[Dernière modification le vendredi 4 septembre: ajout de la réponse du conseil départemental du Territoire de Belfort sur les bâtiments – Voir en fin d’article]
C’est jour de grève ce jeudi 3 septembre 2026 au collège de Châteaudun, qui compte environ 320 élèves en cette rentrée de 2026 : 20 des 28 enseignants (selon les grévistes) se sont mis en grève pour dénoncer le manque de moyens, aussi bien humains que de qualité des bâtiments. Ils déplorent la disparition du poste d’adjoint au principal il y a huit ans, un déficit en heure qui provoque la disparition d’options et des classes parfois surchargées.
« On a obtenu du rectorat 6 heures supplémentaires avant les vacances, mais cela ne suffit pas pour créer une classe : on a dû récupérer des heures sur des options, comme le théâtre. Résultat, des enfants viennent ici spécialement pour le théâtre, et les heures d’options théâtre baissent. Quelque part, on leur ment », déplore un enseignant. Autre exemple : une classe d’Espagnol à 30 élèves, où il n’y a plus assez de place pour que l’AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap) s’installe.
Pour ce qui est des bâtiments, les enseignants pointent l’état du gymnase (qui dépend de la commune et non du Département) et l’absence de cantine. Au gymnase, ils dénoncent des fuites dans le toit, qui interdisent l’organisation de sports collectifs en hiver. Pour la cantine, les collégiens vont prendre leurs repas à la maison de quartier, avec les élèves de l’école élémentaire.
La même situation qu’un établissement classé REP
Selon Anabelle Libin, élue CFDT, le collège de Châteaudun remplit les critères de classement en REP, mais ne l’est pas faute de révision de la carte scolaire depuis huit ans. Elle appuie cet argument sur l’IPS (indice de position sociale), qui évalue les difficultés auxquelles sont confrontées les familles, et qui est sensiblement au même niveau au collège de Châteaudun qu’au collège Léonard-de-Vinci à Belfort. Un classement en REP permet notamment d’allouer des moyens humains supplémentaires à un établissement pour mieux accompagner les élèves.
Et de fait, les grévistes demandent des moyens humains : le rétablissement d’un poste de principal adjoint, un poste à mi-temps pour la gestion et le secrétariat, et des moyens horaires afin de « faire vivre les options », dont ils estiment qu’elles jouent un rôle fondamental dans l’évolution des décrocheurs.
En fin de matinée de ce jeudi, une délégation s’est rendue à l’inspection et devait être reçue par Jacques-Emmanuel Daugé, inspecteur d’académie, directeur académique des services de l’Éducation nationale (IA-DASEN).
Un poste administratif à partir d'octobre
Une délégation a été effectivement reçue par Jacques-Emmanuel Daugé et son équipe. Les enseignants ont réclamé le classement du collège en REP, l’attribution de 20 heures de cours supplémentaire, afin de pouvoir maintenir la nouvelle classe de 5e sans grignoter sur les heures initialement destinées aux options, et la nomination d’un principal adjoint.
De source syndicale, l’inspecteur d’académie a annoncé la nomination prochaine d’une personne en support administratif, à raison de 20 heures par semaine. Il a indiqué que le classement en REP dépend de décisions nationales et que l’attribution d’heures nouvelles est actuellement difficile. En revanche ( toujours de source syndicale), la création d’un poste de principal d’adjoint ne semble pas exclue.
Le rectorat n’a pas souhaité donner d’informations sur cette entrevue, estimant qu’elle « relève du dialogue entre les personnels et l’institution ».
En revanche, le rectorat indique que « les échanges sur la carte de l’éducation prioritaire se poursuivent et s’inscriront dans le calendrier national ». Il indique également que « la répartition des moyens pour cette rentrée a permis l’ouverture d’une demi-division supplémentaire en 5e, avec un effectif moyen de 22 élèves par classe et, en 6e, des classes à 19-20 élèves » et qu’une « nouvelle assistante sociale a été affectée au collège »
Il confirme que « un renfort administratif de 20 heures par semaine sera mis en place à compter du 6 octobre » et précise que « l’accompagnement de l’établissement par les services de la DSDEN se poursuit ».
Sollicité quant à d’éventuels travaux au collège, le Département du Territoire de Belfort devrait pouvoir nous apporter des précisions ultérieurement.
La rénovation du gymnase envisagée, pas pas programmée
Ce vendredi 4 septembre, en réponse aux questions du Trois, le conseil départemental du Territoire de Belfort, via son service de communication, précise que les derniers travaux au collège de Châteaudun ont été réalisés en 2025. Ils ont porté sur « l’amélioration des conditions de sécurité du groupe scolaire Châteaudun pour un montant de 776 877 euros dont 181 941 euros financés par la Ville de Belfort pour les interactions avec le primaire ».
A ce jour, aucune décision n’a été prise pour construire une nouvelle restauration scolaire, indique le conseil départemental. Concernant le problème de pression d’eau, le conseil départemental indique qu’il ne se limitait « pas uniquement aux toilettes mais impactant le collège en lui-même. Ce problème a été résolu rapidement à la rentrée par le service des eaux du Grand Belfort. Une vanne n’avait pas été réouverte totalement suite à une intervention, expliquant ainsi le débit d’eau réduit ».
Enfin s’agissant du Gymnase, « la ville a étudié la rénovation complète du gymnase, mais ne s’est pas encore engagée sur un calendrier de travaux. Le Département participera au même niveau de financement des travaux qu’il l’a fait pour les opérations du plan gymnase ».