Chevaux maltraités et squelettiques en Haute-Saône : prison avec sursis requise

En janvier 2017, la SPA avait saisi 44 chevaux et 29 chiens détenus dans des conditions sanitaires indignes dans l’élevage situé à Gézier-et-Fontenelay.

Un poulain agonisant, des chevaux blessés, maltraités et squelettiques: six mois de prison avec sursis ont été requis jeudi à Vesoul contre une éleveuse de 35 ans, à laquelle 44 chevaux et 29 chiens ont été retirés il y un an.
Le tribunal correctionnel de Vesoul rendra sa décision le 8 février à 9 h. La procureure Julie Bressand a également demandé au tribunal d’interdire à la prévenue d’exercer une activité d’élevage pendant cinq ans. Elle a notamment souligné la « mauvaise foi » et « l’improvisation totale » de la jeune femme, qui gérait seule une exploitation ayant accueilli jusqu’à plus de 100 équidés.

« J’ai fait avec les moyens et la structure que j’avais. Jamais mes chevaux n’ont manqué ni de soins ni de nourriture », a pour sa part soutenu la prévenue, poursuivie pour « mauvais traitements » sur les chiens et les chevaux de son exploitation, de mars 2016 à janvier 2017. En janvier 2017, la SPA avait saisi 44 chevaux et 29 chiens détenus dans des conditions sanitaires indignes dans l’élevage situé à Gézier-et-Fontenelay (Haute-Saône).

Les équidés, notamment des pur-sang arabes égyptiens, ont été retrouvés extrêmement maigres, déshydratés, dans des enclos insalubres et parfois dangereux. Un poulain agonisait, une plaie ouverte au poitrail. Il a été euthanasié.
Une propriétaire a raconté devant le tribunal le sort subi dans l’exploitation par sa jument, pleine, retrouvée « couchée, squelettique, couverte d’escarres et pourrissant sur place ». La jument a finalement pouliné de manière prématurée, son poulain est décédé et elle a dû être euthanasiée. Les chiens – des bouviers bernois et des laïkas – dormaient sur le sol gelé, à même leurs excréments.

L’éleveuse, diplômée en tourisme équestre, « a tout fait pour avoir une exploitation qui fonctionne », a plaidé son avocat, Me Jérôme Pichoff. « Mais elle a voulu grossir cette exploitation, ça l’a dépassée. C’était une erreur économique majeure » et « elle s’est retrouvée otage de la situation et de son cheptel, ça n’a rien d’intentionnel », a-t-il ajouté. La jeune femme devait également être jugée jeudi soir pour des faits de « harcèlement moral » envers une apprentie âgée de 16 ans qui avait alerté les autorités sur l’état de santé des animaux.  Cette « lanceuse d’alerte » s’est suicidée en août 2016, cinq mois après la rupture de son contrat d’apprentissage avec l’éleveuse. La prévenue a « participé à un contexte qui a favorisé le suicide de l’adolescente, même si elle n’en est pas responsable », a estimé le procureur  de Vesoul, Emmanuel Dupic.

(AFP)

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