Les délits routiers ont augmenté de 13 % en 2025 dans le Territoire de Belfort, occasionnant 577 suppressions de permis de conduire. Parmi ces délits, 706 sont liés à la consommation d’alcool ou de drogue. 1140 excès de vitesse ont été sanctionnés lors de contrôle des forces de l’ordre (hors radars automatiques) et 187 grands excès de vitesse (dépassement de plus de 40 km/h de la vitesse autorisée) ont été comptabilisés en 2025. Parallèlement, on déplore sept morts sur la route en 2025 (au lieu d’un en 2024) et 98 blessés (contre 90 en 2024).
Au-delà des chiffres, le préfet du Territoire de Belfort, Alain Charrier, s’inquiète des réactions sur les réseaux sociaux lorsque la préfecture communique sur des contrôles afin de provoquer des prises de conscience : « On a eu des réactions surprenantes par exemple pour un contrôle sur une moto qui n’avait même pas de plaque », s’étonne le préfet. Pour autant, il n’entend pas baisser la garde et annonce une poursuite des contrôles. Avec deux préoccupations particulières : les rodéos et la montée du Ballon d’Alsace. Pour les rodéos, il entend associer les différents acteurs, y compris le secteur associatif pour le volet prévention en direction des « très jeunes qui se mettent en danger ».
Si besoin, la route du Ballon d'Alsace pourrait être fermée
Pour le Ballon d’Alsace, le préfet du Territoire de Belfort entend mettre en place des « objectifs gradués », qui pourraient aller, si besoin, « jusqu’à une fermeture de la route dans des périodes déterminées et pour certains types de véhicules ». On n’en est cependant pas là pour l’instant. La vigilance sera de mise dès le retour des beaux jours et le préfet souhaite travailler en lien avec les motards pour faire évoluer les comportements. Mais il pointe aussi d’autres usagers du Ballon d’Alsace. « On est dans un conflit d’usages, avec des promeneurs qui longent parfois les routes, des motards, des voitures, des cyclistes », dont certains se chronomètrent dans la descente du Ballon. « Il y a une dangerosité importante », insiste le préfet.
Fin des points de deal, mais uberisation du trafic de drogue
Les infractions liées à la drogue sont elles aussi en hausse : 16 % de faits constatés en plus par rapport à 2024, avec une hausse de 18 % du nombre de mis en cause pour trafic, de 24 % pour les mis en cause pour consommation. Le préfet se réjouit de la disparition des « points de deal visibles », disparition qu’il lie à des interpellations systématiques et rapides de la police et de la gendarmerie. Mais les dealers et les consommateurs s’adaptent, et on assiste comme dans les autres départements, à une uberisation du trafic, autrement dit, à la livraison de drogue à domicile. Jessica Vonderscher, procureure, met en avant sa volonté d’assécher la fourniture des consommateurs tout en mettant en avant les actions de prévention, notamment vis-à-vis des primo-délinquants, tout en soulignant que « contrairement aux idées reçues, les livreurs sont rémunérés très en dessous du Smic » en tenant compte des horaires de travail. La justice frappe également au portefeuille, avec 295 000 euros d’avoirs criminels saisis en 2025. Des actions sont aussi en lien avec la CAF (caisse d’allocation familiales) et les services des impôts en raison de revenus non déclarés (et pour cause !) afin d’engager les redressements en conséquence, notamment sur les aides sociales.
Violences familiales en hausse, délinquance des mineurs en baisse
Les faits de violences, et notamment les violences intrafamiliales sont également en hausse : + 40 % des violences constatées sont intrafamiliales et 80 % des victimes sont des femmes. Le constat est le même dans les départements du Doubs et de la Haute-Saône ; il est sans doute lié pour une bonne part à la libération de la parole, avec la mise en place dans les commissariats et les gendarmeries de personnels formés. Aussi bien les victimes que leur entourage n’hésitent plus à porter plainte ou à faire des signalements aux forces de l’ordre. Dans le cadre des violences intrafamiliales, la procureure met en avant aussi bien la répression que la prévention. Côté répression, une peine de neuf ans de prison pour un cas de harcèlement ayant débouché sur un suicide ; côté prévention, la participation d’une centaine de personnes à des stages de sensibilisation à la communication dans le couple et aux violences familiales.
La délinquance des mineurs, se réjouit le préfet, poursuit sa baisse. Il veut y voir les effets positifs du maillage des centres sociaux et des associations sportives dans le cadre de la politique de la ville, mais aussi la mise en place de groupes locaux de traitement de la délinquance, dont un notamment, a assuré le suivi de dix mineurs jusqu’à ne plus avoir besoin d’intervenir auprès d’eux.