(AFP)
Une ressortissante marocaine domiciliée en Haute-Saône a été placée en centre de rétention administrative en vue de son expulsion, « sans pouvoir dire au revoir » à ses six enfants, a-t-on appris ce mardi auprès de son avocat.
Les enfants, âgés de 21 mois à 13 ans, dont deux sont nés en France, sont restés avec leur père, chauffeur de poids lourds chez Stellantis à Vesoul, où il détient une carte de séjour en tant que salarié.
Cette femme de 40 ans, arrivée en France en août 2021 avec son mari de manière irrégulière, selon des documents consultés par l’AFP, fait l’objet d’une OQTF (obligation de quitter le territoire) depuis le refus en avril 2025 de la préfecture de Haute-Saône de lui accorder un titre de séjour.
Placée en centre de rétention
Elle s’est présentée dimanche au commissariat pour pointer, a indiqué à l’AFP son avocat, Florent Diaz, confirmant une information de L’Est républicain. Mais « on lui a expliqué qu’elle allait être placée en rétention à Metz » et on l’a emmenée sans qu’elle puisse « dire au revoir à ses enfants », confie-t-il.
Un juge des libertés et de la détention (JLD) devait se prononcer dans les 96 heures sur la légalité de son placement en détention, mais un vol avait été affrété dès lundi par l’administration pour l’expulser vers le Maroc, selon Me Diaz.
La mère de famille a fait un malaise lundi sur le trajet de l’aéroport et n’a pas pris le vol prévu. Elle est retournée au centre de rétention. « Il faut espérer qu’elle puisse y demeurer jusqu’à ce que le JLD statue sur sa situation, qui est plutôt favorable », estime l’avocat.
Appel en cours
Saisi par la mère de famille, le tribunal administratif de Besançon avait rejeté en février 2026 sa demande d’annulation de son OQTF. « Le tribunal a considéré que la cellule familiale pouvait se reconstituer au Maroc et que Madame, qui élève six enfants, n’était pas intégrée sur le marché du travail », précise l’avocat. « C’est faire fi de cinq ans d’intégration, du travail et du droit au séjour de son époux, de ses enfants scolarisés, avec de bons résultats scolaires, et qui ne posent aucune difficulté en termes d’ordre public », ajoute-t-il.
Elle a fait appel devant la cour administrative d’appel de Nancy. La procédure est toujours en cours, mais n’est pas suspensive, précise son avocat.
Sollicitée par l’AFP, la préfecture de Haute-Saône n’a pas répondu dans l’immédiat.
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