Jonathann Daval capable de « réactions impulsives et non maîtrisées »

Jonathann Daval procès novembre Vesoul

Jonathann Daval, qui a reconnu avoir violemment frappé et étranglé son épouse Alexia, est capable d’avoir « des réactions impulsives et non maîtrisées », selon un expert entendu jeudi au quatrième jour du procès devant la cour d’assises de Haute-Saône.

(AFP)

Jonathann Daval, qui a reconnu avoir violemment frappé et étranglé son épouse Alexia, est capable d’avoir « des réactions impulsives et non maîtrisées », selon un expert entendu jeudi au quatrième jour du procès devant la cour d’assises de Haute-Saône. Le procès a repris normalement, ce jeudi matin, après accord des médecins, à la suite du malaise de Jonathann Daval, ce mercredi soir.

« Jonathann Daval n’existe pas, il n’existe qu’en fonction du regard des autres », a relevé le psychologue Tony Arpin. Il a une « personnalité caméléon », « une mauvaise image de lui-même » et « donne à paraître ce qu’on veut qu’il soit », a poursuivi l’expert qui l’avait rencontré trois mois après son interpellation pour le meurtre de sa femme Alexia en octobre 2017. L’accusé a longtemps été dans le « déni » de son crime, c’est un « mécanisme de défense » : « pendant trois mois il s’est persuadé que ce n’était pas lui » tant « il ne supporte pas que son image soit ternie », estime le psychologue. Puis quand les faits sont là, il les a fuis en accusant un autre, son beau-frère.

Mercredi Jonathann Daval s’est évanoui lors de son interrogatoire. Pour l’expert, « son corps à parlé ». Il n’a pas pu échapper à ce qu’il a fait. Jonathann Daval n’est « pas un homme, c’est un enfant », dit M. Arpin, comme l’a estimé aussi la mère d’Alexia. « Il ne peut pas prendre des responsabilités », ce que lui reproche sa femme, « donc il fuit ». Et « avec son épouse, il fait face à l’impossibilité de devenir un homme en devenant lui-même père », en raison de ses problèmes d’érection qui perdurent malgré un fort traitement médicamenteux, note pour sa part l’expert psychiatre Joffrey Carpentier.

Probabilité d'un traumatisme sexuel dans sa petite enfance

Ce dernier ne relève aucune pathologie psychiatrique chez l’accusé qui reste néanmoins « dangereux sur le plan criminologique », selon lui. Le soir du meurtre, Jonathann Daval a expliqué qu’il avait eu une dispute avec Alexia au sujet de son comportement. Il a reconnu l’avoir violemment frappée et étranglée. « Il était prêt à supporter beaucoup de choses, mais un mot, une parole a sûrement déclenché toute cette fureur qu’il avait en lui depuis longtemps », estime Tony Arpin. S’il sent qu’une situation va « lui échapper, il peut avoir des réactions tout à fait impulsives et non maîtrisées, c’est la faille narcissique », ajoute-t-il.

Son avocat, Me Randall Schwerdorffer, évoque un possible « effet cocotte-minute » que l’expert juge « tout à fait envisageable ». L’avocat général, Emmanuel Dupic, comme les parties civiles, a émis l’hypothèse qu’Alexia voulait quitter Jonathann. « M. Daval ne peut pas envisager que l’objet aimé le quitte », abonde le psychologue.

Enfant chétif et fragile, touché par d’importants problèmes de surdité et un retard de parole jusqu’à l’âge de 5 ans, Jonathann sera un adolescent fragile, brimé par ses camarades quand il devra porter un corset pendant deux ans en raison d’une scoliose. Il a souffert du décès de son père, avec lequel il ne vivait pas, à l’âge de 12 ans. À cette époque, Jonathann Daval développe des troubles obsessionnels compulsifs qui pourraient être liés, selon Tony Arpin, à un traumatisme sexuel subi dans sa petite enfance, dont il ne se souvient plus.

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