Héricourt : une classe d’élèves avec polyhandicaps ouvre à la rentrée à l’école Borey

L’école André-Borey, à Héricourt, va accueillir en septembre 2022 la première unité d’enseignement externalisé (UEE) spécialisée dans le polyhandicaps, de l’académie de Besançon. Le projet est porté avec l’AdapeI Éveil 70, le pôle enfance de l’institut médico-éducatif d’Héricourt.

L’école André-Borey, à Héricourt, va accueillir en septembre 2022 la première unité d’enseignement externalisé (UEE) spécialisée dans le polyhandicaps, de l’académie de Besançon. Le projet est porté avec l’AdapeI Éveil 70, le pôle enfance de l’institut médico-éducatif d’Héricourt.

« Nous avons à l’école la société du futur. » En quelques mots, Jean-François Chanet, recteur de l’académie de Besançon, replace les enjeux de l’inclusion scolaire. Demain se construit aujourd’hui. De fait, si l’on veut une société plus inclusive demain, il faut que l’école le soit dès aujourd’hui. En côtoyant dès à présent le handicap, on pourra mieux l’accepter demain.

Ce futur se dessine à l’école André-Borey, à Héricourt. À la rentrée 2022, cette école primaire du centre-ville de la cité de l’est haut-saônois va accueillir la première unité d’enseignement externalisé (UEE) spécialisée dans le polyhandicaps, de l’académie de Besançon. Il n’y a que trois classes de ce type en France. Héricourt sera la quatrième ; en 2023, chaque académie devra avoir une unité d’enseignement externalisé de ce type.

Si Héricourt est en avance, c’est que le projet se construit depuis plusieurs années. L’Adapei Éveil 70, le pôle enfance du groupe associatif Handy Up, qui gère notamment l’institut médico-éducatif (IME) d’Héricourt, a créé en septembre 2019 une unité d’enseignement au sein de son établissement pour accueillir des enfants avec polyhandicaps. Avant, les enfants avaient des créneaux de scolarisation de manière individuelle. Trente minutes par ici. Trente minutes par là. Et des moyens plus limités autour de la scolarisation. Avec l’unité d’enseignement, « on parle de classe et de scolarisation à part entière », confie Anne Fesquet, directrice du pôle enfance. La professionnelle note l’importance de « la dynamique de groupe » et de « l’émulation » dans l’apprentissage. « Les élèves ont acquis [des compétences] qu’ils n’auraient pas acquis seul », se réjouit-elle. C’était une première étape.

Une école plus inclusive

« Depuis 2006, nous nous avons plus que triplé l’accueil des élèves en situation de handicap », confie Julien Roche. Dans l’académie, à la rentrée 2021, on accueillait 5 615 élèves en situation de handicap, enregistrant ainsi une croissance de 25,6 % entre 2015 et 2021. La moitié des élèves porteurs de handicaps sont scolarisés en milieu ordinaire. Il n’y  a pas que des dispositifs. Près de la moitié de ces 5 615 élèves ont une aide notifiée par la maison départementale des personnes handicapés. On compte aussi 1 763 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui sont aux côtés des élèves. 55,3 millions d’euros sont consacrés à l’école inclusive, dont 26,6 millions d’euros à l’aide humaine, qui a augmenté de 125 % entre 2015 et 2021.

Aujourd’hui, la structure franchit encore « une marche », image la directrice. Dès le mois de septembre, cette classe va s’installer dans les locaux de l’école André-Borey. Six à huit élèves avec polyhandicaps, âgés de 6 à 12 ans, seront scolarisés au cœur de l’école. Toutes ces étapes ont été franchies grâce à des moyens supplémentaires, notamment humains.

Le regard a changé

L’école André-Borey accueille 123 élèves, répartis dans cinq classes. Elle compte aussi un regroupement Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire), un premier dispositif d’inclusion. Elle dispose également, depuis plusieurs année, d’une unité d’enseignement externalisé, accueillant des enfants avec des déficiences intellectuelles ou souffrant de trouble du spectre autistique. Le terrain est donc propice pour renforcer les liens existants entre l’univers médico-social et l’Éducation nationale. Et répondre ainsi à une nouvelle logique « d’une frontière » plus « poreuse » entre ces deux milieux, insiste Julien Roche, conseiller technique du recteur sur les questions du handicap et de l’inclusion scolaire.

L'école André-Borey, à Héricourt, accueille déjà une unité d'enseignement externalisé, pour les élèves souffrant de déficiences intellectuelles ou de troubles du spectre autistique (©Le Trois).

Les conditions d’accueil et les moyens humains sont essentiels pour garantir la réussite ; les enseignants l’ont rappelés lors de la visite du recteur à l’école, ce lundi après-midi. Auparavant, l’unité d’enseignement n’avait pas, par exemple, un enseignant dédié à temps complet. C’est le cas aujourd’hui. Et Blandine, la professeure des écoles de l’unité, de confier : « Être à plein temps me permet d’échanger plus facilement avec les collèges, de participer. Ces temps en dehors de la classe favorise l’inclusion. » Depuis trois ans, l’équipe de la classe est aussi stable. Blandine est accompagnée de Raphaël, un éducateur spécialisé. Et on voit bien l’importance « de la complémentarité ». 

Avec la langue des signes simplifiée, il a ainsi pu permettre aux élèves de la classe d’apprendre une poésie étudiée par les autres élèves de l’école. Cet outil permet d’engager l’apprentissage des élèves. Et fait office de moyens mnémotechniques lorsque l’on récite ; le résultat est bluffant.

Cette stabilité assure surtout « une sécurité affective », insiste l’éducateur spécialisé, condition sine qua non de la progression des élèves. Il faut construire « une école de la confiance », acquiesce le recteur. Autant pour les élèves que les professeurs. Les professionnels ne doivent donc pas être abandonnés. « Cela peut faire peur », reconnait Reynald Chagrot, le directeur de l’école, tout aussi convaincu de la pertinence de l’inclusion. « La direction dans laquelle on doit persévérer, c’est la formation », admet Jean-François Chanet, en aparté de la visite. Des options existent déjà à l’institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspe). Mais le recteur note l’importance de la formation « sur le terrain », « pour réunir les acteurs ». La préparation est donc essentielle. « Nous essayons de travailler en amont, note Julien Roche, pour créer les conditions d’accessibilité. »

Pour accueillir les deux unités d’enseignement dans l’école, l’Adapei Éveil 70 va investir 140 000 euros pour réaménager les actuels bâtiments. Deux salles de classe sont prévues, ainsi qu’un bureau pour les équipes, une salle de change, une salle de retrait pour que les enfants puisse s’isoler si besoin et une pièce pour faire de la rééducation ; le projet est soutenu par la mairie d’Héricourt et l’agence régionale de santé (ARS). Les enfants seront à l’école le matin. Ils retourneront à l’IME pour déjeuner et y resteront l’après-midi. Ils y rencontreront peut-être les élèves de l’école André-Borey venus à l’IME participer à des ateliers d’horticulture. Dans une logique d’inclusion inversée. Une autre manière de construire le vivre ensemble.

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