Municipales : le deuxième tour reporté sur fond de concorde politique

Le ton a considérablement changé vis-à-vis du report du 2nd tour des élections municipales, organisées normalement ce dimanche 22 mars. L’opposition rejetait initialement cette possibilité, la semaine dernière. Plus maintenant. Tout le monde réclame le report. Le président de la République tranche ce soir.

Claire Gallen – AFP

Emmanuel Macron a annoncé lundi le report, en pleine crise du coronavirus, du second tour des élections municipales, prévu dimanche 22 mars, que le gouvernement envisage d’organiser au plus tard en juin. Depuis dimanche, un certain consensus se ddégageait sur ce sujet. – mis à jour le 17 mars à 9h57.

Emmanuel Macron a annoncé lundi le report, en pleine crise du coronavirus, du second tour des élections municipales, prévu dimanche, que le gouvernement envisage d’organiser au plus tard en juin, une mesure largement saluée dans la classe politique. « Le Premier ministre » Edouard Philippe « en a informé aujourd’hui même les chefs de parti représentés au Parlement. Cette décision a fait l’objet d’un accueil unanime », a affirmé le chef de l’État dans son intervention télévisée annonçant le confinement de la France.

Ce report ne concerne toutefois que 5 000 des 35 000 communes de France puisque les élections qui ont été conclues à l’issue du premier tour dimanche dernier « sont acquises », a certifié le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. « Nul ne comprendrait en effet que les résultats réguliers d’élections organisées conformément aux lois de la République (…) soient remis en cause », a-t-il insisté.

Pour le second tour, nécessaire dans 5 000 communes, le gouvernement travaille sur « un projet de loi » qui reporte ce scrutin à une date ultérieure, au plus tard au mois de juin. » Le texte prévoit de commander un rapport « dans un délai de six semaines au plus » au conseil scientifique créé pour la gestion de la crise sanitaire du coronavirus, afin de statuer sur la possibilité d’organiser les élections « au plan sanitaire ».

Ce document, qui serait donc remis en mai au plus tard, serait ensuite présenté « à l’ensemble des forces politiques », a ajouté M. Castaner, et « c’est avec elles que nous prendrons la décision précise (…) du choix de la date qui est possible d’ici à la fin du mois de juin ». Le Premier ministre Édouard Philippe a ouvert la porte de ce report dans l’après-midi en recevant les chefs de partis, leur proposant notamment la date du 21 juin.

Mercredi, un Conseil des ministres devrait annuler la convocation du second tour dans les délais actuels et présenter un projet de loi, notamment pour prolonger les mandats des maires où le premier tour n’est pas conclusif et régler des problèmes liés aux comptes de campagne, selon un compte-rendu obtenu de sources parlementaires.

L’idée d’un report, qui aurait hérissé il y a une semaine, a été largement saluée lundi. « Côté Républicains nous avons accepté » cette proposition qui « nous semble équilibrée », a affirmé sur BFMTV le patron des députés LR Damien Abad. « C’est ce que nous avions plaidé, cela concilie santé publique et démocratie », a affirmé à l’AFP le secrétaire national d’EELV Julien Bayou en soulignant que « cela n’aurait pas eu de sens de dire, avec tous ces électeurs qui se sont déplacés, « En fait c’était pour rire » ».

Des campagnes stoppées

Depuis le week-end, l’hypothèse d’un report tenait la corde. « La situation sanitaire de notre pays doit guider l’ensemble de nos décisions », a insisté lundi matin le patron du PS Olivier Faure, selon qui organiser le second tour dans ces conditions « apparaîtrait lunaire ». De nombreux candidats ont arrêté leur campagne lundi: Agnès Buzyn (LREM) et Cédric Villani (ex-LREM) à Paris, Jacques Kossowski (LR) à Courbevoie et Damien Meslot (LR) à Belfort, François Rebsamen (PS) à Dijon…

« Le second tour n’aura manifestement pas lieu compte tenu de l’aggravation prévisible de l’épidémie » a affirmé dimanche soir la présidente du RN Marine Le Pen, qui a décidé de se confiner « par précaution » chez elle lundi. Emmanuel Macron avait dès jeudi dernier envisagé le report du scrutin, premier tour compris. Mais l’opposition, notamment de droite, était immédiatement montée au créneau.

« Si c’était le cas, c’est un coup d’État », s’était ainsi indigné le président des Républicains Christian Jacob, tandis que le numéro deux du RN Jordan Bardella dénonçait un « amateurisme (…) extrêmement inquiétant pour la suite ». Martine Aubry et Anne Hidalgo (PS) avaient fait savoir leur totale opposition.

Changement de ton samedi soir: dans la foulée de nouvelles mesures de confinement annoncées par Edouard Philippe, des élus de tous bords ont réclamé un report des élections. Dimanche, l’abstention a atteint un record (56%). Le bilan de l’épidémie est passé à 120 morts et 5 400 cas. Christian Jacob est testé positif au coronavirus. Le ton alors a définitivement basculé dans la classe politique.

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