Belfort : des maisons pour rompre la solitude des plus fragiles 

Les maisons Marseille et Pershing à Belfort sont des pensions de famille. Un concept peu connu, à mi-chemin entre l’habitat individuel et collectif où habitent des personnes qui ne peuvent pas assumer la location d’un appartement classique. Pour la deuxième édition de la semaine nationale des pensions des familles, rencontre avec ceux qui régissent ce type de logement pour Adoma.
Virginie Rabbe, de l'association Siel Bleu, se rend tous les vendredis à la maison Marseille pour donner des cours d'activité physique adaptée. | ©Le Trois - EC
Les maisons Marseille et Pershing à Belfort sont des pensions de famille. Un concept peu connu, à mi-chemin entre l’habitat individuel et collectif où habitent des personnes qui ne peuvent pas assumer la location d’un appartement classique. Pour la deuxième édition de la semaine nationale des pensions des familles, rencontre avec ceux qui régissent ce type de logement pour Adoma.

Retrouver du lien social. Créer un esprit familial. Voilà l’ambition des pensions de famille, qui malgré leur nom trompeur, sont des établissements d’accueil destinés aux personnes isolées. Le dénominateur commun de ces personnes : des très faibles revenus qui ne leur permettent pas de vivre par leur propre moyen dans un logement classique. Des personnes pour qui le lien social est souvent rompu, parfois avec des déficiences mentales, parfois avec des troubles psychiatriques. Ou encore des personnes avec des addictions. 

Ce mardi 11 octobre a été organisé un buffet à la pension Marseille, située rue de Marseille, à l’occasion de la deuxième édition de la semaine nationale des pensions de famille. Dans cette maison rouge et crème, en bordure de route, l’idée de la journée était de créer « un moment rien que pour eux, et pour remercier les partenaires », explique Sébastien Deprez, directeur territorial adjoint d’Adoma dans la région, la voix couverte par les cris et les rires un peu plus loin. En ce jour de fête, une cabine photo a été installée pour immortaliser le moment. Chacun prend une photo avec la vedette du jour : Teheiura, connu pour ses participations dans l’émission de survie Koh-Lanta, présent pour aider les pensionnaires à préparer un buffet polynésien. 

C’est Carole Mareschal, responsable du développement social, qui a organisé cette journée. « L’idée était de faire venir un chef de cuisine médiatisée. Teheiura était un bon choix car c’est un aventurier : un peu comme les personnes qu’on retrouve dans nos établissements. Des aventuriers du quotidien.» L’idée était de mettre les résidents en valeur en faisant se rencontrer « deux mondes qui ne se rencontrent pas d’habitude.»

Lier collectif et individuel

La pension Marseille est l’un des deux lieux à Belfort, appartenant à Adoma, qui permettent d’accueillir des personnes en difficulté depuis 2014. Elle dispose de 26 places et d’autant de studios. Tandis que la seconde pension, impasse Pershing, ouverte depuis 2008, dispose de 12 places, mais avec des plus grands logements, allant de 30 à 55 m2. « Nous avons eu une première pension à Roanne en 2005. Aujourd’hui, nous en avons 53 », se remémore Sébastien Deprez, persuadé que ces structures sont le bon format pour accompagner au mieux : « Petite structure, petite typologie.»

Dans le détail, ces pensions se composent avec des logements individuels, un pôle administratif, une laverie et une salle commune. L’idée : alterner entre temps individuel dans les logements et temps d’activité en proposant des moments de vie collectifs. 

Par maison, l’équipe est composée d’un agent d’accueil chargé de la gestion locative et sociale : Simon Verzaroli à la pension Marseille et Priscillia Pereira sur la pension Pershing. Et d’une animatrice, qui les accompagne pour des activités, les sorties, pour égayer le quotidien : Marjorie Muller. Ils ne sont pas nombreux, mais ont une mission, s’assurer d’être au plus proche des résidents pour les sortir de leur solitude. Une tâche loin d’être facile, avoue Priscillia Pereira.

« Au début, c’est très difficile pour eux de se mettre dans le bain.» Dans la résidence où elle travaille, les pensionnaires vont de 25 à 70 ans. Pour créer du lien, de nombreuses activités sont proposées : sophrothérapie, musicothérapie, médiation animale, activité physique adaptée à la pension Marseille avec l’association Siel Bleu, qui propose un cours tous les vendredis matin, où « 8 résidents vont très régulièrement », explique Simon Verzaroli. 

Les sorties en extérieur, par contre, restent plus exceptionnelles. Peu de pensionnaires en sont friands. Mais Priscillia et Simon poussent en ce sens, en organisant par exemple des rencontres avec d’autres pensions, à Volgelsheim dans le Haut-Rhin ou encore à Strasbourg. Et en favorisant la bonne inclusion interne. « Quand quelqu’un arrive, on lui organise une fête », détaille Priscillia Pereira. C’est d’autant plus important que la plupart des personnes qui arrivent restent pour de longues périodes. « Ce sont des logements pérennes.» 

Simon Verzaroli, de son côté, a repris la gestion de la pension Marseille au mois de mars. La vacance de poste, avant qu’il arrive, a été longue, ce qui a créé un manque de lien dans l’établissement. Depuis son arrivée, il oeuvre pour proposer un maximum de choses pour créer une belle cohésion, « un esprit de famille ». Ateliers jardinage, activités, sorties extérieures une fois par mois… Tout en respectant toujours, la liberté d’aller et venir des personnes locataires, qui règlent une redevance tout compris de 454,08 euros, avec des restes à charge d’environ 100 euros après différentes aides versées (APL, AAH). L’idée aussi : les responsabiliser, en proposant des activités plaisir qu’ils règlent eux-mêmes, comme des restaurants. Et en leur proposant des moments où ils participent activement. Comme aujourd’hui, en organisant un buffet pour cette journée festive, qu’ils ont pris plaisir à déguster ce mardi midi.

Un grand buffet polynésien a été confectionné par les pensionnaires avec le chef Teheiura. ©Le Trois
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