Agression d’un fils de policiers à Belfort : un peu de vrai et beaucoup de fantasmes

Le procureur de la République de Belfort a publié ce lundi un long communiqué par lequel il remet en question le caractère raciste et anti-flic de violences commises le jour de Noël.

Le fait est rare : le procureur de la République de Belfort a publié ce lundi un long communiqué par lequel il remet en question le caractère raciste et anti-flic de violences commises le jour de Noël.

Dans le sillage de nos confrères des Dernières Nouvelles d’Alsace, de nombreux médias ont fait état samedi d’un fait divers survenu à Belfort. Un jeune homme aurait été tabassé pour avoir participé à un repas familial le 25 décembre et être fils de policier. « Ces article et dépêche ont été publiés sans vérification auprès du parquet de Belfort et manifestement sur la seule foi des déclarations de « sources policières » qui, s’étant largement épanchées dans la presse, sont identifiées comme n’étant ni affectées à la direction départementale de la sécurité publique du Territoire de Belfort ni donc saisies de l’enquête », souligne le magistrat.

Le parquet de Belfort va plus loin : « Ils [les articles] contiennent des informations parcellaires ou inexactes susceptibles d’engendrer un trouble à l’ordre public au regard de leur particulière médiatisation et des réactions exacerbées qui en sont la conséquence, y-compris de la part de personnalités politiques et organisations syndicales ».

Quelques égratignures

Selon le procureur de la République donc, une conversation sur un réseau social à la suite de la publication de la photo d’un repas de Noël aurait dégénéré. Intégralement retranscrit dans le communiqué du parquet, l’échange est particulièrement fleuri, tant par l’orthographe des protagonistes que par le vocabulaire employé. Il se conclut sur une invitation du plaignant à son contact à régler leurs comptes : « Jcroi ta oublier chui ki Mais on va voir en face si t’assume tes paroles la comme un homme ».

Le communiqué du parquet relate ensuite la rencontre physique entre les deux groupes rivaux : « A été fixé un rendez-vous auquel le plaignant, déterminé selon ses auditions à « régler le problème » avec son contact, s’est rendu accompagné de deux voire trois personnes. Il y a retrouvé le contact accompagné quant à lui de deux frères d’une troisième personne. Après un bref échange entre le plaignant et le contact, les deux frères et le plaignant se sont trouvés impliqués dans une rixe. Les auditions du plaignant et du contact laissent penser que le premier coup a été porté par l’un des frères. Ces derniers affirment au contraire que le plaignant a porté le premier coup, esquivé par l’un et auquel a répondu l’autre par un coup de poing au visage ».

Bilan du règlement de compte : « des dermabrasions [égratignures NDLR] au niveau du dos et une plaie au nez, sans fracture » du côté du plaignant, qui n’a présenté aucun certificat médical faisant état d’une ITT.

Une "question d'ego" plutôt qu'un différent religieux

Le contact s’est librement présenté au commissariat de police de Belfort vendredi 25 décembre en soirée et a été placé en garde à vue. Il a été remis en liberté dimanche 27 décembre en fin d’après-midi. Les deux frères ont été placés en garde à vue dimanche 27 décembre en matinée après s’être librement présentés. Un des accompagnants du plaignant s’est spontanément présenté aux enquêteurs dimanche 27 décembre en soirée.

« Il apparait au terme de quatre journées d’enquête que la seule référence avérée à la profession de policier est celle figurant dans l’échange de messages. Elle ne semble pas avoir d’autre signification que celle de demander à l’intéressé quelle autre qualité il pourrait revendiquer en dehors de celle de fils de policier (« mais à part ça t’es qui »). Il ne peut donc être affirmé que la qualité de fils de policier serait à l’origine des violences ou en aurait été un élément déterminant », affirme le parquet de Belfort. « Il est en outre acquis que le plaignant s’est délibérément présenté au rendez-vous pour régler ses problèmes « comme un homme ». Il n’est donc pas permis d’affirmer qu’il serait tombé dans un guet-apens. S’agissant de la seule injure à caractère racial mise en évidence (« sale blanc de merde »), son auteur ne peut être formellement identifié à ce stade de la procédure. […] Il n’est par ailleurs nullement établi qu’aurait été expressément reproché à une personne de confession musulmane de célébrer la fête chrétienne de Noël, les frères expliquant en outre célébrer eux-mêmes Noël comme une « fête de famille » sans connotation religieuse. Le déchainement verbal puis le rendez-vous fixé semblent davantage relever d’une question d’égo, le plaignant estimant que son contact, moins âgé que lui, lui avait manqué de respect, et non pas d’une volonté d’imposer à autrui des convictions religieuses. »

Lisez ci-dessous le communiqué du parquet de Belfort

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