La préfecture veut booster tous les projets novateurs

Mécanique, économie, agriculture : le préfet du Territoire, David Philot, veut favoriser l’émergence et l’aboutissement de projets. Un peu plus d’un mois après son arrivée dans le département, il en cerne les atouts, qu’il veut démultiplier.

Mécanique, économie, agriculture : le préfet du Territoire, David Philot, veut favoriser l’émergence et l’aboutissement de projets. Un peu plus d’un mois après son arrivée dans le département, il en cerne les atouts, qu’il veut démultiplier. Ceci en mettant en œuvre sa volonté de créer des dynamiques entre les acteurs du Territoire.

Le nouveau préfet du Territoire de Belfort, depuis son arrivée fin octobre, consulte, reçoit, visite des entreprises, échange avec les responsables associatifs, les acteurs du monde économique, les porteurs de projets. De ces rencontres, David Philot a tiré la conclusion qu’il fallait faciliter les rencontres entre les acteurs de trois filières principales (d’autres pourront émerger par la suite) : la mécanique (y compris la robotique) ; l’énergie (y compris l’hydrogène) ; l’agriculture (y compris la filière piscicole). Le préfet estime en effet que ces secteurs présentent des perspectives de développement économique, mais qu’il est de son rôle de jouer les facilitateurs, voire les accélérateurs, afin que les bonnes idées se concrétisent en une année plutôt qu’en vingt ans.

Autrement dit, s’il se montre attentif au dossier General Electric et au devenir des grandes entreprises, son regard se tourne vers les PME-PMI, qu’il estime porteuses de projets et d’emplois, mais qui ne disposent pas forcément de la force de frappe pour mettre en œuvre leurs projets. Avec en filigrane des difficultés en termes de ressources humaines, donc de recrutement de personnes qualifiées dans certains secteurs très précis.

Un Salon de l'hydrogène

Par exemple, dans le domaine de la mécanique et de la robotique, David Philot souhaite voir émerger une plateforme de formations d’intégrateurs en robotique, dont il estime qu’elle fait défaut aujourd’hui pour satisfaire les besoins de recrutement des PME. Sans dessiner encore un projet détaillé, il l’imagine portée par les branches professionnelles, en lien avec les collectivités locales et soutenue par l’État.

Parallèlement, il veut mettre sur pied une feuille de route départementale de l’apprentissage, en s’appuyant sur la loi PACTE, qui prévoit un volet financier dans ce domaine. Et là aussi, il entend jouer un rôle de facilitateur en faisant se rencontrer chambres consulaires, entreprises, acteurs de la formation, pour faire émerger des projets ensuite soutenus par de nouveaux outils mis en place par l’État.

Dans le domaine de l’énergie et de l’hydrogène plus particulièrement, il salue les innovations lancées et les projets menés depuis une vingtaine d’années dans ce domaine, mais avertit : « Il ne faut pas se contenter des positions acquises. » D’autres régions françaises travaillent en effet sur l’hydrogène et avancent leur pions. Le préfet lance donc l’idée d’un Salon de l’hydrogène à Belfort, qui serait d’ampleur internationale. « Il faut se faire rencontrer les acteurs de la filière », insiste-t-il, conscient que des projets émergent ou se concrétisent. Une façon de créer des opportunités.

Autre filière pour laquelle le préfet voit des perspectives : l’agriculture. En s’appuyant tout d’abord sur les productions existantes, à savoir le lait et la viande. Dans le secteur agricole comme dans la mécanique et l’hydrogène, il cherche à apporter de la valeur ajoutée. Et en l’occurrence, rendre de la valeur ajoutée aux agriculteurs, donc améliorer les revenus qu’ils tirent de leur production. « Consommez local », pourrait être son slogan. Dans cet esprit, il veut favoriser l’émergence de points de vente directe du nord au sud du Territoire de Belfort. Il a ainsi visité une structure en cours de création à Grosmagny, suit des projets à Belfort et a déjà trois contacts de porteurs de projets dans le sud Territoire.

Avec la Chambre d’agriculture, il a lancé un processus de recensement des espaces de maraîchage disponibles, pour tenter de refaire émerger cette filière aujourd’hui disparue dans le Territoire. Il estime en effet que ce réseau de vente directe doit être à même de répondre à l’ensemble des demandes des consommateurs, depuis le steak haché jusqu’aux légumes, en passant par le fromage le plus local possible. Et il sensibilisera les structures de restauration collective dépendant plus ou moins de l’État (hôpital, armée) pour avoir recours aux produits locaux dans la confection des repas.

Autre piste de réflexion pour le préfet : la carpe. « Il y a 2000 étangs dans le département », souligne-t-il, tout en déplorant que les carpes que l’on trouve dans les assiettes des Terrifortains ne viennent pas de ces étangs-là, mais souvent de l’étranger. Là aussi, il compte faire se rencontrer les acteurs qui pourraient faire émerger une nouvelle filière porteuse de valeur ajoutée pour le département.

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