Entreprises : « Le premier semestre 2021 va être très difficile »

Voeux 2021 communs de la chambre de commerce et d'industrie (CCI), de la chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) et de la chambre d'agriculture.

Les chambres consulaires ont fait des vœux communs, de manière numérique. Elles insufflent un vent d’optimisme, même si elles sont conscientes des difficultés à venir, compte tenu de la crise sanitaire et économique qui a animé l’année 2020.

En ce début d’année, les chambres consulaires insufflent un vent d’optimisme, même si elles sont conscientes des difficultés à venir, compte tenu de la crise sanitaire et économique qui a animé l’année 2020.

« Redonner confiance à nos troupes. » C’est le message des chambres consulaires en ce début d’année 2021, dans le Territoire de Belfort. Et il a été formulé ce mardi par Alain Seid, le président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Territoire de Belfort, à l’occasion d’une conférence de presse. Avec ses homologues de la chambre des métiers et de l’artisanat (CMA), Christian Orlandi, et de la chambre d’agriculture, Georges Flotat, il avait envie de « communiquer ».

L’année a été éprouvante pour tout le monde. Ils se sont mobilisés pour soutenir leurs ressortissants. Ils se sont associés, notamment, pour fournir du matériel de protection individuelle, comme des masques et du gel hydro-alcoolique, en se fournissant auprès de producteurs locaux. Une plateforme téléphonique a été mise en place pour accompagner les entreprises dans les méandres des 300 lignes d’aides accessibles. Un site Internet a aussi été mis en place.

Pas encore trop de défaillances

Même si on veut insuffler de la confiance, « l’année 2021 commence guère mieux », adhère Christian Orlandi. « Il ne faut pas laisser les entreprises dans cette catastrophe économique », poursuit-il. Aujourd’hui, certaines entreprises vivent « sous perfusion ». Les chambres consulaires demandent l’annulation des charges. Ils saluent les aides, mais relèvent aussi les effets pervers : le décalage des charges ; les prêts ; les attentes de paiement parfois.

Le tribunal de commerce n’a enregistré que très peu de radiations, de règlements judiciaires ou de liquidations en 2020 relève Alain Seid. 135 ouvertures de procédures collectives ont été enregistrées en 2020, contre 230 en 2014, 186 en 2016 et 213 en 2019 rappelle le président de la CCI. Mais de relever que 43 % de ces ouvertures de procédures concernaient des commerçants. « C’est la petite entreprise qui est la plus touchée », déplore-t-il. « Le premier semestre 2021 va être très difficile, estime Alain Seid. La reprise n’est pas du tout au rendez-vous, notamment pour les métiers de la consommation. » Les consulaires n’oublient pas la situation dramatique des entreprises de la restauration, de la culture ou de l’évènementiel…

De leurs côtés, le bâtiment travaux publics (BTP) et l’industrie s’en sortent relativement mieux ; la visibilité des carnets de commande est moins bonne, mais ça tourne. Le renforcement des commandes publiques serait de bonne augure insiste Christian Orlandi.

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Le virage du numérique

La crise sanitaire a montré l’importance du numérique dans les entreprises. Et le retard enregistré dans certains secteurs. Pas simple, non plus, pour un commerçant, présent par exemple toute la journée dans sa boutique, de s’y investir. Mais la révolution numérique, c’est déjà disposer d’un fichier client, d’avoir des réseaux sociaux, de pouvoir contacter les clients par sms et de disposer d’un site vitrine, énumère Alain Seid. Autant de choses pour faire venir le client. Car il ne faut pas se tromper de cible : l’enjeu n’est pas forcément, pour un commerçant, d’avoir un site marchand, très onéreux et pas toujours pertinent. Si le click & collect a pu sauver les meubles, il ne représente que 10 à 15 % du chiffre d’affaires mensuel insiste le président de la CCI. Des services et des formations existent au sein des chambres consulaires pour accompagner ce passage.

Petit à petit, on s’approprie quand même les outils numériques, comme on le voit dans l’univers agricole. Si la numérisation a gagné les fermes depuis quelques temps, notamment autour de la traite, la consommation locale encourage à aller plus loin. La chambre d’agriculture a surfé, pendant la crise, avec le conseil régional, sur l’emballement autour des produits locaux, en adhérant à la plateforme jveuxdulocalbfc.fr « La demande est forte, apprécie Georges Flotat, premier vice-président de la chambre d’agriculture Doubs-Territoire de Belfort. Mais il faut la satisfaire. » Aujourd’hui, près de 20 % des exploitations proposent de la vente directe. Mais il rappelle que le métier premier des agriculteurs est de produire, vendre en est un autre. « Cela s’apprend. »

Apprendre, justement, c’est l’une des principales inquiétudes de Christian Orlandi. « En 2020, on a foutu en l’air toutes les formations en entreprises. Les gamins qui vont arriver à l’examen de CAP, ce sera la catastrophe, car ils n’auront que du théorie et pas la découverte du métier. On est en train de bousiller la formation des gamins », regrette-t-il. 2020 a fragilisé de nombreuses situations. Et l’avenir n’est pas très dégagé. Mais les consulaires veulent être optimistes. « On s’adapte », comme le résume Georges Flotat.

Face à Amazon, cultiver sa différence

Le dossier de l’installation d’une plateforme Amazon à l’Aéroparc de Fontaine a agité la fin d’année (notre dossier). Qu’en pense le président de la CCI, lui-même commerçant en centre-ville ? S’il y a de l’emploi, pourquoi pas, peut-on résumer, même s’il n’est pas insensible à l’impact environnemental. Sa logique : si le géant du e-commerce de n’installe pas ici, il le fera ailleurs. Il rappelle la devise : « Tu cliques et en 2 heures tu es livré. » Il dit qu’on ne peut pas lutter « contre un dogme qui nous dépasse », mais veut jouer sur la force des commerces de proximité et rappelle la loi de Pareto : 80 % de ton chiffre d’affaires est réalisé par 20 % de ta clientèle. « Il faut donc un fichier client qui fonctionne, qui soit à jour, avoir le bon produit, au bon moment et au bon prix », suggère-t-il. Par contre, il déconseille à ses homologues de vendre sur Amazon ou de négocier avec eux. « C’est se tirer une balle dans le pied. » Il milite pour « le service en plus et la bonne communication », qui est le savoir-faire du commerçant, « un assembleur de produits », résume Alain Seid. Et de rappeler quelques grands équilibres : 500 milliards d’euros sont dépensés environ, chaque année, dans les commerces en France. 18 % l’est par Internet. La majorité reste donc le commerce physique. Par contre, « il ne faut pas attendre », remarque-t-il. « Il faut se positionner. »

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