Depuis le jeudi 22 octobre, l’usine Stellantis de Sochaux est à l’arrêt. « Cette décision est liée à une disponibilité insuffisante de certaines batteries destinées aux versions long range [longue autonomie] de nos véhicules électriques », a expliqué le constructeur (lire notre article). L’usine Stellantis produit des SUV concernés : les 3008 et 5008. Alors que les salariés devaient reprendre le travail le 30 octobre, la rentrée a été décalée au lundi 2 novembre.
Une perte de revenu pour les salariés
Seuls les salariés de la partie usine de Stellantis Sochaux sont au chômage partiel. D’après l’usine Stellantis, cela représente 2 500 personnes en CD et 1 000 intérimaires. « La partie R&D (recherche et développement, NDLR) de Belchamp et Sochaux activité tertiaire peut continuer à travailler puisqu’ils ont des programmes et des projets à mener pour les véhicules de demain », explique Laurent Oechsel, délégué syndical central, affilié à la CFE-CGC.
Durant l’arrêt, les salariées sont au chômage partiel. C’est-à-dire qu’ils touchent seulement une partie de leur salaire. « On a quatre jours qui sont payés à 100 % et puis les autres jours, on va accuser une perte de 16 % », détaille Thierry Giroux, délégué syndical Force ouvrière (FO). Cela est permis grâce à des accords négociés : les Activités partielles de longue durée (APLD). Ces accords comprennent une variable : « Si les salariés s’engagent à venir faire des formations (durant les semaines d’arrêt, NDLR), ils peuvent être payés à 100 % », précise Laurent Oechsel dont le syndicat demande à l’entreprise la création de plus de modules de formation.
Une perte de revenu qui a des conséquences pour les salariés. « Les salaires sont réduits sur cette fin d’année, dans un contexte où le pouvoir d’achat et l’augmentation du prix des carburants pèsent lourdement. Ce n’est pas un bon signe pour les salariés. C’est difficile à vivre », déplore Benoît Vernier, délégué syndical central, à la CFDT. Les autres syndicats confirment cette problématique.
Un système en flux tendu
La CFE-CGC demande une montée en cadence de l’usine de batterie ACC. Cette usine française basée dans le Nord-Pas-de-Calais produit les batteries aujourd’hui en rupture de stock. « On savait que cette période où le mix produit évolue assez rapidement allait être compliquée, mais on ne pensait pas que ça arriverait si vite », souligne Laurent Oechsel. D’autant plus qu’avec l’augmentation du prix des carburants, de plus en plus d’automobilistes se tournent vers les véhicules électriques. « On n’est pas prêt », déplore le délégué syndical.
C’est le même constat fait par Thierry Giroux : « Ce système de flux tendu a ses limites. Ça ne nous permet pas de jongler, de s’adapter. On est obligé d’attendre pour produire. » Benoit Vernier juge ce fonctionnement comme « chaotique ». « Le moindre grain de sable dans la logistique provoque des annulations de séance, et après la mise en place du numéro vert. » Les salariés doivent appeler ce fameux numéro pour savoir s’ils travaillent ou non lors de la séance suivante.
Ce dernier demande aussi davantage de clarté et de transparence de la part de la direction. « On nous dira que c’est un problème fournisseur sur telle pièce, mais au final on n’a pas forcément de moyen de vérifier et ça reste toujours assez opaque. »
