C’est « la crise de trop », affirme un communiqué de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), le syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment. Pour appuyer son propos, la Capeb du Territoire de Belfort a réalisé des vidéos dans lesquelles des artisans témoignent des répercussions de la hausse des prix sur leurs entreprises.
Par exemple l’entreprise Monnier TP, à Argiésans. Régis Monnier, le dirigeant, explique que la hausse des carburants (gasoil non routier, et gasoil), si elle persiste, va provoquer une hausse des charges de l’entreprise de l’ordre de 71 000 euros cette année. S’ajoutent les hausses des matières premières, qui commencent à survenir. Il énumère : + 25 % pour le PVC, + 40 % pour les tuyaux en PE, + 35 centimes par tonne sur les matériaux, etc. « On ne sait plus comment faire pour s’en sortir », alerte-t-il.
Même tonalité pour John Garnier, dirigeant de l’entreprise Cotta, à Planchez-Bas (Haute-Saône). Il estime que la hausse des prix des carburants représentera une augmentation de 35 000 euros des charges de l’entreprise. Il estime la hausse des fournisseurs entre 5 et 10 %.
Pierre-Alain Ployer, dirigeant de Husson TP, près de Belfort, explique qu’à raison de surcouts de l’ordre de 4 000 € par mois liés à la hausse des carburants, le résultat, de l’ordre de 40 000 euros annuels, va s’évaporer. Et lui aussi confie son désarroi devant cette « épée de Damoclès ».
« Certains craignent pour le suite »
Les entreprises les plus touchées sont celles qui ont un parc de véhicules important et des engins de chantier, explique Gilles Morel, secrétaire général de la Capeb du Territoire de Belfort et de la Haute-Saône : les entreprises de travaux publics, de voirie, de terrassement. Et notamment celles dont les carnets de commande sont déjà remplis pour plusieurs moi et les devis déjà signés : les clients sont peu enclins à revoir les prix fixés par devis à la hausse. Certains chantiers risquent donc d’être effectués à perte. « Si les prix ne redescendent pas, certains craignent pour la suite », alerte Gilles Morel. Pour les chantiers de rénovation énergétique, un risque pourrait apparaître sur les restes à charge des clients.
Cette crise du prix des carburants intervient après un hiver également peu favorable pour les entreprises du bâtiment qui ont été souvent contraintes de reporter des chantiers.
Face à cette situation, la Capeb a dressé une liste d’une quinzaine de propositions, avec notamment une baisse du taux de TVA à 5,5 % et une exonération de taxes sur le GNR, sur le modèle de ce qui est en place pour le secteur agricole, ou encore la mise en place de dispositifs d’aides financiers pour aider les entreprises à changer leur flotte de véhicules utilitaires pour des véhicules électriques.