« General Electric, ça suffit ! » : le cri d’alerte des gauches belfortaines

Des forces de gauche belfortaines et la CGT site de General Electric ont signé une tribune commune face au démantèlement de la filière industrielle de production d’électricité. Ils appellent à « une stratégie publique » et disent : « General Electric, ça suffit ! » La lettre ouverte est adressée « aux dirigeants du pays ».

Des forces de gauche belfortaines et la CGT site de General Electric ont signé une tribune commune face au démantèlement de la filière industrielle de production d’électricité. Ils appellent à « une stratégie publique » et disent : « General Electric, ça suffit ! » La lettre ouverte est adressée « aux dirigeants du pays ».

Il y a bien longtemps que tous ces noms ou groupes politiques n’étaient pas apparus les uns à côté des autres ! Unis, par une même cause. Des conseillers municipaux d’opposition du collectif En commun Belfort, comme Mathilde Regnaud-Nassar ou René Schmitt (EELV), avec des personnalités de Belfort en Grand, comme Samia Jaber, Bastien Faudot (GRS) et Jacqueline Guiot (Génération.S). Le Parti communiste français s’est associé à cette démarche, ainsi qu’Europe-Écologie-Les-Vert (EELV), La Gauche républicaine et socialiste (GRS), Génération.S et La France insoumise (LFI). Dans les personnalités politiques, on observe la présence de Bertrand Chevalier, porte-parole du PCF de Belfort et ancienne tête de liste aux élections municipales, de Gérald Loridat (LFI), conseiller municipal d’opposition à Bavilliers, de Daniel Bour, adjoint au maire de Delle, de Christian Rayot, conseiller départemental et président de la communauté de communes Sud Territoire (CCST) et de Sylvie Rigenbach, conseillère départementale d’opposition. S’ajoute à ces signataire, le syndicat CGT GE Belfort site, qui rayonne sur plusieurs entités. Et qui a sollicité la presse.

Disparition des compétences

« 5 ans seulement après le rachat de la branche énergie d’Alstom, GE accélère son calendrier de démantèlement de la filière de production d’électricité́ », déplorent les signataires dans la tribune. « Après les 485 suppressions d’emplois programmées dans l’entité́ gaz en octobre 2019, dont la mise en œuvre n’est pas encore achevée, ce sont 707 nouvelles suppressions d’emplois qui sont annoncées dans les énergies renouvelables, 89 dans l’entité́ Hydro et 618 dans l’entité́ Grid Réseaux. D’autres plans moins médiatiques ont supprimé́ dans la période récente 107 emplois dans les services informatiques, 200 emplois dans l’entité́ Steam sous forme de départs volontaires, 200 emplois dans les fonctions support. La fin de la production des centrales à charbon entrainera par ailleurs d’autres fermetures de sites et des suppressions d’emploi », énumère également la tribune. Qui cite ensuite les nombreuses villes touchées comme Belfort : Villeurbanne, Chonas, Grenoble, Nantes…

« Cette absence de stratégie place toutes les activités de GE en difficulté́. Retards dans les livraisons, retards dans l’innovation technologique, sous-qualité́ chronique, perte de cohérence interne, ne permettent plus de garantir aux actionnaires les taux de profitabilité́ attendus, en dépit des subventions publiques massives et de tous les mécanismes d’évitement fiscal mis en œuvre », observent les signataires, amers. Ils interpellent sur les menaces qui planent sur la disparition des compétences et des capacités de production.

État stratège

L’économie française repose depuis plusieurs siècles sur la consommation d’énergie fossile. Le réchauffement climatique impose de sortir de ce schéma. « L’enjeu n’est rien moins que décarboner une économie qui dépend à 70% du pétrole et du gaz ! écrivent les signataires de la tribune. Face à ce défi considérable, la France a besoin d’une filière énergétique complète : recherche, production et distribution. Car notre sécurité́, notre économie, nos emplois, notre contrat social, la viabilité́ de notre planète dépendent entièrement de notre souveraineté́ énergétique, des solutions technologiques d’avenir et des coopérations internationales que nous serons capables de mobiliser. »

Les auteurs de cette lettre ouverte alertent sur l’urgence de traiter ce sujet du devenir des activités de General Electric, au regard de ces enjeux. Ils demandent un moratoire sur les plans de suppression d’emploi de l’industriel américain, qui représente « un tiers du potentiel industriel pour la production d’énergie en Europe ».

« La logique financière court-termite s’avère incapable de garantir le développement industriel qu’exige la fourniture d’une électricité́ décarbonée et accessible à toutes et tous », peut-on lire dans la tribune. Les signataires demandent que la puissance publique « organise la formation », soutienne la recherche et « stimule l’activité́ », en passant des commandes publiques. « Elle doit retrouver la maîtrise des outils et savoir-faire industriels », insistent les signataire. Ils invitent à utiliser les leviers financiers tel que la Banque publique d’investissement (BPI) et les budgets des collectivités locales.

Leviers judiciaires

Les auteurs de la tribune rappellent également l’existence de leviers judiciaires, liés aux engagements contractés lors du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2015 et qui ne sont aujourd’hui pas tenus. «  L’État doit prendre ses responsabilités », écrivent-ils et rappellent que les engagements ont été pris alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Économie.  « À défaut, nous encouragerons les collectivités locales à saisir la justice pour se retourner contre l’État qui faillit à faire respecter ses intérêts », relèvent-ils également.

Enfin, les signataires invitent à réfléchir à l’après General Electric. « Il y a urgence à̀ faire émerger de nouveaux acteurs français et/ou européens de l’énergie qui pérenniseront l’activité́ de nos sites industriels, les savoir-faire de nos salariés ; de nouveaux acteurs qui prépareront la nécessaire transition énergétique en développant une filière industrielle reposant sur un mix énergétique. »

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