(AFP)
Une convention entre la région Grand Est et l’association mémorielle doit être signée à cet effet mercredi à Metz. Les communes d’Alsace et de Moselle pourront apposer « les noms de leurs concitoyens « Morts pour la France » entre 1939 et 1945, incorporés de force ou non, lorsque le monument aux morts de leur commune est silencieux (sans noms NDLR) ou en le complétant si cela s’avère nécessaire », précise l’association dans un communiqué.
L’initiative est conduite en partenariat avec le Conseil régional du Grand Est, qui a recensé l’ensemble des « Morts pour la France » des trois départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) en les regroupant par commune. « En particulier en Moselle, mais aussi en Alsace, de très nombreuses communes n’ont pas voulu mettre les noms des combattants, qui sont pourtant morts pour la France, mais qui sont morts pour la France en uniforme allemand », a souligné lundi le président du Souvenir français Serge Barcellini dans un entretien à ICI Lorraine.
40 000 Malgré-Nous ne sont jamais revenus
« La convention vise à corriger cette omission, 80 ans après la fin de la guerre, pour que ces soldats soient totalement intégrés et fassent partie de la grande famille de la commune », a-t-il dit. À l’occasion des cérémonies du 80e anniversaire de la Libération de Strasbourg l’an passé, le président Emmanuel Macron avait évoqué le sort des incorporés de force d’Alsace-Moselle, parlant d’un « crime de guerre » qu’il faut « reconnaître » et « enseigner ».
Plus de 130 000 Alsaciens et Mosellans, considérés comme Allemands après l’annexion de ces territoires, ont dû intégrer l’armée allemande, un drame qui reste douloureux dans la région. Envoyés pour la plupart sur le front russe, 40 000 d’entre eux ne seraient jamais revenus.
