« On veut interpeller les salariés, les citoyens et les politiques, puisque s’il n’y a plus d’automobiles dans la région, tout ce qui est autour va partir avec », fait savoir Sélim Boubekeur, secrétaire adjoint de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie (USTM). Entre distributions de tracts et mises en place de grèves, la CGT multiplie les actions pour alerter sur la situation critique de la filière automobile. Le rendez-vous est donné le 23 avril à 11h, porte de Montbéliard. Un mot d’ordre rassemble le syndicat : les conséquences de la crise sur les sous-traitants du territoire.
Chiffres en tête, Tarek Zarhdad, délégué syndical central CGT du constructeur automobile Forvia (lire notre article), rappelle les données : en 2019, le site Stellantis de Sochaux produisait 515 000 véhicules. Aujourd’hui ce chiffre avoisine les 230 000 et doit atteindre les 200 000 en 2028. Une baisse de la production de véhicules qui a des conséquences directes sur les sous-traitants de la filière.
Des conséquences sur l’ensemble du territoire
« Nous disposons en Bourgogne-Franche-Comté d’un savoir-faire précieux. Il est indispensable de le préserver », s’exclame Sélim Boubeker. Ce dernier ainsi que les autres syndicats de sous-traitants préviennent que, si la filière de l’automobile s’effondre, les conséquences sont larges. « Ce n’est pas seulement l’emploi, mais bien l’ensemble du territoire qui sera impacté », Rim Jaworski, secrétaire générale de l’union locale de la CGT sur le pays de Montbéliard. En exemple, la secrétaire générale évoque en conséquence de la suppression d’emploi, « moins de pouvoir d’achat, une baisse de la fréquentation des commerces, fermeture des magasins… »
Au-delà de l’aspect économique, la formation des jeunes est questionnée. Les étudiants qui quittent le territoire pour rejoindre Besançon ou Strasbourg. « Les entreprises, n’étant pas en bonne santé financière, ne prennent plus d’apprentis. Ces jeunes désertent la région », complète Stéphanie Guillot, déléguée syndicale métallurgie au pôle formation de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM).
Un avenir plus clair pour les sous-traitants automobiles
« On n’est pas seulement des lanceurs d’alertes, mais on est aussi force de proposition », précise Sélim Boubekeur. À travers la journée de rassemblement du 23 avril, la CGT demande un maintien et le développement des activités industrielles sur le territoire. Le syndicat souhaite la mise en place d’une conditionnalité stricte des aides publiques « afin qu’aucune entreprise ne puisse percevoir de financements sans garanties sur l’emploi, l’investissement et l’ancrage écologique », éclaircit Sélim Boubekeur. Autres demandes : une véritable stratégie industrielle nationale et l’implication de l’État pour garantir l’avenir de la filière.

