Christophe Grudler : « Construire cette idée Belfort-Montbéliard et hydrogène »

C’est le message de Christophe Grudler. L’Union européenne soutient Belfort. Et les choix stratégiques autour de l’hydrogène auront des retombées dans le nord Franche-Comté. On attend notamment un soutien imminent à l’usine de McPhy, qui scellerait son implantation à l’Aéroparc de Fontaine.

C’est le message de Christophe Grudler. L’Union européenne soutient Belfort. Et les choix stratégiques autour de l’hydrogène auront des retombées dans le nord Franche-Comté. On attend notamment un soutien imminent à l’usine de McPhy, qui scellerait son implantation à l’Aéroparc de Fontaine.

« L’Europe est aux côtés de Belfort. Il ne faut jamais l’oublier », insiste Christophe Grudler, député européen MoDem, domicilié à Belfort. Et de rappeler un chiffre, en préambule de sa conférence de presse de rentrée, ce lundi 13 septembre. Sur les 282 millions d’euros issus du programme France relance fléchés depuis un an vers le Territoire de Belfort, 112 millions sont issus de fonds européens. Glissant également que ces fonds ne viennent pas du contribuable français mais de ressources propres à l’Union européenne. « Tout ce qui vient abonder le plan de relance français, c’est du bonus », insiste Christophe Grudler. Un bonus que les Anglais n’ont pas, par exemple, n’oublie-t-il pas de rappeler.

C’est du côté de l’hydrogène que le député européen veut rappeler le rôle de l’Europe. Aujourd’hui, l’un des gros projets belfortains liés à l’hydrogène est la possible installation d’une usine d’électrolyseurs de McPhy – qui transforme l’électricité en hydrogène – employant 450 personnes (lire notre article). La construction de cette usine, pour laquelle l’Aéroparc de Fontaine a été retenu comme lieu d’implantation, est suspendue à des fonds européens. Ces fonds liés à un projet important d’intérêt européen commun (Piiec) viennent d’être validés. Les dossiers français retenus dans ce projet seront connus fin septembre, lors du conseil national de l’hydrogène, qui doit se tenir à Belfort, annonce le député, le 30 septembre. « J’ai bon espoir que McPhy soit dedans », précise Christophe Grudler. « Si on n’a pas ce Piiec, on n’a pas McPhy à Belfort », insiste Christophe Grudler. Ces fonds sont des dérogations aux règles du marché commun, qui autorisent des subventions d’État et de l’Europe et qui sont donc en contradiction à la concurrence libre et non faussée, le dogme économique européen.

Une chaire hydrogène du Cnam

L’autre cheval de bataille du parlementaire européen, c’est la formation. Au mois de juin, il a sollicité la ministre déléguée, chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, pour demander l’installation à Belfort d’une chaire d’enseignement du conservatoire national des arts et métiers (Cnam), dédiée à la filière hydrogène. Le dossier a été transmis à Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et c’est en bonne voie. « Le Territoire de Belfort constitue un écosystème reconnu pour l’hydrogène », a validé la ministre dans un courrier adressé à Christophe Grudler, que Le Trois a consulté.

Autre élément, sa volonté de localiser à Belfort une université ouverte de l’hydrogène, autour notamment de l’université de technologie Belfort-Montbéliard (UTBM), de l’université de Franche-Comté et de l’école supérieure des technologie et des affaires (Esta). Belfort serait « une tête de réseau », explique-t-il, associé à d’autres pôles universitaires en Europe. Les retombées seraient importantes « en termes de notoriété », insiste-t-il. Toulouse vient de devenir ce pôle pour l’université ouverte dédiée à l’espace ; 7 millions d’euros sont affectés lors de l’ouverture de cette université. « Il faut construire cette idée Belfort-Montbéliard et hydrogène dans l’esprit », insiste-t-il. Le dossier sera à déposer en 2023. « Il faut que nous soyons prêts et cohérents et que nous jouions en pack : collectivités locales ; parlementaires ; universités… » estime le député européen.

De ces projets autour de l’hydrogène, Christophe Grudler estime que « des efforts locaux » pourraient être faits « sur les usages ». Les bus, c’est bien, mais pas suffisants glisse-t-il évoquant les écosystèmes de Dijon et d’Auxerre. « Il faut un signal fort », insiste-t-il, notant la possibilité de passer la flotte de camions poubelles à l’hydrogène par exemple, réduisant aussi les nuisances sonores en fin de nuit lors du ramassage. « Nous sommes bons sur l’industrie, il faut que nous soyons meilleurs sur les usages », invite Christophe Grudler. L’Europe prévoit 1 million d’emplois en 2050 dans l’hydrogène alors que selon lui, il se pourrait que l’enveloppe de 7,2 milliards d’euros annoncée en septembre 2020 par Emmanuel Macron, président de la République, dédiée à l’hydrogène jusqu’en 2030, soit revue à la hausse.

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