La manifestation était annoncée, elle a eu lieu. Ce jeudi 18 juin, plusieurs dizaines de manifestants se sont massés devant les portes de l’annexe de la mairie et du Grand Belfort, criant « Non à la casse du service public à Belfort ».
A l’arrivée du maire, Damien Meslot, ce sont des hués qui l’on accueilli depuis sa traversée de la rue des Quatre-Vents jusqu’à son entrée dans le bâtiment. Huées également lorsque les membres de sa majorité sont arrivés. Quant à Christophe Soustelle, élu RN, il s’est fait conspuer lorsqu’il a eu des velléités de se placer à côté des personnes qui s’apprêtaient à prendre la parole : « Dehors le RN ! » et sifflement se mêlaient. Il a s’est prudemment placé en retrait, derrière des manifestants.
Les manifestants protestaient à la fois contre la suppression des interventions en musique et en sport dans les écoles et contre le transfert du CCAS vers d’autres structures des services de soin et d’aide à domicile.
Représentants de la CGT, parents, intervenants ont pris la parole pour dénoncer ces décisions et appeler le maire à revenir sur ses choix. Cette manifestation était le prolongement d’autres actions menées depuis quinze jours. Par exemple, la FCPE, syndicat de parents d’élèves, a adressé une lettre au maire pour demander le maintien des intervenants en sport et en musique : « Vous semblez ignorer que les enseignants ne sont pas spécialisés en sport et en musique puisque ces spécialités ne sont pas obligatoires dans leur cursus de formation (‘…) Donner la possibilité d’un encadrant supplémentaire, pour un groupe d’élèves, permet de changer radicalement les ambitions pédagogiques et, notamment, d’accompagner à la fois des élèves en difficulté et d’autres avec des facilité », argumente notamment ce courrier de Sandrine Claude, présidente de la FCPE 90.
Attaques en règle de l’opposition
Lors du conseil municipal, l’opposition n’a pas loupé une occasion de ramener la question de des intervenants en musique et en sport au centre des débats. Les membres de la liste « Belfort avec vous », conduite par Florian Chauche, l’ont fait à l’occasion de la demande d’autorisation d’implantation d’un casino, d’un conventionnement avec l’Unicef, du règlement du conseil municipal des enfants. Avec plus ou moins de succès, car le maire a parfois retiré la parole aux intervenants, arguant que leur intervention modifiait de fait l’ordre du jour dont il est seul maître.
Surtout, Florian Chauche a présenté une motion, intitulée « Non à la suppression des intervenants sportifs et musicaux dans les écoles belfortaines ». Il a dénoncé « plusieurs décisions importantes qui ne figuraient pas dans le programme [du maire] présenté aux Belfortains lors des dernières élections municipales. Parmi celles-ci figurent notamment l’augmentation des tarifs de la restauration scolaire, du périscolaire et des activités extra scolaires, la suppression de la gratuité des études surveillées, la suppression annoncée des interventions des éducateurs sportifs, des intervenants musicaux dans les écoles de la ville et des services d’aides et de soins à domicile dispensés par le CCAS ».
Cette motion visait à ce que le « conseil municipal se prononce clairement sur le projet de suppression d’intervention des éducateurs sportifs et des intervenants musicaux dans les écoles belfortaines » ?
Bastien Faudot s’est déclaré favorable à cette motion. Il a notamment réfuté l’argument du maire qui s’appuie sur une baisse des dotations de l’Etat pour motiver sa justification. Selon Bastien Faudot la Dotation globale de fonctionnement et la Dotation de solidarité urbaine a augmenté depuis 2017. Mieux, compte-tenu de la baisse de la population à Belfort, leur cumul serait passé de 318 à 350 euros par habitant. Il a également martelé que le recours à ces intervenants n’est « pas une exception, pas un privilège », en citant les exemples de Paris Dijon, Rennes, Strasbourg.
Position contre position
Le maire est de son côté resté sur ses positions. Il a réaffirmé que, au-delà de la DGF et de la DSU, les financements de l’Etat s’effondrent. « On est confrontés à un effondrement de l’Etat et on nous demande de prendre sa place », a-t-il déploré.
Il a accusé la liste de Florian Chauche de vouloir « tout faire gratuit ». « Vous financez comment », a-t-il interpellé, avant d’assumer ses choix : « Vous, vous voulez augmenter la pression fiscale. Nous, nous n’augmentons pas les impôts de la ville de Belfort. Nous faisons le choix de faire des économies ; c’est un choix politique », dont il affirme qu’il a été validé par les Belfortains lors des élections de mars.
Quant au CCAS, il a martelé : « Nous ne supprimons pas les soins et le service à domicile : nous discutons avec associations pour les transférer ».
Bref, chacun est resté sur ses positions sans parvenir à convaincre l’autre.
A l’issue du conseil municipal, le maire a accepté de donner la parole à des parents des écoles publiques, qui ont tenté de défendre les intervenants en sport et en musique.
Ils ont notamment défendu « un dispositif qui enrichit les apprentissages », favorise « la créativité », la confiance en soi. Ils ont également évoqué le cas des enfants handicapés : « On ne peut pas demander aux enseignants d’être techniciens handisport ».
En réponse, Damien Meslot a indiqué qu’il allait recevoir prochainement une délégation de parents d’élèves .
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