètres, même dehors.

Interdiction de consommer de l’alcool sur la voie publique

Tous les évènements ou rassemblements de plus de 6 personnes sont interdits dans l’espace public. « En outre, à l’exception des manifestations revendicatives déclarées, et afin de limiter les brassages de population, l’ensemble des événements organisés dans l’espace public devront être annulés », annonce également la préfecture du Territoire de Belfort, qui relaie le renforcement des mesures de restriction. Le préfet du Territoire de Belfort a également pris un arrêté interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique et la vente à emporter, pour limiter les rassemblements de personnes pouvant consommer de l’alcool « et donc favoriser la propagation du virus par le non-respect des gestes barrières ». « Aucune tolérance ne sera accordée par les forces de l’ordre qui veilleront à l’application de l’ensemble des mesures sanitaires, en procédant à des contrôles renforcés et à des verbalisations le cas échéant », insiste-t-il. Toute personne ne respectant pas ces restrictions s’expose à une amende de 135 euros, pouvant monter jusqu’à 3750 euros en cas de récidive.

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